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Fabienne FOREZ

Histoires de légende du Tour de France

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bonjour le suis sidérer de voir que les vélos n avais pas de dérailleur  

et avec les photo géniale 

bon il ne buvait pas que de l eau  mais au moins il n était pas rempli de produit divers 

 

bonne journée 

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patience !... le dérailleur va bientôt faire son apparition. Eh oui il fallait avoir de sacrés mollets pour pédaler : pas de dérailleurs, un seul pignon ! et au début pas de roue libre...

allez, je continue :

image.png.b623026285b7b3b20941d36d98526cf0.png En 1931, première victoire d’un étranger d’un pays non limitrophe à la France

La formule des équipes nationales créée pour le Tour de France 1930 ayant été un succès, elle est conservée lors de l’édition 1931 et le sera jusqu’en 1961.

Des modifications sont encore apportées au règlement :

·         Désormais le règlement permet « officiellement » aux coureurs d’une même formation de s’entraider. Et en cas d’incidents mécaniques, ils peuvent solliciter une assistance des spectateurs pour effectuer les réparations ;

·         Pour éviter les nombreux abandons, les coureurs des équipes nationales sont maintenant sélectionnés : « 40 places seront réservées aux coureurs des années précédentes, et 20 à des coureurs, qui, au cours de la saison, auront fait leurs petites preuves « précise Henri Desgrange. Ils formeront les équipes bis nationales.

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Cette année là 40coureurs sont donc engagés en équipes nationales (Belgique, Italie, Australie-Suisse, Allemagne, Espagne et France. Et il y aura 40 touristes-routiers (Belges, Italiens, Allemands, Espagnols, Français, Autrichien).

Max Bulla est un bon coureur cycliste Autrichien. Professionnel de 1926 à 1949, il est le premier Autrichien à remporter une étape et à porter le maillot jaune au cours de la troisième étape. Il gagnera cette année-là trois étapes. Avant lui, les porteurs du maillot jaune étaient tous Français, Italiens, Belges et Luxembourgeois.

 

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Le tour de France 1932 ne se prête pas à des histoires particulières.

Ausi ,impossible de résister au plaisir de vous offrir un morceau d’anthologie datant de 1932 où la Revue mensuelle Grands Crus et Vins de France croyait mordicus à la Propagande pour le Vin.

 

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Le vin et le Tour 1932

 

« On parle de plus en plus de la nécessité qu’il y a d’intensifier la propagande en faveur du vin, et toutes les personnalités qui s’occupent de la question sont unanimes à reconnaître les avantages certains que l’on peut attendre d’une action massive en faveur de notre produit national.

Les travaux du CN en faveur du Vin sont suivis avec intérêt et des mesures très heureuses ont déjà été prises, dont les résultats commencent à se faire sentir.

 

Il n’est pas douteux, et nous le disons depuis toujours, que l’on peut obtenir une augmentation de la consommation de vin en France en rendant le vin sympathique ; il est nécessaire de le présenter aux classes jeunes comme la boisson nationale, comme la boisson qui donne la gaieté, l’esprit, en un mot qui continue les belles traditions de la race française, que tous les peuples nous reconnaissent ;

C’est pour cela que nous applaudissons avec plaisir à l’heureuse initiative prise par l’Association de la Propagande pour le Vin, 72, allées Paul-Riquet, à Béziers. M.Nougaret et les dirigeants de ce groupement ont pensé qu’il était intéressant d’utiliser une manifestation comme le Tour de France pour parler du vin, le faire apprécier et le faire aimer.

Il suffit de parcourir les journaux – tous les journaux faut-il dire, les spécialisés comme ceux qui ont pour mission de nous faire savoir les nouvelles du monde entier – pour se rendre compte de l’intérêt et de l’émoi qui remuent les foules au cours de cette épreuve sportive.

Le 6 juillet, Paris s’agitait aux premières lueurs du jour, et une foule considérable se groupait au Vésinet pour assister au départ des coureurs.

ci-dessous l'équipe italienne       et ci-contre André Leducq (vainqueur) vantant "Le Pinard"            

 

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Un coup de pistolet, et le peloton se met en route. C’est Biscot, le réjouissant Biscot, l’ami des foules et mieux encore l’ami du bon vin, qui a lancé sur les routes qui sillonnent les vignobles de France, les As de la pédale.

 

Un écho avait répondu au bruit de la poudre ; nous avons su qu’un animateur de la Propagande du Vin, venait lui aussi, de donner le départ à la mousse pétillante d’une bouteille de Champagne.

Le Tour de France est pour la deuxième fois l’occasion pour la propagande du Vin de manifester son activité. Ceux qui ont vu passer le Tour se sont rendu compte, en effet, de l’effort de publicité qui s’y développe en faveur des crus français.

Un représentant de la Propagande suit la course.

Nous sommes convaincus que le public qui suit le Tour de France, public jeune, sportif, bien portant, est un public qu’il est nécessaire d’avoir avec soi pour défendre la cause de nos vignobles.

Les longues attentes le long de la route ou à l’arrivée de chaque étape sont tout à fait favorables à la distribution du journal spécialement édité par l’Association de Propagande et qui s’appelle tout simplement Le Tour de France.

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Nous n’avons pas à vous vanter ici les qualités et la tenue de ce confrère qui décrit les vins de chaque région de France en particulier et traite sous la signature de personnalités éminentes toutes les questions susceptibles d’intéresser le lecteur (...)

À toutes les étapes, avant l’arrivée des concurrents, des affiches ont été posées recommandant l’usage du Vin, et surtout pour chaque région viticole, la consommation des crus du pays.

Des banderoles, accrochées en bonne place, proclament les bienfaits du Vin.

 

À la foule innombrable des enfants venus pour fêter les coureurs, on distribue d’originales coiffures en papier, sur lesquelles sont imprimées des maximes, telles que : Le Vin c’est la santé, Le Vin c’est la Gaité.

 

Le journal l’Auto consacre à son tour une partie de ses colonnes aux Vins de France.

Pour les illustrés qui publient les diverses phases de la course les plus célèbres des coureurs ont remis leurs photographies, faisant précéder leur signature d’un hommage au Vin de France qui soutient leurs forces et excite leur courage.

Un haut-parleur sur voiture fait entendre sa grande voix en faveur de notre Boisson Nationale ; par ses disques, il chante joyeusement notre Pinard.

 

Sur les murs, dans les cafés, se lisent des affiches et des pancartes invitant les consommateurs à donner leur préférence aux restaurants qui comprennent le Vin dans le prix du repas.

Des images genre Epinal racontent des historiettes sur le sport et le vin sont distribuées en masse, aux enfants.

Une publicité de ce genre qui, évidemment ne supprime pas la propagande par la presse, par l’affiche et par tous les moyens publicitaires qui permettront de rappeler toujours et partout les qualités thérapeutiques du vin, a une portée réelle et nous félicitons avec plaisir ceux qui ont conçu ce projet et qui l’ont réalisé avec des moyens financiers assez réduits, en le complétant par des dégustations dans tous les centres traversés par nos grands coureurs cyclistes.

C’est évidemment de la bonne propagande, et il est certain qu’en faisant confiance à des organisateurs aussi compétents, la cause du vin sera bien défendue et par conséquent bientôt gagnée. »

 

 

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Tour de France 1933 : la création du grand prix de la Montagne

 

 

Le classement de la Montagne est calculé pour la première fois en 1933. Le vainqueur de ce classement, Vicente Trueba (Touriste-routier) passait la majorité des sommets en tête. Néanmoins, il était mauvais descendeur, et ne tirait aucun profit, ni titre de ses ascensions.

 

Henri Desgranges décida alors que les coureurs atteignant les premiers sommets devraient être récompensés.

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Ce Tour de France fut remporté par Georges Speicher, avec l’équipe de France la plus prestigieuse de tous les temps : André Leducq, Antonin Magne, Charles Pelissier, Roger Lapébie, Maurice Archambaud, René le Grevès et Léon le Calvez. Pour la première fois, le doublé Tour de France-Championnats du monde sur route est réalisé par le même coureur.

 

Speicher et Leducq  et à droite mon grand-père qui court !

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On note aussi sur le Tour de de France 1933 l’apparition de la Gendarmerie qui escorte pour la première fois le peloton.

 

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Ci-dessous Georges Lemaire, 4ème du Tour de France 1933

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bonjour 

tous ces hommes ressemblait encore a des hommes et non as des machines bourrer de plein de produit plus chimique les uns que les autres 

 

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1934 : le premier contre-la-montre

 

Après le passage au Tour par équipes nationales et la création de la caravane publicitaire en 1930, Henri Desgrange ne s’arrête plus ! Il veut animer la course. Il avait déjà proposé, en 1927, les départs par équipe, séparés de 15 minutes. Puis, pour briser la monotonie de la randonnée vers Paris (après les derniers cols, les places sont souvent figées, et les coureurs brident la compétition), le charismatique patron de l’épreuve introduit, sur le Tour 1934, le premier contre-la-montre individuel.

