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Fabienne FOREZ

Histoires de légende du Tour de France

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Comme les autres années, j'ai le temps au mois de juillet de voir le Tour de France depuis  un fauteuil de convalescente. Cette année , j'ai  ressorti le livre de Gérard Holtz, Histoires de légende du Tour de France, paru aux éditions Gründt en 2013.

Mercredi 1 er juillet 1903, 15h16.

Ils sont soixante coureurs rassemblés devant le café Le réveil Matin, à Montgeron, au départ de la première étape du premier Tour de France : Paris-Lyon, 467 kilomètres. Une des plus longues de l'histoire de la Grande Boucle, remportée par Maurice Garin,( vainqueur de ce premier Tour), en 17h 45' 44". Moyenne de 27.18 km/h. Phénoménal quand on sait que son vélo pesait près de 20 kilos, sur des routes à peine carrossables !

Et pourtant, en ce premier jour du Tour, première tricherie : on raconte que certains coureurs, non contents de s'accrocher à d'autres vélos, se laissaient traîner derrière les autos ou même grimpaient dans une voiture, le temps de se refaire une santé.

Mais le coup le plus spectaculaire est l'affaire du train : les commissaires de course, pour devancer les meilleurs prenaient le train en direction de Lyon. Géo  Lefèvre, l'adjoint de Desgranges ( Henri Desgranges, patron du journal l'Auto et créateur de la compétition) avoue le 2 juillet : " l'arrivée , eh bien je l'ai manquée! Ce garin et ce Pagie m'ont précédés à Lyon sur leur simple bicyclette, tandis que je roulais  dans l'express!". En revanche, des petits malins, eux, se sont fait prendre. Les commissaires, quittant le train, virent quelques coureurs descendre des wagons avec leurs vélos et se remettre prestement en selle pour rejoindre l'arrivée.

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Modifié par Fabienne FOREZ
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 Le Tour de France de 1904 et henri Cornet

image.png.945f5efdd72ac546b08f8df817af244b.png Le plus jeune vainqueur d'un Tour de France fut Henri Cornet qui gagna le deuxième Tour de France à l'âge de 19 ans. Destin très étonnant pour ce jeune coureur, fait d'un mélange de talent, d'humour, de chance et de paradoxes

Pour commencer, son nom : Henri Cornet est un pseudonyme, il s'appelle en fait Henri Jardry. Ensuite, dans les pelotons, on l'appelle "le Titi Parisien", alors que Cornet est un vrai Ch'timi. Il est né en 1884 dans le Pas-de-Calais, dans la cité de la faïence, à Dèvres.

"C'est un drôle de Cornet, dit de lui Hippolyte Aucouturier (qui terminera deuxième en 1905), même en course, il raconte des blagues, fait le clown, prend des mimiques." Certains le qualifiaient de "Cornet le rigolo", puis de "Cornet le mécanicien", après un gag dans l'étape de La Rochelle-Brest de 1911 : comme tous les coureurs avaient ralenti, Cornet explique à Desgranges qu'il avait oublié une clé anglaise au contrôle. Retour en arrière sous l'œil éberlué du patron, et retour en course, où il termina neuvième de l'étape à Brest.

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A l'arrivée à Paris, Maurice Garin est premier, devant Lucien Pothier, César Garin et Hippolyte Aucouturier. Le jeune Henri Cornet est cinquième. Mais, coup de théâtre quelques semaine après l'arrivée, les quatre premiers sont déclassés "pour violation des règlements » ! Vedette ou pas, Maurice Garin est effacé du palmarès de 1904 et, comme un joli coup du destin, le grand et jeune vainqueur est Henri Cornet. Etonnamment, "l'Ingénieur", c'est son nouveau surnom, est resté, depuis plus de cent tours, le plus jeune vainqueur de la Grande Boucle.

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Le tour de France 1905 et les clous du spectacle

Le vainqueur du tour 1905, Louis Trousselier , dit "troutrou", fils d'un fleuriste du boulevard Hausman a vingt-quatre ans. Il effectue son service militaire au 101ème régiment de la ligne à Saint-Cloud.

Histoires de clous pour Trousselier de Saint-Cloud. Echaudés par un tour 1904 où les incidents et les tricheries se sont multipliés, les organisateurs répètent qu'ils vont surveiller la course et les routes comme jamais !

Pourtant, dès la première étape entre Meaux et Châlons-sur-Marne, le Tour roule sur des milliers de clous. Un véritable attentat. Crevaisons par centaines ! On s'arrête, on répare, on repart, on crève de nouveau... Certains coureurs sans assistance perdent une demi-heure, une heure et plus. Devant, les favoris se sont échappés : Cornet, Pottier, Aucouturier, Trousselier et Petit-Breton.

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Mais d'autres clous sont répandus sur la route avant Vitry-le-François. Un scandale. Henri Desgrange, fou furieux, veut arrêter le Tour à Nancy, puis il se ravise. Petit-Breton, sans pneu de rechange, décide de s'arrêter. Il saute dans un train pour Paris et croise un journaliste :" je vais appeler Desgrange pour plaider ta cause." Effectivement, le futur vainqueur des Tours 1907 et 1908 retournes à Nancy et repart dans la course avec une simple pénalité.

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On n'a jamais trouvé les coupables, même si l'enquête a prouvé que 125 kilos de clous avaient été achetés Chez Rémion et Roger, quincaillers en gros, dans le IIIème arrondissement. Par qui, on ne le saura jamais...comme on ne sait toujours pas qui a jeté les clous, en 2012, sur la route de l'Ariège, entre Limoux et Foix ;

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En revanche, ce que l'on sait aujourd'hui, c'est que dans les premiers Tours, certains coureurs expliquaient sous le manteau qu'on leur avait conseillé, entre tel et tel kilomètre par exemple, de rouler bien à droite sur la chaussée. Petits vices pour éviter les clous

 

 

 

 

 

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je suis ravie que celà te plaise.

Alors voici encore un extrait :

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Le Tour de France de René Pottier en 1906 :

Drôle de vainqueur ce René Pottier. Vingt-sept ans, membre vedette du fameux vélo Club de Levallois, dont le maillot blanc à bande noire va marquer l'histoire de ce quatrième Tour de France. Précédemment déjà, en 1904, René Pottier avait bluffé tout le monde en avalant à plus de 20 km/heure la première vraie difficulté du parcours depuis la création du Tour : le ballon d'Alsace. Le "Roi René" est devenu en quelques kilomètres le premier roi de la montagne, ajoutant à sa performance, une échappée fleuve de 250 kilomètres ! Chapeau Monsieur Pottier !

