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Kim SONG

Témoignage

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Mich-el-le, une femme d'un autre genre. Un livre de Dunia Miralles aux éditions L'âge d'homme. Par une femme suisse qui a vécu avec une drôle de dame comme nous.

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Merci Kim pour l'info. du coup je me suis plongée dedans :

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Michel est maçon. Au travail, dans la rue, dans son club de tir, il est un homme parmi d’autres, mais dès qu’il est seul, il enfile des vêtements féminins et devient Michelle, une femme qui, pour supporter son incongruence du genre, réinvente son histoire.
Mich-el-le déteste les cigognes qui ont déposé son âme de femme dans un corps d’homme, et l’unique L de son prénom masculin.
Michelle ne milite pas pour la cause LGBT.
Michel ne défend pas la théorie du genre.
Mich-el-le se contente de vivre, en transparence, pour se fondre dans la majorité.

 

 

Les éditions de L'Âge d’Homme ont publié dans leur collection de poche, le Poche suisse, une pièce de Dunia Miralles qui a été jouée au Théâtre ABC, à La Chaux-de-Fonds, entre le 28 octobre 2016 et le 5 novembre 2016.

 

Cette pièce, au titre ambigu, Mich-el-le, est un monologue. Les didascalies indiquent ce que fait Michelle, tandis que Michel Borel, à l'état civil, exprime tout haut ce qu'il ressent d'être une femme emprisonnée dans le sarcophage d'un corps d'homme

 

 

C'est un soir d'orage qu'enfant, Michel découvre dans un coffre des vêtements de femme, parmi lesquels des soutien-gorge, une gaine, des porte-jarretelles : C'est un éblouissement. Dès lors elle n'a cesse de se retrouver seule pour enfiler de la lingerie.

 Sa famille est affligée que la grêle ait détruit blé et arbres fruitiers, mais elle peut enfin devenir elle-même, enfin être Michelle avec deux ailes pour s'envoler loin de [sa] réalité de Michel, avec son unique L final, comme un coup de bâton dans le dos.

 Le personnage de la pièce est singulier. Aux yeux des femmes, Michelle n'est pas une femme et, aux yeux des hommes, s'ils connaissaient son secret, Michel ne serait pas un homme. Pour le définir, le mot consacré est, semble-t-il, trans-identitaire.

 En effet Michelle n'a pas subi de transformation. Michel est maçon pendant la journée et ne veut pas perdre son travail, parce que c'est le seul qu'elle sait faire et qu'elle aime faire. Mais, rentrée chez elle, elle redevient elle-même :

 En sortant du travail, j'aime me rechanger et aller boire un petit café seule pour lire le soir le journal du matin, et sentir le plaisir de sortir avec mes vêtements de femme, même si personne ne remarque que je suis en femme.

 Cette femme d'un autre genre existe, même si elle est très minoritaire dans la société. Sa différence est mal acceptée par les femmes elles-mêmes, qui savent son secret et qui ne la reconnaissent pas comme l'une des leurs : l'habit ne fait pas la femme.

 Michelle aime que les hommes s'intéressent à elle, mais ne veut surtout pas qu'ils pensent qu'elle est un travesti ou un homosexuel, puisqu'elle est femme : les cigognes se sont seulement trompées en mettant son âme dans un corps d'homme. Michelle aime les vraies femmes, les ovariennes, sans être lesbienne pour autant. Si elle ne peut leur offrir son corps pour qu'elles l'étreignent, son corps d'homme ne réagissant pas, elle leur reconnaît un droit à exercer sur lui :

 Parce qu'en désirant leur féminité, j'insulte leur perfection.

 Ces états d'âme de fille, dans un corps d'homme qui lui est étranger, sont révélatrices d'une réalité qui gêne. Ils posent plus généralement la question du respect de la différence dont la réponse ne se trouve pas dans l'égalité-panacée :

 Si j'étais l'égale d'une femme, je ne craindrais pas qu'une balle se perde sur mon stand de tir, si l'on venait à considérer que je suis efféminée, ou que l'un de mes amis chasseurs me prenne pour un chevreuil, s'il venait à apprendre qui je suis véritablement.