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Desgrange a la volonté d’animer la course, et si possible, de provoquer des retournements de situation au classement général après vingt-et-une étape et demie. Pourquoi « et demie » ? Parce ce que ce contre-le-montre est une demie-étape, la deuxième de la journée après une étape en ligne de 81 kilomètres entre La Rochelle et La Roche-sur-Yon, remporté au sprint par René le Grevès. Pas le temps de respirer pour le pauvre Folco, trente-neuvième et lanterne rouge : il est le premier à prendre le départ du contre-le-montre à peine 5 minutes après être arrivé é de l’étape précédente !

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Devant l’épineux problème de l’ordre de départ, les organisateurs ont décidé de faire partir d’abord les classés aux places impaires dans l’ordre du classement. Les coureurs partent par intervalles de deux minutes. Antonin Magne, maillot jaune depuis la deuxième étape, part donc vingtième. Il doit s’arrêter à Thouaré-sur-Loire pour signer la feuille du contrôle fixe et gagne à Nantes au terme d’un effort long de h32’05 » (90 kilomètres). « Tonin » devance de 1’06 ‘’ Roger Lapébie, resté placide malgré la crevaison de son boyau de piste.

Preuve que Desgrange avait raison, Lapébie bouscule le classement et chipe la troisième place du Tour à René Vietto qui a perdu plus de une minute par kilomètre sur Magne ! Depuis cette première, cette épreuve à la veille de Paris est devenue une valeur sûre pour le suspense : le maillot jaune changera plus d’une fois !

 

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Le Tour de France de 1934 sera marqué également par le  courage et l'abnégation de René Vietto

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Tour de France 1934 : Vietto « le maudit « 

 

René Vietto n’a jamais gagné le Tour de France, pourtant, comme Eugène Christophe, Poulidor ou Jalabert, il est devenu, dès sa première apparition sur la Grande Boucle, le chouchou du public français. A l’instar de Charly Gaul, Federico Bahamontes, Lucien Van Impe ou Richard Virenque, il est considéré comme un des membres éminents du club très fermé des très grands vainqueurs. Mais René Vietto, malgré son talent, son panache et son courage, n’a jamais bénéficié du petit coup de pouce du destin qui aide aux grandes carrières.

 

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L’exemple le plus marquant est symbolisé par la très fameuse photo du « petit Prince René «, en larmes sur un muret, au bord de la route. Il a vingt ans, il débute dans le Tour de France et, déjà, le jeune Cannois étonne tous les spécialistes en avalant la montagne comme un ogre : bon grimpeur et surtout bon équipier, il sera frappé par le destin. Il a déjà gagné les étapes de Grenoble, de Digne et de Cannes (chez lui), et il passe en tête du col de Puymorens dans l quinzième étape entre Perpignan et Ax-les-Thermes. Antonin Magne, maillot jaune et leader des Tricolores, casse sa roue dans la descente. Très naturellement, Vietto s’arrête et lui offre la sienne : le rôle du parfait équipier. Mais la voiture qui doit l’aider à repartir perd un temps infini. Et René le maudit pleure comme un gamin ses rêves de victoire qui s’envolent.

 

 

 

 

 

 

 

Le lendemain, Antonin Magne, qui gagnera ce Tour 1934, a un nouveau problème avec une roue et le scénario se répète, René Vietto se sacrifie. « Il a été le héros du Tour et il en a été sa petite fleur bleue », écrit Jacques Goddet.

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Premier décès sur le Tour de France 1935 et l’affaire des jantes en duralumin

Le basque Espagnol Francesco Cepeda fut en 1935 le premier coureur décédé au Tour de France, tout au moins pendant la course elle-même. Il avait 29 ans.

Francesco Cepeda, gentil garçon au regard de braise et au sourire éclatant appartient à l’équipe d’Espagne « bis ». C’est un coureur modeste, dont le plus grand titre fut d’arriver en tête dans le Galibier en 1930, devant son compatriote Trueba. Depuis il a participé trois fois sans jamais voir le Parc des Princes.

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Dès la deuxième étape du Tour 1935 Lille-Charleville, les observateurs constatent que quelque chose « cloche. » Ce jour-là, il fait très chaud, les crevaisons sont innombrables et provoquent le désespoir des coureurs. Les nouvelles jantes en duralumin surchauffées sont-elles à l’origine des crevaisons ? d

Jusqu’aux Alpes iln’est fait mention de crevaisons anormales. Pourtant dans la cinquième étape, trois coureurs de l’équipe d’Espagne déclarent forfaits. On note aussi que dans la sixième étape, Evian-Aix les bains, l’italien Gerbi abandonne après avoir « été victime d’une chute sérieuse. » On sait aujourd’hui que c’

La septième étape Aix les Bains-Grenoble est attendue par tous. A Saint-Jean de Maurienne, Cepeda  déjante. Il répare à la hâte et rejoint un groupe dans lequel se trouve Vietto. Dans la descente du Lautaret, Cepeda est devant Vietto. Soudain son boyau avant « tourne ». Cepeda amorce un spectaculaire vol plané et s’affale sur le sol en terre battue en entraînant l’italien Vignoli dans sa chute. Vignoli, la clavicule brisée, ne repartira pas. Cepeda, aidé de quelques spectateurs, remonte en selle, mais ses forces l’abandonnent. Transporté dans une clinique de Grenoble, il est trépané le soir-même ce jeudi   11 juillet. Il décèdera le dimanche 14 juillet sans avoir repris connaissance.

était à la suite d’un déjantage.

Ci-dessous , la toilette à la fin d'une étape du Tour de 1935

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Tour 1936 : Le public et la presse sont au rendez-vous

 

Le public avait pris l’habitude, depuis les débuts de la Grande Boucle, de se presser aux bords des routes pour applaudir le peloton. En cette année 1936, le gouvernement du Front Populaire vient d’instituer les congés payés. Le Tour va ainsi connaître un succès sans précédents, des dizaines de milliers de travailleurs en vacances affluant au passage des géants de la route.

Partout la foule se masse, provoquant même des embouteillages

 

 

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Le Tour 36 est aussi marqué par l’implication de la presse de gauche, L’Humanité et Le Populaire; jusque-là mitigés voire un peu méfiants à l’égard de l’épreuve, jugée commerciale et chauvine, les deux quotidiens décident de s’en servir comme tribune au cours de l’été 36. En vérité, l’offensive a commencé en 35 de la part du journal communiste, qui a proposé à ses lecteurs des « leçons d’histoire » (lutte des classes, journées révolutionnaires) en fonction du parcours et des villes traversées par le Tour. Mais c’est Le Populaire qui se montre le plus actif et virulent en 36 ; tout en soulignant l’enthousiasme populaire et les millions de « poings levés » qui acclament la caravane et le peloton, y compris sur la côte d’Azur et à Nice malgré la « mairie fasciste » de Jean Médecin, les rédacteurs du Populaire pointent du doigt la dimension commerciale du Tour et les combines de L’Auto ; ils en appellent à une autre formule, plus sportive, plus humaine, plus égale ! Profitant enfin du passage du peloton dans les Pyrénées, Le Populaire tient à saluer les coureurs espagnols « républicains » ; le journaliste note même qu’il a croisé une carmélite ayant trouvé asile chez l’habitant où elle avait appris la coquetterie tout en se réjouissant du changement de régime ! Enfin, les quotidiens de gauche tiennent à condamner les accents et gestes de chauvinisme qui peuvent se produire sur la route ; toutefois, la « préférence nationale » et les stéréotypes pour qualifier les coureurs étrangers ne sont pas absents de certains articles de cette presse de gauche ; L’Humanité, surtout entre 37 et 39, n’hésite pas à pratiquer le lyrisme ou l’exaltation patriotique. Tandis que la presse de droite se félicite d’un Tour qui joue le rôle d’anesthésiant social et de parenthèse ou d’armistice dans la vie politique…

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La « poisse » de Vervaecke pour la 16 ème étape du Tour : Départ de Luchon dans des conditions dantesques de pluie et de brouillard. La route est boueuse et ravinée par la pluie. Dans Aspin, au sommet, le brouillard a disparu. Yvon Marie fait la course en tête suivi comme son ombre par Sylvère Maes et par Vervaecke. Il y a foule au sommet du Tourmalet, Marie passe encore en tête au milieu de spectateurs agglutinés en bord de route. La pluie revient. Yvon Marie ressent la fatigue et a laissé partir les deux autres, (il va crever de plus trois fois pour terminer 12ème de l’étape). Puis Maes va crever aussi, dépassé par Vervaecke qui lui passe sa roue, ce qui va lui permettre de gagner l’étape et le Tour. La poisse va s’abattre sur Vervaecke qui va avoir un problème de cadre. Il va prendre dix minutes de pénalité pour avoir emprunté un vélo muni d’un dérailleur à un spectateur. Puis une minute de pénalité supplémentaire pour avoir été ravitaillé par sa femme !                                                                                                                                                                                             Ci-dessus Vervaecke

              

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L’année 1937 voit officialiser le dérailleur

 

Plus de 15 kg, pignon fixe et pas de freins ; voilà le vélo des héros des premiers Tour de France.