Qui va donc gagner, en 1906, le Tour le plus décoiffant de l'histoire de la compétition ? Cette année-là, on passe de onze à treize étapes, avec un parcours plus long de 1500 kilomètres : 2 994 kilomètres en 1905, 4 483 kilomètres en 1906. Mais l'évènement sera surtout le nombre historique d'abandons. Ils sont quatre-vingt-deux courageux au départ, ils ne seront que quatorze à l'arrivée. Incroyable !

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Les fameux maillots blanc et noir font la loi. Ils mènent un train d'enfer. Beaucoup de coureurs craquent et ne verront jamais le Parc des Princes, où René Pottier triomphe le 29 juillet.

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Parmi les rescapés, un seul étranger, le belge Aloïs Catteau (sixième), et pour la première fois, deux frères, Léon et Emile Georget. Quatorze coureurs sur quatre-vingt-deux partants. Drôle de record et drôle de chapeau aussi pour Madame Pottier, qui vient féliciter son champion de mari à l'arrivée.

Destin étonnant pour René Pottier, grimpeur et champion extraordinaire, fêté comme un héros, et qui mettra fin à ses jours pour d'obscures raisons l'année suivante.

Ci-dessous -H Trousselier

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                                                                                                              Ci-Contre : Aucouturier plaisant avec  Trousselier et Cadolle

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De « drôles » de Touristes au Tour de France 1907

 

 

Il s’agit du troisième Tour de France à utiliser un système de points (et non de temps) pour calculer le classement général.

C’est aussi en 1907 que des ascensions dans les Alpes occidentales sont introduites dans le parcours du Tours

C’est aussi la première fois qu’une voiture d’assistance avec des mécaniciens roule derrière les coureurs pour les aider à résoudre les problèmes mécaniques.

 

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C’est également la première fois que le Tour de France fait une incursion en Allemagne (l’Alsace est encore en partie Allemande), ce qui fit que certains coureurs ont été bloqués un temps à la frontière, et que les voitures ne purent entrer dans Belfort !

 

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Tous les cyclistes ne sont pas en lice pour la victoire, quelques-uns ne sont inscrits qu’en tant que « Touristes ». Le plus notable d’entre eux est Henri Pépin. Celui-ci à engager deux coureurs, Jean Dargassies et Henri Gauban (son vrai prénom est Jean), pour rouler avec lui. Ils considèrent la course comme une promenade pour le plaisir, ils s’arrêtent déjeuner quand ils le décident, et passent la nuit dans les meilleurs hôtels qu’ils peuvent trouver.

Ceci fait de Dargassies et Gauban les premiers coéquipiers du Tour de France. Pendant la course, ils « tombent » sur un autre concurrent du Tour de France, Jean-Marie Teychenne, couché dans un fossé. Ils l’aident à se relever et lui offrent à manger : depuis lors, Teychenne accompagne également Pépin.

 

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La domination Peugeot sur le Tour 1908

 

Comme lors des Tours de France précédents, les étapes sont dominées par les Français. Cependant deux Italiens et un Luxembourgeois arriveront à se glisser dans le Top 10.

Après sa victoire de 1907, Lucien Petit-Breton est le grand favori. Remportant cinq des quatorze étapes et le classement général, il confirme sa victoire de 1907 et devient le premier double v

 

Si les coureurs indépendants forment encore la majorité du peloton, les équipes déjà étables depuis la première édition se livrent désormais une lutte farouche. Déjà, lors de la session de 1907, la rivalité Peugeot-Alcyon était de mise. Face à la marque de cycles sochalienne, « Alcyon », moins puissant qu’auparavant, mais aussi « Labor » qui manque de dynamisme, proposent une opposition trop faible. L’équipe « Peugeot « place finalement quatre de ses coureurs aux quatre premières places du classement général

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Quelques changements notoires pour cette sixième édition :

·         Pour la première fois, certains pneus sont démontables, ce qui signifie que les trente-six cyclistes en disposant peuvent réparer leur vélo plus facilement.

·         Pour préserver le caractère individuel de la course, Henri Desgrange décide que tous les cyclistes doivent rouler sur des cadres fournis par l’organisation du Tour.

·         Les cyclistes ne sont pas autorisés à changer de vélo.

·         La séparation entre deux catégories différentes est mise en place dans les années précédentes disparaît. Tous les cyclistes sont classés dans la même catégorie.

      

 

                                                                ci-contre Octave Lapize

 

 

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Tour de France 1909 : une météo désastreuse

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Le Tour de France de l’année 1909 est considéré comme l’un des plus difficiles de l’histoire, en raison des températures glaciales, de la pluie et de la neige.

Pendant la première étape, le temps est raisonnable. Mais lors de la nuit, une tempête se lève, et la température est nettement plus fraîche lors de la deuxième étape. Dans la troisième étape, la température ne dépasse pas les 4 °C, malgré que ce soit le mois de juillet. C’est alors que la chaîne de François Faber (le leader) se casse dans le dernier kilomètre. Malgré le froid, il empoigne sa bicyclette qui finit de lui geler les mains, et se met à courir jusqu’à la ligne d’arrivée. La quatrième étape est un peu plus clémente, quoique le froid soit toujours bien présent.  Dans la cinquième étape, François Faber (toujours lui) est éjecté hors de la route par un vent très violent. Il parvient tout de même à récupérer sa « monture » et à repartir tant bien que mal.

Les conditions météorologiques ne s’améliorent guère le lendemain. Et cette septième étape voit l’abandon de cinquante cyclistes en raison du mauvais temps. Par la suite, celles-ci reprendront peu à peu un « cycle » plus normal pour la saison.

Une amélioration sanitaire notoire pour cette session : lors des Tours précédents, l’organisation du Tour s’est retrouvée gênée par les cyclistes qui se « soulageaient » devant les spectateurs. Aussi, aux points de contrôles obligatoires, des salles de « bains » sont installées…

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François Faber : né le 28 janvier 1887, dans l’Eure, est un coureur de nationalité Luxembourgeoise. Il fut le plus jeune vainqueur du Tour de France (22 ans), jusqu’à l’arrivée D’Egan Bernal (vainqueur de l’édition 2019 à 22 ans, mais né un 13 janvier). Engagé volontaire dans la Légion étrangère dès le début de la première guerre mondiale, il fut tué au combat lors de la bataille de l’Artois en mai 1915. Il disparaît le 9 mai 1915, et son corps ne sera jamais retrouvé.