 Francis Richard

Ci-dessous deux extraits

 

Extrait 1 -Pour moi, la nuit reste toujours tombée, même la journée. Je suis fatiguée. Fatiguée d’être enfermée dans ce corps sarcophage. Je parle. Je bouge. Je travaille. Je plaisante et je ris. J’ai même des copains. Des sacrés cons souvent. Les cons, c’est bon pour moi. Les cons sont nombreux alors quand on a des cons comme copains, on passe inaperçu. Les cons du boulot, les cons du bistrot où je prends ma pause, les cons de la société de tir. Des hommes avec du poil aux pattes et aux roustons. De vrais dégueulasses. Les poils, je déteste. Les poils, c’est bête. Des vrais cons comme mes copains. On a beau essayer de les éradiquer, ils reviennent toujours. Comme les cons. Depuis le temps que je les rase, que je les épile, ils devraient comprendre qu’ils ne doivent plus pousser ! Eh bien non ! Ils s’acharnent ! Reviennent toujours. Les pires, c’est les poils de barbe ! Tchac ! En pleine gueule ! Impossible de les dérober au regard des autres. Et ceux du torse. Et ceux des bras. Et ceux du dos. Et ceux des… couilles ! En plus, avec l’âge, ils deviennent blancs pour me rappeler à la moindre repousse que je suis une vieille croûte. Une vieille chose qui a raté sa vie. D’ailleurs ai-je eu une vie ? Je vis. Être en vie signifie-t-il vivre ? S’accomplir ? Être soi ?

Extrait 2 -Simone dit que je pourrais prendre des hormones, me faire opérer. Je ne peux pas… je perdrais mon travail, c’est sûr. J’ai un bon travail, que j’aime, qui me permet de gagner ma vie. Je ne sais pas faire de travail de femme. Je n’aime pas le travail de femme. Je ne sais faire que du travail d’homme et j’aime le travail d’homme. Cette chose musclée, qui enveloppe mon âme de femme, dicte sa loi mâle. Peut-être ne suis-je pas tout à fait une femme. J’ai dit à Simone qu’un pourcentage de moi est masculin. Elle m’a demandé de lui donner mes pourcentages. J’ai dit… 75% femme et 25% homme. Elle m’a demandé où se trouvait le 25% masculin. J’ai dit dans mon corps ! Dans mes activités masculines. Elle s’est foutue de ma gueule ! Comme d’habitude. Elle m’a balancé que pour mon corps, j’avais sûrement raison, mais que pour les activités, je disais une grosse connerie, comme lorsque je mesure la féminité des femmes à leur façon de s’habiller. Elle m’a dit que s’adonner au tir ou à la maçonnerie n’enlève en rien la féminité. Que conduire un camion ou construire une charpente ne dépendait pas du sexe, mais uniquement de l’envie, de l’éducation et de la nature profonde de chacun, indépendamment du genre. Je n’aime pas quand elle dit ça. Je n’aime pas quand elle veut que les hommes et les femmes soient égaux. Je ne suis pas l’égale d’une femme. Si j’étais l’égale d’une femme, je ne craindrais pas qu’une balle se perde malencontreusement sur mon stand de tir, si l’on venait à considérer que je suis efféminée, ou que l’un de mes amis chasseurs me prenne pour un chevreuil, s’il venait à apprendre qui je suis véritablement.

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Je vous livre égalment le livre de Delphine Philibert qui m'a été recommandé par un de mes cousins. Il connait bien Delphine puisqu'ils ont fait toutes leurs études de vétérinaires ensembles et qu'ils sont restés amis. Ainsi, quand je lui avoué mon transgénisme, il n'a pas été outre mesure surpris, car il connaissait bien déjà le parcours. Je n'ai pas encore commandé le livre , mais ca ne saurait tarder.

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Un témoignage édifiant sur la transidentité. Delphine Philbert, né Didier Philbert, raconte son accomplissement en tant que femme. Une histoire de vie qui rend compte d'une réalité méconnue et déconstruit les préjugés.

Delphine Philbert, anciennement Didier, avait en tant qu'homme une vie extrêmement classique. Il était une personne " comme tout le monde ". Après ses études, il est devenu vétérinaire, a connu plusieurs femmes, s'est marié, a eu deux enfants, une vie sociale. Pendant longtemps, il a souffert d'un mal-être. En 2008, il découvre sur internet un forum sur la transsexualité. Pour lui, c'est une évidence : tout ce qu'il lit coïncide avec ses ressentis. Il est au fond de lui une femme. Comment expliquer l'inexplicable à ses proches ? Sa femme demande le divorce, ses enfants le rejettent. Mais commence aussi la libération puis l'accomplissement : achats de vêtements, première sortie en ville habillée en femme, premiers maquillages, premier traitements hormonaux et chirurgicaux qui aboutiront en février 2011 à un changement de sexe.