Article 5 du règlement de 1903 : « Les bicyclettes de tous types sont admises à la condition qu’elles soient uniquement mues par la force musculaire, il est défendu de changer de machines en dehors des contrôles. Un touriste ou un cycliste local complaisant peut vous prêter sa machine en bon état et prendre la vôtre en mauvais état. »

Et depuis la « vélorution « est en route !

Première grande innovation : les freins avec patins, absolument nécessaires quand le Tour attaqua les premières vraies ascensions (le ballon d’Alsace en 1905 et les grands cols des Pyrénées en 1910), car les descentes sur les chemins de cailloux, de poussière et parfois de boue et de neige étaient extrêmement périlleuses. !

 

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Belle évolution aussi, la roue libre ; les cureurs pouvaient enfin arrêter quelques secondes de pédaler. Puis n inventa la roue arrière avec deux pignons : un pour la plaine, l’autre pour la montagne. Il suffisait de retourner la roue avant d’attaquer la montée. Progrès énorme !

La bagarre commerciale autour des premiers Tour de France, avec les grandes marques de fabricants de cycles (Alcyon, Peugeot, etc.) qui embauchaient les coureurs professionnels, bénéficie à tous les pratiquants, pros et touristes ; Le vélo est plus léger, plus solide, et plus maniable. Les jantes en bois vont disparaître), et les pneumatiques ont fait aussi d’énormes progrès. Mais il faudra attendre les années 1930 pour voir apparaître la première vraie révolution : le dérailleur.

Admis en course dès l’année 1933, le dérailleur sera utilisé officiellement en 1937 (victoire du Français René Lapébie).

 

 

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L’arrivée du changement de plateau, dans les années d’après-guerre, complètera ces progrès techniques où les nouveaux matériaux amèneront la seconde révolution : aluminium, titane puis carbone pour les roues et les cadres, pédales automatiques avec un système de sécurité hérité des fixations de ski (1985). De 20 kilos à6.8 kg, du bois au carbone, sans parler de la forme générale des bicyclettes. On peut vraiment parler de Vélorution.

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image.png.4501a0a7be126fc26a20be6d9f8da691.pngLes « ailes » de Gino Bartali pour le Tour de 1938

Au cours du Tour de France 1938, l'Italien Gino Bartali signe l'une des plus belles pages de l'histoire du cyclisme en s'adjugeant la Grande Boucle. Il est aussi le premier coureur a remporté le classement général et le Grand prix de la montagne.

A 24 ans, nanti de deux victoires dans le Giro et ceint du maillot de champion d'Italie, Gino Bartali se présente au départ de la Grande Boucle bardé de certitudes et d'ambition.
Depuis ses déboires de 1936, Henri Desgrange est réapparu auprès de Jacques Goddet. C'est de concert et en parfaite harmonie que les deux bonshommes s'apprêtent à lancer cette nouvelle kermesse de juillet. Une petite nouveauté est tout de même à signaler et concernera, une fois n'est pas coutume, le peloton des sans grades. En effet, afin d'inciter les attardés à plus de prérogatives et éviter que ceux-ci se contentent, comme de coutume, de végéter sous la férule des plus nantis, les organisateurs appliqueront le système dit de la Guillotine. Ce principe couperet aura pour but d'éliminer sans autre forme de procès la lanterne rouge au terme de chaque étape.
La participation est appréciable et laisse augurer une course de mouvements, même si le jeune trublion transalpin Bartali, à la tête d'une formation commando, fait figure d'épouvantail. Antonin Magne sera le coureur protégé de l'équipe de France tandis qu'André Leducq se contentera de driver la formation des Cadets, dont le paradoxe sera de compter dans ses rangs les deux vieux briscards mais surtout les deux fins limiers que sont Dédé, bien sûr, mais aussi le Roi René. L'extraordinaire et incomparable René Vietto qui, depuis ses exploits légendaires du Tour 1934, s'est plus distingué dans les colonnes des faits divers et les unes des magazines peoples que sur les routes de France et Navarre. Enfin, la formation belge compte sur Sylvère Maes, lauréat deux ans auparavant et, à un degré moindre, Félicien Vervaecke, pour damner le pion au juvénile et présomptueux toscan et aux vieilles gloires françaises

 Un incident banal et cocasse, aux conséquences moins risibles se produisit au départ du Vésinet. Alors que tous les vélos du peloton étaient équipés de dérailleurs Super Champion, un empêcheur de tourner en rond, le Roi René en personne, se présenta muni d'un dérailleur de la marque dijonnaise Simplex. Etant sous contrat avec la firme Super Champion, les organisateurs intimèrent l'ordre au meilleur grimpeur du Tour 1934 de changer de monture. Satisfait de son matériel, Vietto refusa l'injonction et après moult et vaines palabres ce sont les gendarmes qui mirent un terme à l'abracadabrantesque situation en confisquant manu militari l'objet du conflit. Le Normand s'exécuta bon gré mal gré mais se promit d'ignorer, à la première occasion, ces recommandations. Hélas pour le Roi René, la rencontre fortuite et malencontreuse d'un car, sur la route de Caen dès la première étape, le fit arriver hors délai au soir de l’étape. L'organisation, inflexible, et qui voyait là l'opportunité de châtier le sulfureux mais acariâtre larron, ne prit même pas la peine de le repêcher

 

Gino Bartali, soucieux de ne pas s'attirer trop tôt les foudres de ses adversaires patentés, décida de lâcher du lest dès les premières étapes. Ce fut alors à une course échevelée et des plus débridées. Les sept étapes initiales réservées aux baroudeurs et routiers sprinters de tous poils firent leur office et un panachage des plus hétéroclites se déroula chaque jour tant et si bien qu'à la veille d'aborder les premiers pourcentages des cols pyrénéens, l'inattendu et opportuniste vétéran Dédé se retrouvait, un peu par hasard, tout de Jaune vêtu.

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Dès la première étape pyrénéenne, Pau-Luchon, Gino le Pieux fit étalage de toute classe de mouflon des cimes. Comme à son habitude, Bartali se contente de suivre le troupeau pour finir par planter tout son monde dès les derniers lacets menant au sommet. Il agit de la sorte dans l'Aubisque, le Tourmalet et Aspin. Le Toscan se sentant soudain pousser des ailes décida alors de poursuivre seul la route et l'ascension de Peyresourde, dernière difficulté du jour, mais une chute impromptue dans la descente d'Aspin le contraignit à abandonner la victoire d'étape et le Maillot Jaune à l'un de ses plus dangereux adversaires, le Belge Félicien Vervaecke. Lors de cette journée, le Roi de Montlhéry, le bouillant et facétieux Georges Speicher, champion du monde en 1933, fut mis hors course par les commissaires pour s'être par trop accroché à un véhicule suiveur


Le lendemain, seconde étape pyrénéenne, accouchera d'une souris sous la forme d'un succès au sprint du Français Jean Fréchaut sur son compagnon d'échappée, l'Italien Enrico Mollo. Un contre-la-montre remporté par Vervaecke à Béziers et une étape en ligne glanée par Bartali à Marseille, entrecoupé d'un sprint rageur de Tonin à Montpellier, et nous voici rendu au pied de l'innommable massif alpin.
Bien sûr, Bartali, lorsque les dénivelés se présentent sous ses roues, apparaît invulnérable. Néanmoins, le Toscan, prudent, avait appris malgré son jeune âge à se méfier des grandes ficelles dégingandées à l'image de Vervaecke. En cette année 1938, le Belge s'annonce comme un adversaire des plus redoutables. En tant que leader provisoire de ce Tour, c'est à lui et à personne d'autre de faire front et de parer les multiples banderilles que ne manquera pas de lui asséner un Bartali au sommet de son art. Dès le départ de Digne, le Toscan se sentit des jambes de feu et c'est vrai qu'à le voir ainsi mouliner dans l'huile, ça devait le démanger, le bougre. En tête de colonne dès Allos, il commença à éparpiller tout son monde. Dans Vars, même punition, avec un peu plus de véhémence, toutefois. Lorsque Bartali osa un regard à l'arrière, lors des premiers lacets de l'Izoard, seuls demeuraient sur son porte-bagages l'Italien Mario Vicini et le Luxembourgeois Mathias Clémens. A 10 bornes du but, environ, il subodora que ses encombrants convives semblaient par trop sans gêne et décida alors de les abandonner à leur triste sort. Ce fut fait illico, à la manière de Gino, en souplesse et efficacité. Ensuite, et bien ensuite, ce fut un festival pour solo ravageur en classe majeure. A l'arrière, c'est l'hallali. Un témoin raconte. "Droit, puissant, souple, sans le moindre déhanchement, il disparut aux yeux de ses deux dernières victimes. Dans une courbe après la Casse Déserte, il jeta un regard vers la vallée, aperçut Vicini et lui adressa du bras levé un salut qui se voulait un encouragement, mais traduisait surtout son immense soulagement."