 

 

 

                                                    François Faber, Tour 1909

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Alors voici la suite :

"Vous êtes des assassins", Tour de France de 1910

"Vous êtes des assassins", il n’a pas mâché ses mots, "Le frisé"...Nous ne sommes pas dans un film de Michel Audiard, avec Lino Ventura, Bernard Blier et Francis Blanche, mais bien dans la réalité ! " Le Frisé", c'est le surnom d'Octave Lapize, un formidable jeune coureur de 23 ans, qui remportera dans sa carrière trois Paris-Roubaix, Trois Paris-Bruxelles et trois championnats de France.

En 1910, la Grande Boucle découvre la vraie, la grande, la haute montagne. L'adjoint d'Henri Desgrange, Alphonse Steinés, a repéré le parcours dans les mois qui ont précédé la course. Pas facilement d'ailleurs. Empruntant des chemins de bergers, entre cailloux et fonte des neiges, il n'a même pas passé certains cols avec son auto tellement la route était difficile. Il a été obligé de faire le tour en remontant par l'autre vallée. Mais Steinés et Desgrange l'ont décrété (comme Thierry Sabine 70 ans plus tard avec le Sahara pour le Paris-Dakar) : les coureurs passeront !

Le 21 juillet, l'étape proposée à ces premiers cyclistes est dantesque : 326 kilomètres entre Luchon et Bayonne, en escaladant les cols de Peyresourde (1569 mètres), d'Aspin (1489 mètres), du Tourmalet (2 115 mètres) et d'Aubisque (1909 mètres). Les héros du Tour face aux géants des Pyrénées. Gustave Garrigou réussit le premier le grand exploit de gravir le Tourmalet sans mettre pied à terre et, pour cela, empochera une prime de 100 franc-or ! Mais Octave Lapize, ce jour-là, a des jambes de feu en jargon cycliste, on dit "qu'il voltige". Avantagé par son petit gabarit, il va gagner cette étape historique, en marquant des points précieux qui lui permettront de devancer son grand rival cette année-là, le colosse luxembourgeois François Faber.

A la fin de l'étape, il lâche donc son fameux " Vous êtes assassins", à propos des organisateurs du Tour et au vu de l'étape.

Ce qui ne l'empêchera pas de gagner le Tour de France 1910, et d'être félicité au parc des princes par les "Assassins".

 

En comparaison, cette année, l'étape Tarbes-Col du Tourmalet était de 117 kilomètres avec un seul col en amuse-bouche, celui du Soulor (1474 mètres). Le vainqueur de cette étape 2019 fut Thibaut Pinot.

 

La "Pomme" empoisonnée du Tour de France 1911

Du poison dans un bidon que l'on donne à l'un des favoris du Tour pour se débarrasser de lui ! Il ne s'agit ni d'un roman d'Agatha Christie ni d'un film d'Alfred Hitchcock, mais bien de la réalité.  "La Pomme", c'est le surnom de Paul Duboc, excellent coureur qui a terminé quatrième du Tour en 1909, en gagnant la treizième étape Brest-Caen de 415 kilomètres.

Pendant le Tour 1911 il est en super forme. Vainqueur de la huitième étape entre Marseille et Perpignan, il récidive le mardi 18 juillet avec une victoire entre Perpignan et Luchon. Bref, le fameux "La Pomme" est mûr pour commencer à inquiéter Gustave Garrigou, le premier du classement général. Garrigou roule pour la marque Alcyon, Duboc pour la Française. La rivalité est terrible, tous les coups sont permis !

Justement, le jeudi 20 juillet, c'est la fameuse étape Luchon-Bayonne, avec les géants des Pyrénées à escalader. Paul Duboc a la socquette légère ce jour-là. Henri Desgrange, le patron du Tour qui le suit en voiture dans l'ascension du Tourmalet, écrit :"Ses bielles tombaient droit, sans effort, dans un mouvement harmonieux et facile ; le buste n'était pas contorsionné ; aucun mouvement déplaisant, une facilité de marche déconcertante !"

Le neuvième Tour de France est en train de se jouer. Soudain, coup de théâtre ! Juste après le col d'Aubisque, Duboc prend un bidon, et quelques secondes plus tard... il fait un malaise. Desgrange, qui vient de le rattraper, décrit :" Je trouvai Duboc à un tournant de route, dans d'affreux hoquets, pris de nausées qui le rendaient verdâtre, atteint d'une diarrhée terrible et de vomissements douloureux...Je flairai moi-même un bidon qu'il avait à côté de lui, et qui me parut sentir l'odeur du thé..."

"La Pomme" mit plus d'une heure à s'en remettre. Le mal était fait, tous les meilleurs l'avaient dépassé, et Duboc avait perdu le Tour. Gustave Garrigou, deux fois deuxième du Tour (1907 et 1909), termina cette fois premier à Paris.

Bidon, poison, passions, champions, etc. C'est l'histoire du Tour, où parfois, pour gagner, tout est bon.

 

 

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Le forçat et la forge du Tour de France 1913

Imaginez, vous êtes en tête d'une étape du Tour de france et vous allez prendre la tête du classement général ! Au milieu des Pyrénées, sixième étape du Tour 1913, Bayonne-Luchon (326 kilomètres), vous venez de gravir l'Aubisque et le Tourmalet. En une fraction de seconde, tout bascule. la fourche de votre vélo se casse. Vos rêves de victoire, envolés!

C'est l'histoire incroyable du malheureux Eugène Christophe ("Le vieux gaulois", son surnom dû à une superbe moustache). Grand champion, il va remporter dans sa carrière, entre autres, Milan-San Remo et Bordeaux-Paris. Deuxième du Tour 1912 juste derrière le Belge Odile Defraye, il se voyait déjà remporter son premier Tour de France. mais la malchance le rattrappe.

"Le vieux Gaulois" ne se laisse pas abattre par le destin, bien au contraire. Le belge , Thys, son coéquipier et compagnon d'échappée est déjà loin. Il gagnera d'ailleurs cette étape  et le Tour 1913. Christophe se ressaisit et, vélo sur l'épaule, il descend vers le prochain village dans la vallée, Sainte-Marie-de-Campan, ce qui représente 10 kilomètres à parcourir. Le vélo pèse près de 15 kilos, les pierres, la poussière, la fatigue, les autres coureurs et les autos qui passent...un vrai chemin de croix. Episode presque unique dans l'histoire du Tour. Fourbu, mais tenace, le coureur trouve une forge dans le village. Règlement oblige, il doit réparer son vélo tout seul. Des commissaires sont là pour s'en assurer.

Serrurier dans sa jeunesse, le petit gars de Malakoff sait travailler le métal. Le temps passe, l'un des contrôleurs a une fringale."Si vous avez faim, mangez du charbon ! je suis prisonnier et vous resterez mes gardiens jusqu'au bout !" leur lance "Le Vieux Gaulois", plus remonté que jamais. Eugène Christophe répare, repart et réussit à rejoindre Luchon à la vingt-neuvième place. Il a perdu du temps (plus de 4 heures), il a perdu le Tour. Il terminera septième à Paris et entrera de plain-pied dans la légende du Tour, au milieu de ces coureurs, de ces forçats de la route, qui continuent encore aujourd'hui à forcer notre admiration.