Voici le communiqué de presse envoyé par la maison d'édition, Max Milo, dont la ligne éditoriale est ''Provoquer à juste titre'' :

  "La différence des sexes est un fait, mais elle ne prédestine pas aux rôles et aux fonctions. Il n'y a pas (…) deux identités sexuelles fixées dans le marbre. Une fois acquis le sentiment de son identité, chaque adulte en fait ce qu'il veut ou ce qu'il peut". Elisabeth Badinter

  Comment un père de deux enfants, vétérinaire, peut-il après 25 ans de mariage réaliser qui il est vraiment - une femme ! - et remettre en question tout ce qui dans sa vie était justement déterminé par une identité sexuelle erronée ? Comment l’entourage proche, famille et amis, doivent-ils accepter un tel bouleversement ?

  Il arrive parfois que l’évidence, longtemps refoulée, finisse par s’imposer magistralement au terme d’une longue maturation. Les souvenirs enfouis remontent à la surface, les faux-semblants laborieusement construits pour consolider un mur qui nous sépare de nous-même se rompent : c’est un cataclysme identitaire. C’est cette aventure humaine peu commune ce que nous raconte ici Didier, devenu depuis Delphine.

  Vécu comme une dissonance, son sexe n’a jamais été en adéquation avec ce qu’elle était. Didier Philbert n’était qu’un état civil et sa vie le mensonge qui en découlait. Ce n’est que libérée de ce carcan que ses rêves d’être femme, son plaisir à se travestir, ses expériences avec d’autres hommes et d’autres femmes ont trouvé un sens. Elle est arrivée enfin à analyser un ressenti en contraste depuis toujours avec son corps. Le mot transsexuelle apparaît, puis celui de transgenre, plus adapté selon elle à ce qu’elle est. Entre premières sorties vêtue en femme et tourisme médical, elle nous raconte avec intelligence, pédagogie et clarté son histoire personnelle, son questionnement, les mensonges à la famille, ses pérégrinations à la recherche de réponses et les difficultés rencontrées pour faire accepter ce changement à son entourage : sa femme divorce immédiatement et ses enfants refusent de le voir. Enfin elle nous raconte le chemin de croix pour changer de sexe.

 L’histoire de sa transition est aussi l’histoire d’un combat : celui de la reconnaissance des transgenres par la société.

  Delphine Philbert a 50 ans et a découvert sa transidentité il y a 2 ans. En décembre 2010 elle a obtenu du tribunal le changement de son statut civil sans se soumettre aux « protocoles médicaux » de réassignation sexuelle. En février 2011 elle a subi une chirurgie définitive de réassignation sexuelle et milite pour la reconnaissance des droits des transgenres.

Max Milo Editions, 2011, environ 14.00 euros

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merci pour l'info , je l'ai vu à la sortie de son livre dans plusieurs, interwiew et reportages, mais ne l'est pas lu. 

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Et puis aussi un livre que j'avais lu en partie à sa sortie, celui de Maud Marin; J'avais vu aussi quelques interviews d'elle au moment de la sortie du livre. Je vais le commander.

Le saut de l’Ange

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Le combat d'une femme intersexuelle pour devenir une femme. Elle est née Jean, fut considérée homme par sa famille et a voulu rétablir la vérité.

Jean sent bien qu'il n’a plus le choix, devenir une femme ou ne plus rien être du tout. Mais que deviennent ces gens qui osent changer de sexe ? Quel avenir offrira cette métamorphose ? Comment son entourage va-t-il réagir ? Aura-t-il le courage de tenter l'opération plus que délicate ? Ce sont autant de questions auxquelles ce livre répond sans fausse pudeur ! C'est plus qu'une transformation physique, c’est une renaissance. Jean devenu Maud devra continuer son combat afin de se faire accepter en tant que femme à part entière.
Ce récit, qui va bien au-delà d’une simple crise d'identité, choque, étonne, scandalise mais quelque part, fascine le lecteur !