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Nos voisins transalpins Agitaient des drapeaux avec frénésie, vociférant et hurlant le nom de leur héros. « Ces gens ont trouvé un surhomme !", titrait, d'ailleurs l'excellent Georges Briquet, les tifosi étaient en transe. Lorsque Gino Bartali rejoignit, sous bonne escorte, son hôtel situé à Aix-les-Bains, un général italien repoussa d'un geste ample et seigneurial la foule agglutinée en hurlant :

« N’y touchez pas, c’est un Dieu !  «                                                                    Ci-contre Bartali en plein effort


La dernière étape allait être l'occasion d'un baroud d'honneur de deux de nos plus valeureuses légendes. La physionomie de la course allait se muer en tranche de souvenirs pour nos deux futurs retraités, Tonin et Dédé. A 68 printemps à eux deux, les papys s'apprêtaient, pour clore deux des plus fabuleuses et éloquentes carrières, à faire chavirer les foules. A Vallangoujard, la bien nommée, nos deux tourtereaux, prenaient la poudre d'escampette. La chaleur accablante ne fut nullement un obstacle à la démarche guerrière des deux potes. De concert, ils imprimèrent un rythme que d'aucun estima de soutenu pour s'envoler vers Paris au milieu d'une foule à l'enthousiasme démonstratif et communicatif. Le Parc des Princes explosa littéralement à l'entrée des deux gladiateurs dans l'arène surchauffée. A la manière de l'arrivée invraisemblable et énigmatique qui se déroula un demi-siècle plus tard sur les hauteurs de l'Alpe d'Huez, nos deux vétérans franchirent la ligne salvatrice bras dessus bras dessous, se tenant délibérément par l'épaule comme deux frangins. Cette louable et rare débauche de confraternité déclencha un tonnerre d'applaudissements assourdissants de la part d'une foule conquise et admirative. Le public du Tour possède ceci de peu commun et d'attachant, c'est qu'il ne cultive en aucun l'amnésie. Les images des quatre Grandes Boucles remportées avec panache et classe par nos deux héros émergent, soudain, à l'esprit de tous ces braves et inconditionnels mordus tels des icônes à jamais adoptées et honorées par la légende des Géants de la Route.


Seul l'ancien ajusteur de Renault, Victor Cosson, natif de Lorges dans le Loir-et-Cher et issu de l'Athlétique Club de Boulogne-Billancourt, était parvenu à tirer son épingle du jeu en montant sur la troisième place du podium. Heureux comme un pape, ce titi parisien bon teint, avait la verve aisée. Répondant du tac au tac à un journaliste lui demandant ce qui l'avait frappé lors de l'épreuve, Cosson rétorqua tout de go : "c'est d'être devancé par un fumeur invétéré ! Vous n'avez pas remarqué ? Le premier soin de Gino, après une arrivée, est d'allumer une cibiche, avant même d'aller aux douches ! Je peux même vous affirmez qu'il a gagné le Tour en fumant la pipe !". D'où l'expression.


Extrait d’un article de M. Crépel


 


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image.thumb.png.c31b47f8b2da9b759fd787e18032b4a6.pngPour le Tour de France de 1939, malgré des recherches approndies, je n'ai pas trouvé d'anecdotes particulières à vous raconter.

Il faut dire que le déclenchement de la guerre et l'appel à la mobilisation Générale qui est intervenue quasiment dès la fin de l'épreuve ont du releguer au second plan les commentaires des journalistes , et les récits de divers intervenants.

Hormis peut-être la multiplication des chutes, des blessés et des abandons, notamment dans l'étape de mont de Marsan.

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Tour de France 1939 : dernière édition avant la guerre

 

Le 10 juillet 1939, 79 coureurs cyclistes prennent le départ au Vésinet pour la première étape du 33e Tour de France, Paris-Caen. Ces forçats de la route se doutent-ils que cette édition 1939 sera suivie d’une longue interruption de sept ans ?
Allemagne, Italie, Espagne seront aux abonnés absents
Les signes sont pourtant là. Cette année, les cyclistes allemands, italiens et espagnols ne sont pas sur la ligne de départ. L’Italie de Mussolini la première a fait défection. Pour le quotidien Le Journal du 22 mars 1939 :

« Les relations se sont tendues de telle façon entre la France et l’Italie qu’il ne fut plus question de départ de routiers transalpins dans le Giro di Francia. »

Les Allemands suivent en avril. Selon les déclarations officielles pour des raisons « non politiques ». C’est la faible valeur du gain -en raison du taux de change, défavorable aux Allemands- qui les aurait poussés à renoncer.

 

image.png.8029afabe425d74237b210abd67d44e9.png Pour pallier l'absence de ces équipes, Henri Desgrange relance les équipes régionales, déjà présentes en 1928 et 1929. Quatre équipes de huit coureurs sont sélectionnées : Nord-Est-Île-de-France, Ouest, Sud-Ouest et Sud-Est. L'équipe Nord-Est-Île-de-France a pour tête d'affiche, à sa demande, Maurice Archambaud, qui a refusé l'équipe de France. René Vietto est présent au sein de l'équipe Sud-Est. L'équipe Ouest comprend notamment René Le Grevès et Pierre Cloarec

La Belgique apparaît favorite de cette édition, avec ses deux anciens vainqueurs Romain Maes et Sylvère Maes. L'équipe de France semble au contraire faible. Aucun de ses anciens lauréats du Tour n'est présent. Roger Lapébie, vainqueur en 1937, s'est fracturé le genou à l'arrivée de Bordeaux-Paris et Georges Speicher « s'abstient de participer ».

  Ci-contre : Vietto, l'artiste de cinéma Préjean et Maes

Jean-Marie Goasmat, Pierre Cogan et André Bramard, qui effectuent leur service militaire, n'obtiennent pas de permissions pour disputer l’épreuve

En l'absence des Italiens, la presse estime que les Belges n'ont pas de rivaux. Pourtant, les coureurs français vont assurer une concurrence tout au long des 18 étapes. René Vietto prend le maillot jaune à Lorient et le conserve jusqu'à Briançon, quelques jours avant l'arrivée à Paris. C'est finalement le Belge Sylvère Maes qui remporte l'épreuve et le Grand Prix de la montagne.

 

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En instaurant pour la première fois des équipes régionales, Henri Desgrange augmente la popularité de son épreuve, les spectateurs étant particulièrement sensibles aux performances des "locaux

 

                                                        Le coup de l'étrier !

                                         Un passage délicat

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Aujourd'hui, je vous propose de retrouver ci-après le parcours D'Henri Desgrange, dont le décès coïncide avec la suspension des Tours de France pendant la période de guerre.

je vous retrouverais pour la suite de cette fresque des années Tour de France après mon retour de voyage!

Bises à toutes

Fabienne

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Le Tour de France 1939 s'achève un mois avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Henri Desgrange envisage toujours l'organisation du Tour 1940, d'autant que s'installe la « drôle de guerre ». Il doit cependant y renoncer en raison des zones militaires inaccessibles à la course qui en réduisent le parcours à une « vessie dégonflée », et de la mise au service de l'effort de guerre de l'industrie. Henri Desgrange donne rendez-vous à l'été 1941, mais malade, il meurt le 16 août 1940 à Beauvallon . Jacques Goddet lui succédera à la direction de L'Auto.

 

Biographie

Henri Desgrange nait le31 janvier 1865 à Paris. Il a un frère jumeau, Georges-Léon, né une heure avant lui. Son père exerce la profession d'architecte et d'entrepreneur en maçonnerie. Henri Desgrange est élève au lycée Rollin et obtient son baccalauréat avec un an d'avance, puis est titulaire d'une licence de droit à 20 ans

Avant de devenir coureur puis journaliste, il débute dans la vie professionnelle comme clerc de notaire à l'étude Depeux-Dumesnil, près de la Place de Clichy.