 

Faber dans le Galibier                                                                                            

 

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Tour de France de 1914 : de la fleur au guidon à la baïonnette au canon

 

Le départ du Tour de France coïncide avec l’attentat de Sarajevo contre l’archiduc François-Ferdinand, élément déclencheur de la première guerre mondiale.

Pendant que le tracé de la Grande Boucle (inversé pour la deuxième fois en partant vers l’ouest pour revenir à Paris par l’est), dessine, étape après étape le portait de son vainqueur, les tensions diplomatiques s’aggravent pour conduire à la première guerre mondiale ; quand Philippe Thys l’emporte, l’Europe est au bord du gouffre.

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Philippe Thys, face aux photographes et un grand bouquet dans les bras a déjà en tête le prochain Tour. Personne ne se doute des heures sanglantes à venir. Le 3 août, alors que l’Allemagne déclare la guerre à la France, Henri Desgrange exhorte ses protégés se battre pour leur pays : « mes p’tits chéris ! Mes p’tits gars français ! Ecoutez-moi ! les Prussiens sont des salauds… Il faut que vous les ayez, ces salauds-là. Il faut que vous les ayez ! »

Participant à l’élan patriotique qui accompagne la mobilisation, de nombreux cyclistes professionnels rejoignent leur garnison dès août 1914, le Tour à peine bouclé. Parmi eux de prestigieux champions mourront pour la France, François Faber, Octave Lapize, Lucien petit-Breton, mais aussi des sans grades qui ont tout autant leur place ici.

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Les coureurs cyclistes pendant la guerre, de 1914 à 1918.

 

 

 

A l’armistice, le peloton est décimé. Jean-Paul Bourgier, (l’auteur du livre « de la fleur au guidon à la baïonnette au canon »), a répertorié au total 48 coureurs tués entre 1 Après s’être illustrés sur le bitume et les chemins de terre, les champions cyclistes se distinguent dans les tranchées. « Ils ont été mobilisés comme les autres, même si pendant le conflit, en 1917 et 1918 notamment, certains d’entre eux ont eu des permissions pour participer à des compétitions », note Jean-Paul Bourgier 914 et 1918, ayant participé au moins une fois au Tour de France.

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Certains d’entre eux rejoindront diverses formations de soldats « cyclistes », tandis que d’autres auront des affectations sans rapport avec leurs compétences de champions cyclistes.

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Nous avons déjà relaté le décès de François Faber. Son ancien rival, Octave Laize dit « Le frisé » (champion en 1910) périt lui-aussi dans le conflit alors qu’il était devenu aviateur ; » C’est une histoire tragique. Après avoir été trois fois champion de France avant-guerre, il est abattu au sud de Verdun le 14 juillet 1917. Il va y avoir récupération de sa mort, devenue un sacrifice patriotique. Six mois plus tard, c’est au tour de Lucien Mazan (champion en 1907 et 1908), plus connu sous le nom de « Petit-Breton » de perdre la vie. « Il décède tragiquement et bêtement : il était officier de liaison sur le front et sa voiture a percuté un charroi qui était piloté par une personne ivre », décrit Jean-Paul Bourgier.Sur un ton prémonitoire, « Petit-Breton » avait d’ailleurs déclaré peu avant sa mort au journal La Vie au grand air : » Hélas, à la reprise des vélodromes, combien d’entre-nous auront disparu qui étaient la gloire de notre sport. »

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En 1919, après quatre années d’interruption, la Grande Boucle reprendra ses droits et ne manquera pas de rendre un hommage à ses cyclistes disparus.

 

  • Merci 1

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L'introduction du maillot jaune pour le Tour de france de 1919

Le dimanche 29 juin 1919, le Tour de France redémarre. la Grande Guerre est terminée, avec l'épouvantable bilan que l'on connaît ( Plus de neuf millions de morts). Le sport va reprendre sa place. " C'est la France de demain, osseuse, énergique, volontaire et saine qui commence la plus belle des croisades qui va semer sur sa route, par des gestes puissants et gracieux, la bonne parole sportive", écrit Henri Desgrange dans le journal L'Auto.

Le Tour, oui, mais il manque quelque chose. Alphonse Baugé, grand directeur sportif reconnu et respecté, le fait remarquer au patron Henri Desgrange : il manque un maillot distinctif pour le premier du classement général. Jaune, propose Baugé, qui avait déjà imposé cette couleur aux ravitailleurs et aux soigneurs pour mieux les apercevoir au milieu du public. Jaune, comme la couleur du journal L'Auto, organisateur de la course.

Henri Desgrange a quelques défauts, mais il a une grande qualité, il sait écouter, surtout lorsque les idées sont bonnes. Il accepte et commande des maillots jaunes à Paris. ils arrivent le  jeudi  17 juillet 1919 à Grenoble, et Degrange, fier de cette invention, remettra au français Eugène Christophe le premier maillot jaune de l'histoire du Tour. "Aucun coureur ne le mérite mieux que lui", dira-t-il lors de la petite cérémonie organisée au Café de l'Ascenceur pour ce grand moment. Pours sa part, Philippe Thys, premier triple vainqueur du Tour, a raconté un jour qu'on lui avait donné un maillot jaune en 1913. Aucune photo, ni aucun témoignage ne l'ont jamais prouvé.

Foule en délire le dimanche 27 juillet au Parc des Princes pour accueillir les onze rescapés de ce treizième Tour de France. Onze rescapés seulement sur 67 engagés, record battu, et dix coureurs classés finalement, car Paul Duboc sera mis hors course pour avoir été aidé par un automobiliste. Parmi ces survivants, un héros acclamé comme jamais par les spectateurs du Tour : Eugène Christophe (Troisième de ce Tour), le malchanceux, qui bénéficiera d'une souscription et empochera une somme d'argent dont on dit qu'elle fut plus importante que la bourse du vainqueur (Firmin Lambot) de ce Tour épique

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Tour 1920 : Honoré Barthelemy le courageux

Année folle que 1920. Tout d'abord, énorme sensation aux Etats-Unis où Georges Carpentier devient champion du monde de boxe. Et dans le Tour de France 1920, la quatorzième édition, les belges raflent tout. Troisième victoire de Philippe Thys, devant six coureurs belges. Du jamais-vu.