Son parcours

C'est le soutien de Simone Veil qui lui permet d'échapper à la prostitution et au milieu du crime organisé. Ayant obtenu un diplôme en droit, elle peut s'inscrire au Barreau de Paris en tant qu'avocate stagiaire, grâce à l'ex-ministre qui se porte garante de sa « bonne moralité » ; elle devient ainsi la première avocate trans au monde.

Elle s'inscrit au barreau de Paris et pratique sa nouvelle profession en aidant des prostituées françaises. Elle publie par ailleurs deux livres autobiographiques, qui lui valent dans les années 1980 une notoriété médiatique : le Saut de l'ange (1987), consacré à sa transidentité, et Tristes plaisirs (1989), sur son expérience de la prostitution. En 1991, elle publie Le Quartier des maudites, un livre consacré aux prisons de femmes. Sa différence choque cependant ses collègues du Barreau de Paris, qui refusent de la titulariser. Elle présente alors une demande d'inscription au barreau de la Seine-Saint-Denis ; acceptée, elle exerce pendant plusieurs années sous le nom de Maud Planchard à Bobigny, dont le tribunal traite des affaires particulièrement violentes.

En 1996, elle publie un nouveau livre, Pitié pour les victimes, dans lequel elle critique la justice en lui reprochant de se soucier davantage du sort des délinquants que de la souffrance des victimes. Elle revient également dans cet ouvrage sur l'affaire de l'attentat du RER Saint-Michel, en affirmant que la bombe a été confectionnée en Seine-Saint-Denis et pas en Algérie comme le soutient la police. Considéré à l'Élysée comme un ouvrage « dangereux », ce livre lui vaut d'être radiée du barreau de Bobigny

En 2002, Maud Marin est contrainte, pour des raisons financières, de quitter Paris ; elle s'installe à Cahors dans la maison de sa mère. En 2006, alors qu'elle est de son propre aveu contrainte de recourir aux Restaurants du cœur, elle tente d'intégrer la magistrature grâce à la procédure réservée aux personnes de plus de 50 ans bénéficiant d'au moins quinze ans d'expérience dans le domaine juridique ou administratif. Sa demande de participation au concours d'accès est cependant rejetée, ses années de travail dans les PTT ayant été exercées sous son identité de naissance et ne pouvant donc être comptabilisées. Elle saisit le tribunal administratif de Paris pour faire annuler cette décision de rejet, mais la justice refuse finalement de prendre en compte son activité exercée sous le nom de Jean Planchard.

Elle vit ensuite dans la campagne du Lot, « avec ses livres et ses souvenirs ».

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Un autre livre sur lequel je viens de tomber. je ne l'ai pas encore lu.

Mon neveu Jeanne

image.gif.3c61366f43bd2b112d196efb46eac74d.gifDepuis 1983, le photographe et écrivain Patrick Bard photographie son neveu. Il a commencé sans trop savoir pourquoi, alors que ce dernier avait 16 ans. Il s'appelait alors Jean-Pierre. Il s'est marié tôt, a eu deux enfants qui ont grandi et il est devenu transporteur routier à Sarcelles. Quand sa relation au genre a commencé à changer au milieu des années 1990, Patrick Bard a continué à prendre des photos de lui. D'elle, plutôt. Car Jean-Pierre est officiellement devenu Jeanne en 2001. Jeanne a connu des hommes, puis elle a fini par tomber amoureuse d'une femme en 2008. Au départ, la relation entamée était clairement lesbienne. Deux ans plus tard, Jeanne a décidé de redevenir sexuellement un homme, tout en conservant son identité de femme. Plus que tout, son neveu Jeanne a décidé que la question du genre n'était pas fixée et que ce n'était pas pour lui un problème. Mon neveu Jeanne est un livre où le lecteur suit le récit du point de vue de l'écrivain, écrit dans une veine littéraire : de la prise de conscience de son neveu, à son opiniâtreté, envers et contre un milieu social et professionnel, de changer son corps pour devenir femme. Fait peu habituel par rapport à d'autres récits autour du genre : le retour à sa condition masculine après tous les combats pour assumer une féminité. Un livre de texte émaillé de photographies de Patrick Bard mais aussi de photographies tirées de l'album de famille de Jean-Pierre / Jeanne permet de suivre, dans une certaine intimité, la vie du personnage.

Editeur Loco( 03709/2015)

Patrick Bard

24.00 euros(Fnac)

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