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 Renonçant à devenir avocat, il se consacre au sport. Desgrange établit le premier record de l'heure cycliste validé sur piste à bicyclette, homologué le 11 mai 1893 au vélodrome Buffalo de Paris grâce à une distance de 35 km et 325 mètres. Il est en outre le détenteur de plusieurs dizaines d’autres records mondiaux, toujours sur piste, dont ceux des 50 et des 100 km. Il est aussi déclaré champion de tricycle en 1893

Alors qu'il est journaliste, il devient directeur du Parc des Princes en 1897, puis de l'Auto vélodrome d'Hiver à Paris en décembre 1903. Durant cette période, il publie également des livres : La tête et les jambes (1894), Alphonse Marcaux (1899). Il devient directeur et rédacteur en chef d'un nouveau journal, le quotidien sportif L'Auto-Vélo en 1900, rebaptisé L'Auto en 1903. Il collabore aussi à des revues : La bicyclette, Paris-vélo, le journal des sports. En 1915, il s'engage comme simple soldat dans la Première Guerre mondiale qu'il termine comme officier. Sur ses vieux jours, il reste sportif, pratiquant le cyclotourisme et le cross-country

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Création du Tour de France

Henri Desgrange devient en 1903 le maître d'œuvre d'une épreuve sur route inédite, le Tour de France, suite à une idée de son journaliste Géo Lefèvre. Il reste l'organisateur du Tour, interrompu par la guerre, jusqu'en 1936, année où il quitte le Tour en pleine course à Charleville. Il passe dès lors le témoin de la direction de course à Jacques Goddet.mais revient codiriger en 1937, 1938 et 1939 avec celui-ci. Un monument à la mémoire d'Henri Desgrange a été élevé, à la suite d'une souscription, au sommet du col du Galibier. Un prix Henri-Desgrange récompense chaque année sur le Tour de France le cycliste qui franchit ce sommet en tête.

Création des Audax Français

A noter que, s'agissant d'une formule moins prestigieuse que le Tour de France, Henri Desgrange crée en 1904 les Audax Français (*), séduit par une formule découverte en Italie. "Desgrange, Géo Lefèvre et Charles Stourm vont fonder les Audax Français. Régulièrement, en 1903, l'Auto fait part de l'activité des Audax italiens. Et de leur projet d'excursion Turin-Paris prévu pour l'été 1904. Géo Lefèvre, qui se colle à l'exercice, suggère alors que les cyclistes français pourraient aller à leur rencontre, dans le cadre de l'organisation du journal. Et cela donne l'idée d'un groupement français de même nature.

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Si bien que le 7 janvier 1904, Desgrange peut annoncer la création des Audax français." Henri Desgrange, l'Homme qui créa le Tour de France, de Jacques Seray et Jacques Lablaine, Editions Cristel. Cette idée va donner de l'élan à l'activité cycliste sur les longues distances qui vont aboutir aux brevets randonneurs dont le plus célèbre est le Paris-Brest-Paris (1200 km).
(*) En effet, si aujourd'hui tout le monde connait le Tour de France, les Audax ne sont connus que du milieu cyclotouriste.

 

Citation

- « Rude dans son comportement, rude dans ses expressions, rude envers lui-même plus encore qu'envers ses collaborateurs, Henri Desgrange a considéré la vie comme un combat permanent. » Jacques Goddet

 

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Me revoilà avec mes histoires du Tour de France. J'espère ne pas vous importuner! Et si c'est le cas, tant pis.....

Nous sommes maintenant en 1946 :

La ronde de France de 1946

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   La guerre s'est terminée trop récemment et les destructions, les restrictions en approvisionnements, les moyens de transport... ne permettent pas de relancer le Tour de France dès cette année.
  Pour faire patienter les Français, les journaux "Ce Soir" et "Sports" décident d'organiser une course à étapes début juillet, de Bordeaux à Grenoble, qui emprunte les cols pyrénéens et alpins. Les coureurs professionnels, par équipe de marque, sont bien représentés même s'il manque les deux grands cracks italiens Bartali & Coppi. Néanmoins les Italiens présents viennent de courir le Giro et sont en forme en particulier Bresci (6ème du Giro 46) va remporter cette épreuve qui, avec Monaco-Paris organisée quelques jours plus tard, constituent le prélude à la reprise du "grand" Tour en 1947.

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La petite histoire :
- L'équipe URAGO n'était pas prévue, elle a été engagée in extremis.
- Alfred Macorig est encore Italien en juillet. Il deviendra Français en novembre 46.
- Le directeur de la course est M. Gaston Bensan.
- Les vainqueurs d'étape gagnent 10.000 frs jusqu'au 20ème : 500 frs, le vainqueur du classement général : 100.000 frs jusqu'au 25ème : 2000 frs.
- Le trophée "Le Simplex" consacre le meilleur grimpeur de la Ronde de France (20.000 frs au premier). Des points sont attribués aux 4 premiers des cols suivants : Aubisque, Tourmalet, Galibier, Croix-de-Fer (5 pts, 3, 2, 1.). La position au classement général départage les éventuels ex-aequo.
- Le "Prix du meilleur placé" est offert par "Miroir-Sprint". A chaque étape, les 5 premiers se voient attribués : 10, 6, 4, 2 & 1 pts. Des bonus de 10 pts sont attribués si le premier arrive détaché avec plus de 5 minutes d'avance. La position au classement général départage les éventuels ex-aequo. Le premier de ce classement gagne 10.000 frs.
- Le challenge par équipes "Trophée Sports" est attribué à l'équipe (et non la marque, certaines marques ont deux équipes - voir la liste des partants) dont les trois premiers coureurs classés auront obtenu le meilleur temps par totalisation de leurs temps respectifs au classement général. S'il y a moins de trois coureurs, les coureurs absents ont le temps du dernier + 1 heure. L'équipe vainqueur remporte un objet d'art + 30.000 frs.

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Le coup de tonnerre de Robic pendant le Tour 1947

 

 

 

Enfin, le Tour est de retour. Pendant sept ans, l'épreuve a fait les frais de la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs champions de l'époque, dont Magne, Leducq ou Archambaud ont été mobilisés sur le front. Alors que les Tours d'Espagne et d'Italie se poursuivent, l'organisateur Jacques Goddet, qui a pris la succession d'Henri Desgrange, décédé à la suite d'une opération en 1940, ne tenait pas à demander à la puissance occupante une autorisation de franchir la ligne de démarcation.

Le Tour aurait fait les joies de la propagande allemande qui a d'ailleurs tenté d'organiser une épreuve, le Circuit de France, qui n'a pas eu le succès espéré. C'est l'inverse de la Grande Boucle, disputée en 1947 sous l'égide du journal L'Équipe, qui a remplacé L'Auto à la libération. Au départ de Paris, les supporteurs n'ont d'yeux que pour le Cannois René Vietto, deuxième en 1939 et animateur hors pair du Tour en 1934.

 

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Le Tour de France 1947 s'inscrit dans la période de 1905 à 1951, durant laquelle le parcours de la course réalise un « chemin de ronde », collant aux frontières de l'Hexagone.

. Par ailleurs, le Tour se déroule dans deux pays non visités précédemment avec Bruxelles (Belgique) et Luxembourg (Luxembourg).

 

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Vietto, Robic et Ronconi, le trio décisif

 

Dès la 2e étape, entre Lille et Bruxelles, Vietto s'offre 130 km d'échappée sous un soleil brûlant et endosse le maillot jaune. Dans les Alpes, le Cannois doit faire face aux offensives de deux coureurs : l'Italien Aldo Ronconi et le Breton Jean Robic, qui porte les couleurs de l'équipe de l'Ouest. Ce dernier remporte l'étape de Grenoble après une échappée spectaculaire dans le col du Cucheron. Ranconi en profite pour récupérer le maillot jaune, mais le cède deux jours plus tard à Vietto, vainqueur autoritaire à Briançon.

 

 

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Dans les Pyrénées, Robic attaque à nouveau. Il s'impose à Pau et revient à 8'08'' de Vietto, dont le dauphin est désormais l'Italien Pierre Brambilla, toujours dans le peloton de tête pendant les étapes de montagne. Quatre jours après l'arrivée à Pau, alors que les positions sont figées au classement général, un contre-la-montre de 139 km entre Vannes et Saint-Brieuc redistribue les cartes.

Le Belge Raymond Impanis s'impose, Robic (2e à 4'54''), Ronconi (à 6'32'') et Brambilla (5e à 8') tiennent bon, mais Vietto déchante. Le coureur pointe à la 15e place et concède 14'40'' au vainqueur du jour. Au général, il dégringole à la 4e place, laissant le maillot jaune à Pierre Brambilla, à deux jours de l'arrivée à Paris. Robic, lui, pointe à 2'58'' et sait qu'il lui reste encore un coup à jouer.