Du jamais-vu non plus, le courage excpetionnel du premier coureur français, classé huitième du Tour  derrière les sept Belges. Vous ne conniassez sans doute pas son nom, pourtant il mérite les éloges et tous les honneurs du monde : Barthélemy, Honoré Barthélémy.

A l'arrivée au Parc des Princes, le dimanche 25 juillet 1920, après 5 503 kilomètres de course,  il est porté en triomphe, acclamé, fêté comme jamais. Non pas parce qu'il est le premier Français, mais tout simplement parce qu'il termine le Tour avec une épaule  cassée et un poignet luxé. Il souffre le martyr, mais il a voulu finir.  Alors peu importent les douleurs et la difficulté de tenir son vélo d'une main, pas question d'abandonner.

Malgré  les chutes (Honoré barthelemy a chuté plusieurs fois), les crevaisons, la pluie et le vent, sa ténacité l'a emmené jusqu'au Parc des Princes. Courageux parmi les courageux, ils étaient cent treize  coureurs au départ, ils ne seront que vingt-deux à l'arrivée. Chapeau Monsieur Barthélémy.

1921 : La locomotive Scieur

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Léon Scieur, surnommé « La locomotive » est âgé de 33 ans. Il a appris à pédaler à l'âge de 22 ans après avoir acquis sa première bicyclette.

Léon Scieur remporte la troisième étape à Brest avec neuf minutes d'avance. Son principal rival, Hector Heusghem, compte alors douze minutes de retard. Après les étapes des Sables-d'Olonne et de Bayonne, remportées par Louis Mottiat, cet écart est porté à une demi-heure. Heusghem gagne à Luchon avec 24 minutes d'avance sur le deuxième et après être passé en tête aux cols du Tourmalet, d'Aspin et de Peyresourde. Il réduit ainsi son retard sur Scieur à 4 minutes.

Mottiat gagne une quatrième étape à Perpignan, puis Luigi Lucotti s'impose à Toulon. Scieur accroit son avance durant les jours suivants. Lors de la dixième étape, il est victime d'une crevaison puis parvient à rattraper Heusghem et à le distancer. Il gagne l'étape à Grenoble et gardera le maillot jaune jusqu'à Paris

À Strasbourg, Barthélémy s'impose devant Hector Heusghem et Léon Scieur. Les coureurs suivants ont près d'une demi-heure de retard. Afin de sanctionner le manque de combativité, Henri Desgrange impose le lendemain un départ séparé (différé de 2 heures) des coureurs de deuxième et première classe. Cette décision n'a pas l'effet escompté : à Metz, trois « deuxième classe » se disputent la victoire, qui revient au Belge Félix Sellier, et le peloton arrive avec 46 minutes de retard.

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Mais l'avant-dernière étape, entre Metz et Strasbourg, où Petit-Breton en 1913 et Christophe en 1919 perdirent le Tour, aurait pu lui être fatale. La course franchit un passage à niveau et le Maillot Jaune prend un rail de travers, brisant sa roue arrière. Aussitôt, un spectateur lui tend la sienne. Scieur perd peu de temps mais est obligé de prendre sa roue cassée sur son dos, en conformité avec le règlement qui oblige les concurrents à se présenter à l'arrivée avec le même matériel qu'au départ. A la veille de l'arrivée, Scieur vit l'enfer, les pignons de sa roue pénétrant dans sa chair et le faisant grimacer de douleur, durant 300 kilomètres. Il parvient tout de même à gagner l'arrivée dans le premier groupe. Félix Goethals remporte cette étape. Il s'impose également le lendemain à Paris.

Léon Scieur remporte ce Tour à une vitesse moyenne de 24,724 km/h, avec plus de 18 minutes d'avance sur Hector Heusghem. Honoré Barthélémy est troisième, avec plus de deux heures de retard.

La Belgique poursuit donc sa domination sur la Grande Boucle.

1922 :  La chance du numéro 13 ?

C’est à Florennes que le jeune Firmin Lambot voit le jour le 14 mars 1886. Son père meurt quand il a 14 ans alors il veut faire le même métier que lui : bourrelier, l’une de ses passions. Par contre, son autre passion, c’est le vélo et achète son premier vélo à 22 ans Mais dès 1908, celui qui est surnommé "Dèjo" passe professionnel et engrange de petit succès.

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 Il découvre le Tour de France pour la première fois en 1911. "Lambot aimait les très longues étapes et la montagne. C’est d’ailleurs lors de l’une d’elles qu’il se fait remarquer en 1913 en remportant la première de ses six victoires lors de l’étape qui reliait Aix-en-Provence à Nice sur 356 kilomètres." raconte Emmanuel Dehan, historien du vélo et collectionneur.

C’est à 33 ans qu’il empoche son premier Tour de France. Nous sommes alors en 1919 et après quatre ans d’interruption pendant la guerre, le Tour reprend ses droits. Mais des coureurs appelés au combat ne sont plus là. "Firmin Lambot a eu cette chance de n’avoir pas été tiré au sort. Il a pu y échapper" explique Jean Evariste. Ils sont 67 au départ. Ils ne seront que dix à l’arrivée. Cette année-là, Lambot remporte une étape, celle qui relie Metz à Dunkerque sur 468 kilomètres, après 21 heures, 4 minutes et 27 secondes. C’est la plus longue de l’histoire du Tour.

Trois ans plus tard, Firmin Lambot marque une nouvelle fois le Tour de son emprunte lors de la 16e édition  qui s’est déroulée du 25 juin au 23 juillet 1922 sur 15 étapes pour 5 375 kilomètres. Le Belge, déjà vainqueur en 1919, remporte ce Tour en ayant bénéficié des incidents subis par ses concurrents : Jean Alavoine perd le maillot jaune dans les Alpes après plusieurs crevaisons, puis Hector Heusghem reçoit une pénalité d'une heure pour avoir changé de vélo après une chute.

Lambot, jusqu'alors deuxième, prend le maillot jaune. Les deux dernières étapes, gagnées par Félix Sellier et Philippe Thys n'ont pas d'incidence sur les premières places au classement général. Lambot gagne ce Tour avec 41 minutes d'avance sur Alavoine et 42 sur Sellier.

Firmin Lambot gagne son deuxième Tour de France et signe la dernière des sept victoires consécutives des Belges depuis 1912. À 36 ans, Firmin Lambot est le vainqueur du Tour le plus âgé. En parcourant les 5 375 km à une vitesse moyenne de 24,196 km/h, il fait de cette victoire la troisième plus lente, après celle de 1919 et 1920. Pour Pierre Chany, « Firmin Lambot, coureur harmonieux mais dépourvu d'initiative, l'emporta encore à l'usure, comme en 1919, n'ayant gagné aucune étape ». Sa victoire, comme la première, est facilitée par les incidents dont sont victimes ses concurrents.