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Ci-contre Gino Bartali

À 135 km de l'arrivée finale, entre Caen et la capitale, alors qu'une échappée s'est constituée depuis longtemps, le Breton parvient à fausser compagnie au leader. Brambilla ne parvient pas à suivre et Robic, seulement 8e de l'étape, remporte le Tour de France. Le président du Conseil de la République, Gaston Monnerville, lui remet alors le maillot jaune, qu'il endosse pour la première fois.

« Je te ramènerai le Tour de France »

 

Le grand public découvre alors ce petit Breton au caractère bien trempé, qui a dédié sa vie à la petite reine. Il était juché sur son vélo quand il a pris part à l'Exode, en 1940, et continuait à participer à des courses alors qu'il se cachait à Paris. Robic s'impose ensuite lors du Tour du Renouveau – la première course organisée après-guerre par le journal L'Équipe, entre Paris et Monaco en 1946 – avant de briller sur le Tour.

À Radenac, cette petite commune du Morbihan où il a grandi, la nouvelle se répand vite : le curé, qui avait eu le petit Robic comme enfant de chœur, a fait sonner les cloches dès qu'il a entendu le résultat à la radio. Fier, ne supportant pas la critique, le Breton savait qu'il pouvait renverser le scénario de ce Tour de France. À sa femme Raymonde, avec qui Jean s'était marié quelques semaines plus tôt, il avait confié : « Je n'ai pas de fortune à t'offrir, mais je te ramènerai le Tour de France. »

Jean Robic gagne le Tour à la dernière étape sans avoir jamais porté le maillot jaune ! Ce cas, le premier, ne s'est depuis reproduit qu'en 1968.

 

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Coup de chaleur et fièvre aphteuse

 

La 4e étape entre Luxembourg et Strasbourg est marquée par une chaleur écrasante. Plusieurs coureurs se jettent dans les cours d'eau ou des fontaines pour se rafraîchir.

 

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Raphaël Géminiani, lui, se jette dans un abreuvoir touché par la fièvre aphteuse. L'aphte s'est vite développé à cause de la chaleur mais Géminiani a pu terminer l'étape accroché à Jean de Gribaldy.

Il a ensuite été transporté à l'hôpital de Strasbourg où il dit être resté barbouillé de crème et en collant, sans soins pendant 2 jours, avant que son frère, qui le recherchait, ne le retrouve.

 

 

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1948 : Gino « le Pieux », Gino le vieux

                                                                                                                                                                                                                                                                              L.Bobet et G. Bartali

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Le Tour de France 1948 est marqué par un somptueux duel entre l'Italien Gino Bartali et le Français de Saint-Méen Louison Bobet.

Tour et retour : unique dans la belle histoire de la Grande Boucle, le destin du champion italien Gino Bartali. Il va gagner le Tour de France en 1938 et 1948, à dix ans d’intervalle. Un véritable exploit dû à ses deux secrets ;

Gino vient d’avoir vingt-quatre ans en 1938. Il a déjà prouvé l’année précédente qu’il était un excellent grimpeur et surtout qu’il était un des rares coureurs du Tour à savoir se servir des nouveaux changements de vitesse enfin autorisés sur le Tour de France. Son secret technique : Una ancien coureur italien, Ge Tullio Campagnolo, vient d’inventer un dérailleur, le « Cambio Corsa ». Bartoli, avec beaucoup de finesse, réussit à changer de pignon et à donner un petit coup de pédale en arrière sans perdre de vitesse et faire sauter la chaîne. Un expert ! Cela ajouté à sa classe naturelle, et Gino le bricolo s’impose dans l’équipe d’Italie dix-sept ans après Bottechia et gagne le Tour 1938. Revanche sur le sort, il avait dû abandonner en 1937 après une chute spectaculaire dans un torrent alors qu’il était maillot jaune.

Le second secret de Bartali ne l’est pas resté très longtemps., ni en Italie, ni ailleurs.  Une petite médaille portée ostensiblement hors de son maillot explique tout : Gino est croyant, catholique pratiquant, et se réfère sans cesse au ciel et aux saints.  On l’a vite surnommé « Gino le pieux ».

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En ce lendemain de fête nationale, treizième étape du Tour de France 1948, le "Boulanger de Saint-Méen" est aux anges. Louison Bobet ne vient-il pas, en effet, de triompher sur la Croisette, à Cannes, un 14 juillet et, par la même occasion, d'accentuer, un peu plus la marge confortable d'avance qu'il possède sur ses adversaires ? Les rivaux de Louison, surnom autant affectueux qu'ironique donné à Bobet lors du Tour 1947, où contraint à l'abandon dans la vallée du Guil, il s'était effondré en larmes, ont pour nom Roger Lambrecht, Belge bon teint, son compatriote Raymond Impanis et l'inusable transalpin Gino Bartali. Ces trois hommes possèdent néanmoins un retard respectif assez conséquent sur le porteur du Maillot Jaune à savoir, 2'30", 9'00" et 21'00". Pour le vétéran italien, l'affaire n'est pas aisée mais lorsque l'on connaît sa prédilection chronique et sa prédisposition innée pour les ascensions en général, et l'Izoard en particulier, on serait tenté de réviser un jugement logique par trop hâtif. En outre, n'a-t-il pas assommé partenaires et adversaires en ce lieu dix ans plus tôt ?

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Toujours est-il que Gino le Pieux, inspiré comme jamais, se remémorant ses exploits passés, a bien l'intention de mettre au pas ce jeune freluquet de 23 balais. Le col d'Allos se présente alors devant un peloton encore groupé. Comme à l'accoutumée, à l'entame d'une étape montagneuse, les énergies sont concentrées au paroxysme du supportable. Pourtant, c'est notre Jean Robic national qui déclenche les hostilités dès les premiers lacets. Bartali, un instant surpris, balbutie quelque peu ses gammes avant de stabiliser son onctueuse pédalée et passer au sommet une minute derrière le Breton virevoltant. Auteur d'une descente dont il a le secret et d'un bout droit hargneux et volontaire dans la vallée, Biquet se trouve toujours aux avant-postes au franchissement du col de Vars. A ce moment précis, Jean Robic est victime d'une terrible et violente défaillance. Arc-bouté sur sa monture, les jambes flageolantes, le buste désarticulé par l'effort colossal consenti pour la circonstance, l'Armoricain progresse avec difficulté mais toujours avec l'abnégation du Breton, qu'il demeure viscéralement. Refusant obstinément de mettre pied à terre malgré une agonie de tous les instants, il terminera l'étape à près de 25 minutes du lauréat du jour.

image.gif.1b7402e61d4a93886c433ceb3c2f7c14.gif                                                                                                                                                              Dénivellés impressionnants !

En onzième position au moment de basculer au sommet de Vars, Louison Bobet, descendeur émérite et un soupçon casse-cou, rejoint le groupe de chasse derrière Gino Bartali. Entre temps, Biquet, à pied, qui a aperçu plus que vu Gino le Pieux le happer puis l'abandonner à son triste sort, s'est alors calé dans les roues de ses poursuivants. Il y a là, outre Bobet revenu du diable Vauvert dans la descente, l'Italien Fermo Camellini. Au lieu-dit Guillestre, le trio, nouvellement constitué, va tenter de colmater un tant soit peu l'hémorragie. Pendant que le jovial transalpin, survolté par la tournure avantageuse, pour lui, prise par les événements, gambade comme à ses plus beaux jours, le petit groupe s'échine, de concert, se relayant encore et encore sans rechigner à la tâche. La course est belle et limpide, la poursuite généreuse et effrénée. Du grand spectacle offert aux nombreux badauds, tifosis hilares pour la plupart, venus encouragés ces funambules des temps modernes sur leur drôle de machine. Oui, tout irait pour le mieux si, d'aventure, les dieux de la petite reine n'en avaient pas décidé autrement.

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Or, et c'est bien connu, ces derniers, prennent un malin plaisir, et c'est un euphémisme, à tourmenter nos "Bayard" du XXème siècle. Cette fois encore, c'est sous la forme d'une chute qu'ils allaient parvenir à leur fin. A l'attaque de la dernière difficulté, et non la moindre, le majestueux et inénarrable Izoard, Louison Bobet, impérial dans la détresse jusque-là, s'affale sur le macadam, tel un pantin désarticulé et comble de malchance brise le cadre de son vélo. Hélant en vain un secours loin d'être prompt à intervenir, le Maillot Jaune, déboussolé et abattu par tant de coups du sort, geint et se lamente sur l'inexorabilité de la situation. Malgré la tempête qui sévit soudain, Gino Bartali, lui, redouble d'entrain. Retrouvant une maîtrise de l'escalade qui l'avait vu devenir roi, une décennie auparavant, l'homme de Ponte à Enna écrase encore un peu plus les pédales comme s'il devinait le drame qui se nouait quelques lacets plus en aval. A mi-pente de l'ogre Alpin, le Pieux possède la bagatelle de onze minutes d'avance sur un quatuor emmené par l'irascible Louison Bobet, et oui, son compatriote, le génial Roi René Vietto, en personne, et les rescapés de la première heure que sont Lambrecht et Camellini.