Une victoire " chanceuse ", comme certains l’ont écrit ? Firmin porte le dossard...n° 13.

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Henri "de France" sur la Boucle de 1923

Le 23 juillet 1923, le dossard N°23, aidé par son frêre qui terminera à la vingt-troisième place, est en première page du journal L'Auto.

Henri Pelissier, dossard n°23, devient Henri de France grâce à sa victoire dans le Tour. Des centaines de milliers de spectateurs viennent l'acclamer aux abords du Parc des Princes. Un triomphe qui permet au journal organisateur de tirer ce jour-là à un million d'exemplaires, un record.  Un triomphe que célèbre à sa manière, son meilleur ennemi, l'autre Henri, Henri Desgrange, le patron du tour, qui avait osé écrire trois ans auparavant que ce coureur " à la nervosité d'une jolie femme" ne gagnerait jamais la Grande Boucle.

" Mon petit Henri, ose henri Desgrange, il ne faut plus nous la faire, hein! La vérite est que c'est aujourd'hui que le lévrier l'emporte...et cette victoire a le classicisme des oeuvres de Racine." Le patron du Tour, malgré ses multiples prises de bec avec les frêres Pélissier, a l'intelligence de mettre ses critiques en veilleuse et porter aux nues celui qui met fin à la domination des Belges sur le Tour. Pour la première fois depuis 1912, un Français gagne, et quel Français ! L'idole, la vedette, la star du cyclisme des Années folles ! Henri Pélissier. Oubliées les insultes, l'arrogance et les provocations." Vive le roi Henri" entonne  Henri Desgrange qui avoue :" C'est le plus grand homme que le cyclisme ait connu."

Oublions les polémiques  pour nous souvenir qu'Henri Pélissier, avant son triomphe dans la Grande Boucle, avait gagné trois fois le Tour de Lombardie (en 1911, 1913 et 1920), deux fois Paris-Roubaix, Milan-San-Remo,Bordeaux-Paris  et Paris-Tours. Palmarès éloquent pour un champion qui, malgré ses frasques, mérite à jamais le respect.

Destin étonnant et tragique pour Henri Pélissier qui mourra douze ans après son triomphe, tué par balle au cours d'une dispute avec sa nouvelle compagne. Décidemment rien ne pouvait se passer normalement avec l'aîné des Pélissier.

 

 

 

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Tour de France 1924 : Maillot jaune du départ à l'arrivée.

"Intouchable", c'est Henri Pelissier lui-même qui le dit en parlant d'Ottavio Bottechia, vainqueur du Tour 1924. Le dix-huitième Tour de France, du 22 juin au 20 juillet 1924, est celui de l'année des Forçats de la route, le fameux article d'Albert Londres et surtout celui de l'année où les stars et les cabochards-Les Pélissier- ont été dépassés par un jeune italien pétri de talent et de courage : Ottavio Bottechia.

L'année précédente, déjà, lors de la victoire d'Henri Pélissier, Bottechia avait étonné tout le monde. Pour son premier Tour, le jeune maçon italien devenu coureur professionnel avait terminé deuxième à 30'41" du champion français.

Une année plus tard, l'exploit sera encore plus considérable : Ottavio, le timide, le débutant, le maladroit est devenu un vrai pro. "Il faut avoir vu la facilité de son allure, l'unité de son style, la perfection de son abattage [...]. Transformé depuis 1923 [...] il avait appris son métier : il avait plus de tête." Ces paroles sont d'Henri Desgrange lui-même, admirant celui qu'il qualifia d'as. Exploit historique pour Bottechia :pour la première fois dans l'histoire du Tour ( et ils sont très rares à l'avoir réalisé), un champion va porter le maillot jaune du premier au dernier jour; Domination sans pareille de celui que l'on appelait "Le Maçon du Frioul", qui se permit même  de battre au sprint, sur la piste rose du Parc des Princes, tous les meilleurs, lors de la dernière étape du Tour.

Bottechia gagnera ensuite le Tour 1925, remportant une nouvelle fois les premières et les dernières étapes. On disait qu'il chantait souvent en roulant. Et comme nous le révèle Jacques Augendre, grand historien du cyclisme, il aurait pu éffectuer une brillante carrière si un destin tragique ne l'avait rattrapé deux semaines avant le Tour 1927. On le retrouvera mort dans un vignoble à l'âge trente-trois ans. Un viticulteur avouera beaucoup plus tard avoir tiré sur un voleur de raisin.

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La météo apocalytique du Tour de France de 1926

On pourrait croire que la Grande Boucle ayant lieu au mois de juillet depuis 1903, celà implique oligatoirement ciel bleu, soleil et bel été propice à la pratique du vélocipède.Que nenni ! Les canicules, les pluies éparses ou diluviennes, la grêle, le brouillard et même la neige (Val d'Isère en 1996), ont pertubés le Tour.

Mais dans l'histoire du Tour, la pire journée et la pire étape furent sans aucun doute le mardi 6 juillet 1926. Bayonne-Luchon, 326 kilomètres. Un temps de chien, à ne pas mettre un cycliste dehors.

Le Belge, Lucien Buysse, ( qui sera vainqueur du Tour cette année-là), arrive premier à Luchon après 17 heures de vélo. Un enfer. Tous les mots ont été employés ce fameux mardi 6 juillet : apocalypse, tempête, déluge, etc... Cloaque de boue où les voitures s'enlisent. Bayonne-Luchon, il faut s'en souvenir, est l'étape reine des Tours de France, avec ses géants des Pyrénées : Tourmalet, Aubisque, et Aspin. L'envoyé spécial du journal l'Auto, C.A.Gonnet témoigne :"Les coureurs foncent, blocs de boue, où les yeux veillent et jettent une flamme....Pied à terre, un homme pose sa machine, l'accablement est sur lui : "j'abandonne". C'est Bottechia, le héros du Tour,  qui pleure comme un enfant sur le bord de la route. Et les larmes sur sa figure ravagée diluent la boue."

Soixante-seize coureurs avaient quittés Bayonne à 3 heures du matin ce mardi-là, la plupart (quarante-sept) arriveront à la nuit tombée à Luchon ; et encore, pas tous à bicyclettes,  car l'étape fut si éprouvante que certains coureurs montèrent carrément dans un autobus qui passait pour rallier la cité pyrénéenne.. Du jamais-vu. Après les tricheurs du train de la première année, voici les débrouillards transis  du bus de Luchon. Les organisateurs, conscients des conditions exceptionnelles de cette étape dantesque, oublieront ce sauvetage automobile et accepteront de les laisser repartir le surlendemain vers Perpignan.

Par ailleurs le Tour de France  le plus long fut celui de 1926 : dix-sept étapes en quatre semaines. Cent-vingt-six partants, quarante et un coureurs classés et un grand vainqueur au bout de 5 745 kilomètres : le Belge Lucien Buysse. Un record de distance jamais battu.

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Rien de spécial à dire sur le Tour 1927, voici donc la suite

1928 : Le beau Tour de Frantz

Vous avez bien lu Franzt, pas France. Nicolas Franzt. Le Luxembourgeois est un des meilleurs cyclistes professionnels de cette époque. Il gagne son premier Tour en 1927. Son équipe (Alcyon) se montre intraitable, et Frantz se révèle un excellent grimpeur. Mais c’est l’année suivante, en 1928, que Nicolas Frantz va accomplir son chef d’œuvre et entrer dans la légende en étant le deuxième coureur à conserver le maillot jaune de la première à la dernière étape. Performance remarquable, à l’instar de celle de l’Italien Bottechia en 1924.

Cent soixante deux coureurs (un record à l’époque° PRENNENT LE D2PART DE CE VINGT6DEUXI7ME Tour de France, le dimanche 17 juin 1928, en direction de la Normandie. Première étape : Paris-Caen, 207 kilomètres. Frantz, seul ancien vainqueur au départ de la course, s’impose dès le premier jour et testera en jaune pendant les 5355 kilomètres de ce Tour. En jaune de bout en bout, ais pas à l’abri d’un jour noir : au lendemain de son triomphe dans la dix-huitième étape, Strasbourg-Metz, on raconte une drôle d’histoire. En direction de Charleville, il casse la fourche de son vélo. Sans pièces ni outils, impossible de réparer ! Eh bien Nicolas frantz, premier au classement général et maillot jaune, va rejoindre l’arrivée avec une bicyclette de femme qu’on lui prêtera. Frantz la débrouille va perdre plus de vingt-huit minutes avec cet incident mais conserve une avance confortable sur André Leducq, le Français qui terminera deuxième à Paris, à 50’07 » de Frantz.

En jaune, de bout en bout, mais avant tout professionnel de bout en bout. Henri Desgrange, le fameux patron du Tour, tresse cette année-là de superbes louanges au champion luxembourgeois. : « Il s’est mis au lait, il se met au soleil chez lui pour ne pas être brulé par les rayons du soleil pendant les étapes du Midi […]. Et à Perpignan, chaleur épuisante, l’équipe Alcyon va signer au café contrôle : tous se précipitent sur les canettes de bière […] Frantz se fait préparer une citronnade, il en boira à la fin deux ou trois gorgées et se contentera d’apaiser sa soif en se gargarisant…Oh coureurs, conclut Henri Desgrange, faites comme Frantz ! »

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l'année suivante :

Trois maillots jaunes à la fois en 1929

Drôle de Tour que ce Tour 1929. Tour de passe-passe notamment, avec entre autres neuf porteurs différents pour le maillot jaune. Le premier record et surtout le contraire de l’année précédente, où Nicolas Frantz l’avait porté de bout en bout.

Maillot jaune baladeur, et maillot jaune partagé également : évènement extrêmement rare, l’arrivée de la septième étape Les sables d’Olonne-Bordeaux va créer une situation inédite en tête du classement !

Cinq coureurs sont échappés à la flamme rouge : Frantz, Magne, Fontan, Leducq et Demuysère. Henri Desgrange raconte : « Fontan, qui mène rudement avec Leducq, puis Frantz dans sa roue ; 200 mètres environ sans changement puis Antonin Magne, dans une détente puissante, prend la tête que lui dispute un moment Fontan. Mais celui-ci, qui se ménage depuis Paris en vue des Pyrénées et du classement général, baisse le pied peu après et n’insiste plus. » La lutte entre les cinq se poursuit et s’achève dans un duel entre Magne et Frantz qui, « en bon molosse », prend centimètre par centimètre une avance irrémédiable jusqu’à la ligne. Desgrange poursuit : « Le détenteur du maillot jaune a été retardé par deux crevaisons et se trouve assez loin ; Dossche, second du classement, est dans le second peloton qui vient bientôt. »

Bilan : De Waele perd son maillot, Dossche ne parvient pas à profiter de son retard et trois autres coureurs sont dans le même temps au bout de 45 h 28’ 28 » ! Henri Desgrange consulte le règlement et raconte : « L’article 39 dispose que le premier du classement général porte le maillot jaune. » Et c’est ainsi que le dimanche 7 juillet, au départ de Bordeaux, André Leducs, Nicolas Frantz et Victor Fontan posent ensemble, très fiers et légèrement malicieux. Ils se retrouvent en couverture de Match, le plus grand hebdomadaire sportif de l’époque.

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Voyons si ce qui va suivre va surprendre Pascale :

Un jaune pâle pour le Tour de 1929

« On a fait gagner un cadavre ! ». Plutôt virulent, Henri Desgrange poursuit : « Comment un maillot jaune aussi facile à dépouiller a-t-il pu conserver sa première place ? Pourquoi ses adversaires se sont-ils montrés aussi peu efficaces ? Que penser de leur tactique et de la valeur du vainqueur, »

Cette affaire démarre lorsqu’au matin de l’étape Grenoble-Evian, le 20 juillet 1929, une rumeur se répand : Maurice de Waele s’est évanoui à son hôtel. Son équipe Alcyon, coéquipiers et dirigeants compris, va alors tout mettre en œuvre pour masquer les signes de faiblesse du porteur du maillot jaune. Quitte à jouer des coudes et à retenir les velléités d’échappées par la selle ! Il ne reste pas moins de huit étapes à parcourir.

Éric Delanzy raconte que « jamais l’expression « garde rapprochée » n’aura méritée autant sons sens : trois coéquipiers poussent leur leader dans les cols. Pendant ce temps, le reste de l’équipe contrôle la course à la manière forte : épaule contre épaule en première ligne, ils empêchent toute attaque. Pendant 3 heures, le peloton ne parcourt que cinquante kilomètres ! »

Parmi les initiatives qui feront la légende de ce Tour 1929, il est dit que les Alcyon auraient achetés des routiers touristes (des coureurs amateurs) et des adversaires pour les aider à gagner ce Tour (promettant à l’un d’entre eux d’être engagé chez Alcyon l’année suivante).

Bien pâle ce maillot jaune 1929. Cette emprise et cette anesthésie sportive consternent Henri Desgrange. Pour ne pas revivre pareille déconvenue, le directeur du Tour de France et du journal l’Auto mènera une révolution culturelle pour le Tour 1930, qui sera le Tour par équipes nationales.