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Au sommet, le retard des quatre besogneux est de l'ordre de vingt minutes. C'est dire si le paletot jaune du Boulanger de Saint-Méen s'effiloche tel neige au soleil. Menacé comme jamais, le Breton se lance comme un damné dans la descente vertigineuse. Faisant fi de toutes règles élémentaires de prudence, il dévale la pente abrupte tel un skieur à la limite. Malgré la rage et la ténacité du vieux briscard du vétéran transalpin, Louison Bobet, imperturbable, parviendra à sauver l'essentiel pour 51 misérables secondes. Tout ça pour ça. En revanche, les mouches avaient changé d'âne ce jour-là. Les deux étapes alpestres qui s'ensuivront seront le reflet exact mais tout en nuance de cette passation de pouvoir. Un Italien dominateur implacable et revanchard. Le Galibier et la Croix de Fer, d'abord, lors de la quatorzième étape puis Les Aravis et La Forclaz, le jour suivant, seront les hôtes d'un Bartali au sommet de son art. La marche triomphale de Gino le Pieux a débuté d

Gino Bartali remporte le Tour de France pour la seconde fois, dix ans après son premier succès, un exploit qui fait encore date. Louison Bobet, exténué, terminera au pied du podium à Paris. Belle récompense, néanmoins, pour un garçon de 23 ans, dont le règne est à venir. A sa décharge, il serait de bon ton de rappeler que notre Boulanger de Saint-Méen fut victime, après son arrivée triomphale à Biarritz, d'une blessure récalcitrante au pied qui le handicapera durant une bonne partie de ce Tour 1948. Alors, ceint du Maillot Jaune, le Breton s'évanouira, même à l'arrivée de l'étape qui conduisait le peloton à San Remo. Mais comme nous le savons tous, le Breton est un roc, et c'est en compagnie d'un autre très grand bonhomme de la légende, Apo Lazaridès, que Louison Bobet voltigera, le lendemain, sur les pentes du Turini, fief emblématique du rallye de Monte Carlo, pour infliger à Gino Bartali une punition sévère mais non inéluctable, malheureusement, avoisinant les sept minutes. Bartali, un coursier au panache sans cesse en éveil mais au crépuscule d'une éblouissante carrière, passait en quelque sorte le relais à un Bobet, autre coureur aux velléités offensives exacerbées, mais à l'aube de celle-ci ! Toute la légende dans sa continuité !

« Bartali étincelant vainqueur du Tour de France », titre l’Auto le lundi premier août 1938. Dix ans plus tard, nouvelle victoire et foi intacte. « J’espère que du paradis M.Desgrange me voit et m’estime toujours », déclare le champion italien après sa victoire, dédie entre autres à l’ancien patron du Tour décédé. Il a trente-quatre ans en 1948 : au sommet de sa gloire, il prend le meilleur sur Louison Bobet, déjà très ambitieux, et gagne surtout sept étapes, dont une très chère à son cœur : Lourdes !

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Nous voici maintenant en 1949 :

Le Duo-duel de la Boucle 1949

 

Anquetil-Poulidor, Leducq-Magne, Armstrong-Ullrich, Contador-Schleck, etc. La légende du Tour se nourrit de ces batailles entre deux champions, de ces duos qui pimentent les courses, enflamment les supporters et déchaînent les passions.

 

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La rivalité entre Fausto Coppi et Gino Bartali est un sommet dans l’histoire du Tour. Tout les oppose : Gino est musclé, puissant, croyant, a un visage de boxeur, est l’image de l’Italie de la campagne. Fausto est fin, longiligne, plus jeune, plus moderne, capable de quitter son épouse pour une passion amoureuse…et l’Italie est divisée entre ces deux champions qui vont pourtant se retrouver dans la Squadra Azzurra en 1949. 

Le Campionissimo, Fausto Coppi, restera pendant des dizaines d’années La référence pour un nouveau cyclisme où tout est important : le travail, l’entraînement, la tactique et la technique. Coppi a préféré une technologie française pour son dérailleur, le fameux Simplex, qui fera beaucoup d’adeptes grâce à son exemple.

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Si Gino Bartali rimait avec paradis, Fausto Coppi, lui, était bien « le champion d’un autre monde » comme le disait en souriant Géminiani. Bartali avait étonné les passionnés en gagnant le Tour deux fois à dix ans d’intervalle. Coppi suscitera une plus grande admiration encore en gagnant la même année le Tour d’Italie (Giro) et le Tour de France. Deux victoires dans la Grande Boucle en trois participations.

Il faut reconnaître à cette occasion le magnifique travail et la diplomatie efficace d’Alfredo Binda, qui avait réussi à faire signer un pacte de non-agression aux deux champions avant le départ.

     Ci-contre : Gino Bartali et Fausto Coppi

 

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Premières étapes

 

Roger Lambrecht battant Jacques Marinelli à l'arrivée de l'étape Reims-Bruxelles.

Les vainqueurs des trois premières étapes endossent tour à tour le maillot jaune. Marcel Dussault, de l'équipe Centre-Sud-ouest s'impose avec 25 secondes d'avance à Reims ; Cinquième de cette première étape, le Belge Roger Lambrecht bat au sprint Jacques Marinelli au stade du Heysel de Bruxelles. Un autre Belge, Norbert Callens, s'impose aussi au sprint dans un groupe d'échappés, à Boulogne-sur-Mer.

Marinelli maillot jaune, Coppi retardé

 

Entre Boulogne et Rouen, quinze coureurs sont échappés pendant 152 km. Maurice Diot, Jacques Marinelli et Lucien Teisseire s'extraient de ce groupe à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée. Diot est retardé par une crevaison. Teisseire s'impose devant Marinelli, qui prend le maillot jaune. Il garde la première place pendant une semaine.

Discret depuis le depuis de la course, Coppi compte, comme Bartali, plus de 18 minutes de retard au classement général. Il décide d'attaquer lors de l'étape Rouen-Saint-Malo. Il rattrape trois coureurs échappés en début d'étape, et en ramène plusieurs autres avec lui, dont Marinelli. À Caen, celui-ci est déséquilibré en essayant de saisir une cannette et entraîne Fausto Coppi dans sa chute. Coppi doit attendre sept minutes pour voir arriver son vélo de remplacement. Bien qu'attendu dans un premier temps par ses équipiers, dont Bartali, Coppi perd encore du temps, « pédale presque à une cadence de facteur ». Il arrive avec 18 min 40 de retard, et accuse désormais un débours de près de 37 minutes au classement général. Reprochant au directeur d'équipe Binda de ne pas avoir été derrière lui pendant l'échappée, il décide alors d'abandonner avant de se raviser. Marinelli, arrivé quatrième à Saint-Malo, dans le même temps que le vainqueur Ferdi Kübler, compte désormais une demi-heure d'avance au classement général. Aux Sables-d'Olonne, Adolphe Deledda gagne l'étape devant le Belge Stan Ockers.

image.jpeg.fa5e404df2a4db88d046f968388ac1e6.jpeg                                                                                                                              Ci-contre : Ferdi Kûbler, champion suisse,  décédé en 2016

Après la première journée de repos, Fausto Coppi gagne le contre-la-montre entre Les Sables-d'Olonne et La Rochelle. Il devance Ferdi Kubler d'une minute et trente-deux secondes, le Belge Rik Van Steenbergen de près de trois minutes. Marinelli, 22e à 7 minutes 32, garde le maillot jaune ; Kubler est désormais deuxième, avec huit minutes et demie de retard.

À Bordeaux, Guy Lapébie gagne « chez lui », au sprint, devant Rik Van Steenbergen et sept autres coureurs échappés avec eux. Le lendemain, le Tour arrive pour la première fois en Espagne. Les six participants espagnols du Tour ont déjà abandonné. Un groupe de cinq coureurs arrive à Saint-Sébastien avec une minute et demi d'avance sur le peloton. Le Français Louis Caput, de l'équipe Île-de-France, gagne devant Stan Ockers, désormais quatrième au classement général.