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😻😻 ci après : la suite

La première caravane publicitaire en 1930

Chiffres étonnants : de douze à quinze millions de spectateurs viennent voir le Tour, et ils restent en moyenne six heures sur le bord de la route. La plus grande course cycliste du monde est devenue au fil des années l’un des plus grands spectacles sportifs. Il est gratuit, festif, et une fois les coureurs passés, vous repartez avec des images plein les yeux et des cadeaux plein les poches.

La très fameuse caravane publicitaire qui précède les cureurs a été vraiment inventée en 1930. Une idée de génie, vite acceptée par Henri Desgrange et ses collaborateurs, toujours à l’affût, depuis 1903, de tout ce qui est bon pour le Tour. Jusque-là, seules trois camionnettes fermaient la marche après le passage des concurrents : chocolats Menier, cirage Lion noir et réveils Bayard. Les trois véhicules pionniers de la caravane ressemblaient plutôt à des camions-balais, car souvent les spectateurs s’étaient égayés.

Henri Desgrange dit : » Il me faut de l’argent. » Il décide de bannir les équipes de marque (Alcyon, Peugeot, Automoto), de passer aux équipes nationales et surtout de donner des primes aux coureurs, mécaniciens, masseurs et directeurs sportifs, en plus de la nourriture et du logement. L’organisation fournit même, cette année-là, les vélos de course ! jaunes, comme le journal L’Auto et le maillot !

« Je veux bien donner des sous, mais on passe devant », propose le bien inspiré Paul Thévenin, patron de la publicité des chocolats Menier. Tope là ! disent Desgrange et Desmarets (chef de publicité l’Auto). Accord gagnant-gagnant. Plus de réclames dans le journal, et une caravane dans devant les coureurs qui distribue les cadeaux. Révolution commerciale et très populaire de 1930. Succès énorme. Qui n’a jamais quitté la route du Tour sans son chocolat, sa casquette, son bout de fromage et aujourd’hui sa glace, son tee-shirt ou son préservatif ?

Près d’une heure de défilé en couleurs et en musique, dans une ambiance de fête foraine où se mêlent de temps en temps d’anciens champions et des invités vedettes, comme Tom Cruise et Cameron Diaz qui ont joué le jeu.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Suite  de l'année 1930

La révolution de 1930                    

Année 1930 : révolution commerciale avec les grands débuts de la caravane publicitaire. Révolution sportive surtout, pour le vingt-quatrième Tour de France. On connaît maintenant le caractère et la personnalité d’Henri Desgrange : l’homme de décision, capable d’écouter et de suivre les idées de génie de ses collaborateurs ou de ses proches, le patron du Tour est aussi réputé pour ses colères froides ou démonstratives ainsi que pour ses prises de position…tranchées.

A la fin de l’année 1929, Desgrange, analysant les Tours récents, en a assez : il ne supporte plus les arrangements sans parler des tricheries pratiquées par les équipes commerciales. L’équipe Alcyon est en particulier dans son collimateur. Aidé par ses coéquipiers, mais aussi par ses adversaires à qui l’on a promis des dédommagements, le « Moribond » Maurice De Waele, comme l’a surnommé Desgrange, a gagné le Tour 1929. Le télégramme de Pampelune n’a rien arrangé au contraire. Jacques Augendre l’explique dans son livre. Ludovic Feuillet, le patron d’Alcyon, n’a pas supporté que Desgrange descende son chef de file. Au Tour du pays basque, alors que Marcel Bidot est en passe de gagner, il envoie une dépêche ; » Ordre : faire gagner De Waele. » Le Belge l’emporte «. D’où la dépêche « Vous avez le bonjour du moribond ! »

Desgrange, furieux, réunit ses collaborateurs et décide : « Pour le Tour 1930, on instaure des équipes nationales. Cinq fois huit coureurs avec les maillots de leur pays, et on fournit les vélos ! Jaunes ! Plus de marques ! »

Et comme souvent, Henri Desgrange (dont les initiales sont toujours brodées sur l’actuel maillot jaune) sera aidé par les circonstances. Le Français Charles Pélissier gagne huit étapes, dont la première en devançant au sprint, à Caen, le favori italien déjà vedette, Alfredo Binda, et la dernière le dimanche 27 juillet. Mais depuis 1923, aucun Français n’avait réussi à gagner le Tour.  En 1930, un Tricolore l’emporte : André Leducq. « Dédé » triomphe dans un Parc des Princes en délire

 

 

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Toujours l'année 1930 :

Tour 1930 : Maillot Argent et Touristes-routiers

A côté de l’histoire officielle qui attribue le premier maillot jaune à Eugène Christophe, l’année 1930 est marquée par une confidence d’un très bon « touriste-routier ». Au lendemain de l’étape Grenoble-Evian, Benoît Faure, touriste-routier (coureur indépendant des équipes nationales et précédemment professionnelles, courant à ses frais) déclare : « j’aime bien l’argent, mais j’ai compris qu’une victoire française (celle de Leducq sur l’étape) valait mieux qu’une satisfaction. »

De quel argent parle-till ? Il aurait refusé de l’argent pour aider Leduc alors qu’il ne fait pas partie de l’équipe nationale ? On aurait pu croire le contraire. Dans l’étape précédente, on avait reproché à « la Souris », (le surnom de Benoît Faure) d’avoir roulé avec Guerra, rival italien de Dédé Leducq. Quel intérêt a-t-il donc à rouler ? En fait Benoît Faure défend sa place de premier au classement des Touristes-Routiers. Classement qu’il a déjà gagné en 1929.

Or il semble que le premier de ce classement porte un maillot distinctif. Un passage d’un article de « Ouest Eclair » du 20 juillet 1930 donne un sérieux indice sur ce maillot : « Le possesseur […] du maillot d’argent Benoît Faure. »

Ce maillot argent a-t-il existé ?

En 1929, Benoît Faure est sur la photo du tableau d’honneur à côté de Maurice de Waele en tant que premier touriste-routier. Sur cette photo en noir et blanc le maillot de « la Souris » est apparemment uni alors qu’il roule pour Chemineau-Wolber. Est-ce le maillot argent ?

Par contre celui-ci   a existé au moins en 1933 pour désigner le meilleur touriste-routier. Deux généreux donateurs, les frères Sools des casquettes Grand Sport ont décidés de créer deux prix : le premier appelé « Maillot d’or » consiste à verser une prime de 1 000 francs au porteur du maillot jaune. Le second prix est de 500 francs et versé au premier du classement des touriste-routiers. Il est baptisé « Prix du maillot d’argent » qui porte en course le maillot jaune et noir.

Question : Comment se fait-il que l’histoire de ce maillot distinctif se soit perdue au fil des ans ?

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