Magni passe les Pyrénées en jaune

 

Lors de la dixième étape, les Français Edouard Fachleitner (Sud-Est) et Bernard Gauthier (équipe de France), les Italiens Fiorenzo Magni (cadet italien), Serafino Biagioni (équipe d’Italie) et Raymond Impanis s'échappent du peloton. Gauthier ne parvient pas à les accompagner et termine l'étape hors délai. Les quatre autres parcourent 180 km en tête de la course et arrivent à Pau avec 20 minutes d'avance sur le peloton. Magni gagne devant Impanis, Biagioni et Fachleitner, et s'empare du maillot jaune. L'équipe de France perd cinq coureurs dont Louison Bobet, souffrant depuis le début du Tour, et Guy Lapébie.

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Magni passe les Pyrénées en jaune

 

Lors de la dixième étape, les Français Edouard Fachleitner (Sud-Est) et Bernard Gauthier (équipe de France), les Italiens Fiorenzo Magni (cadet italien), Serafino Biagioni (équipe d’Italie) et Raymond Impanis s'échappent du peloton. Gauthier ne parvient pas à les accompagner et termine l'étape hors délai. Les quatre autres parcourent 180 km en tête de la course et arrivent à Pau avec 20 minutes d'avance sur le peloton. Magni gagne devant Impanis, Biagioni et Fachleitner, et s'empare du maillot jaune. L'équipe de France perd cinq coureurs dont Louison Bobet, souffrant depuis le début du Tour, et Guy Lapébie.

Après une journée de repos arrive la grande étape pyrénéenne, de Pau à Luchon. Dans la montée du col d'Aubisque, tandis que Bartali tombe, Coppi attaque. Il est d'abord accompagné d'Apo et Lucien Lazarides et Jean Robic, puis part seul et passe le col avec une minute et demi d'avance sur Apo Lazarides. Dans la descente, Coppi est ralenti par une crevaison et rattrapé par Bartali et Apo Lazarides, puis par Lucien Lazarides et Robic. Il passe le premier aux cols du Tourmalet et d'Aspin, sans être parvenu à distancer ses compagnons. Bartali est distancé dans la descente d'Aspin à la suite d'une crevaison. Dans la montée du col de Peyresourde, c'est au tour de Coppi d'être retardé par une crevaison. Les frères Lazarides et Robic prennent le large. À Luchon, Robic gagne l'étape devant Lucien Lazarides. Son frère Apo, accroché par un véhicule dans la descente, perd six minutes. Les Italiens, qui avaient prévu que Coppi et Bartali s'échappent ensemble, ne sont pas parvenus à mettre leur plan à exécution. Coppi troisième de l'étape, à 57 secondes, a cependant fait forte impression. Georges Speicher et Antonin Magne prédisent : « à Paris il arrivera dans un fauteuil ! » Malgré ses seize minutes de retard sur Robic, Fiorenzo Magni garde le maillot jaune.

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Apo Lazarides et Lucien Teisseire lors de la journée de repos à Toulouse.

 

 

 

Les quatre étapes suivantes ont peu d'effet sur le classement général. Rik Van Steenbergen s'impose au sprint à Toulouse. Émile Idée gagne ensuite à Nîmes, Jean Goldschmit à Marseille et Désiré Keteleer à Cannes.

 

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Coppi et Bartali dominent dans les Alpes

 

Lors de la première étape alpestre, entre Cannes et Briançon, Coppi et Bartali parviennent cette fois à s'échapper ensemble. Ils collaborent en bonne entente et Coppi laisse à Bartali la victoire d'étape, le jour de ses 35 ans. Celui-ci est désormais maillot jaune, devant Coppi. Le lendemain, dans l'ascension du col du Petit-Saint-Bernard, ils procèdent de la même manière. Bartali subit cependant une crevaison. Coppi reçoit l'autorisation de ne pas l'attendre. Il gagne à Aoste avec près de 5 minutes d'avance sur Bartali, 10 sur Jean Robic, et prend le maillot jaune.

 

 

 

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Dernières étapes

 

Lors du contre-la-montre entre Colmar et Nancy, Coppi écrase la concurrence. Il rejoint Jean Robic et Stan Ockers, partis respectivement 8 et 12 minutes avant lui, et met hors-délai 20 coureurs, repêchés par la direction de course. Il gagne avec 7 minutes d'avance sur Bartali, deuxième. La dernière étape se conclut par un sprint sur la piste du parc des Princes. Van Steenbergen s'impose devant Ocker, Corrieri, Robic et Bartali.

Bilan

 

Coppi devient le premier coureur à gagner la même année Tour d'Italie et Tour de France.

La domination des coureurs italiens se reflète également dans le fait que les douze coureurs de l'équipe d'Italie ont terminé la course, tandis que les équipes de France et de Belgique ont perdu respectivement cinq et six coureurs.

 

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Tour 1950 : La soif de Zaaf

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Drôle d’année que cette année 1950, marquée par le déclenchement de la guerre de Corée, la mort d’Albert Lebrun et de Léon Blum, le succès incroyable de la 2 CV, ou l’exploit de Maurice Herzog, Lionel Terray, Louis Lachenal et Gaston Rebuffat qui réussissent la première ascension de l’Annapurna (8078 mètres). Drôle d’année marquée aussi par la victoire de Ferdi Kübler dans le Tour de France, premier suisse à gagner la grande Boucle.

Et marquée aussi par la fameuse soif de Zaaf.

Abdelkader Zaaf, coureur hors norme né à Chebli, en Algérie, est engagé pour ce Tour de France dans l’équipe d’Afrique du Nord. Sa spécialité, c’est casser la barque, c’est-à-dire attaquer n’importe où, n’importe quand, quelles que soient les circonstances de courses. A tel point qu’en 1951, une de ses échappées foldingues sera à deux doigts de provoquer l’élimination de Fausto Coppi.

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Le jeudi 27 juillet 1950, canicule, chaleur terrible entre Perpignan et Nîmes. Abdelkader n’a pas attaqué ce jour-là, c’est le soleil qui l’attaque, grave ! Epuisé, déshydraté, K.O, il s’effondre sur le bord de la route. On adosse le malheureux contre un arbre, à l’ombre. Gros malaise pour Abdelkader qui, malgré sa casquette, est victime d’une terrible insolation. Des viticulteurs charitables vont l’aider.

L’histoire ne dit pas exactement comment ! vont-ils l’arroser, Le faire boire ? On raconte que Zaaf repartira en empestant le vin, lui dont la réputation était d ne jamais boire d’alcool. Et surtout, scène tout à fait insolite, il va enfourcher son vélo et repartir sur la route du Tour…à l’envers !

Légende que tout cela, la chaleur, la fatigue et surtout l’ingestion d’amphétamines Zaaf a été victime d'un malaise et il s'est écroulé au bord de la route. Des vignerons qui se trouvaient là l'ont adossé contre un platane (voir photo ci-contre) et comme ils n'avaient pas d'eau sous la main l'ont aspergé avec du vin. De plus Zaaf en bon musulman pratiquant ne buvait pas de vin ça ne l'empêchait pas de poser avec un verre de St Raphael à la main). Ayant retrouvé ses esprits, ou presque, enfourchait son vélo mais repartait en sens inverse. L’organisation étant ce qu’elle était à cette époque, on ne sait trop comment il se retrouvait nez à nez avec la voiture-balai. Sans doute le peloton était passé devant son platane pendant son malaise. Il empestait la vinasse d’où cette histoire qui fit le bonheur des salles de rédaction. Bonne pioche, devenu populaire il fut invité  à de nombreux critériums d’après-Tour. Et comme en 1951 il s’octroyait la lanterne rouge du Tour Abdelkader Zaaf entrait dans la légende de celui-ci.

Et puis, le peloton se mouille aussi en 1950

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Question pour des champions : pourquoi, pendant des années, le tour n’est plus passé sur la Côte d’Azur ?

Réponse : parce que le samedi 29 juillet 1950, les coureurs de la Grande Boucle ont décidé, sur un coup de tête, de plonger dans la grande bleue !

Explications : on se souvient que la France, cette année-là, est soumise à une canicule extraordinaire. La plupart des coureurs souffrent le martyre. Déshydratation permanente. Tout est bon pour se rafraîchir, se protéger et garder un minimum de forces : les fontaines, les jets d’eau, les tuyaux d’arrosage et puis, surtout les bars et les restaurants ; la chasse à la canette est ouverte en permanence.

Abdelkader Zaaf en a fait les frais avant Nîmes, et de grands champions comme Louison Bobet ou Raphaël Géminiani ne sont pas épargnés non plus. Boissons trop glacées, Indigestions, et des dizaine s de minutes de perdues. Mais la scène la plus spectaculaire de ce plan anti canicule sera bien le grand bain collectif du peloton du côté de Sainte-Maxime !

« Je n’aime pas du tout l’eau, mais je pense à la révolution que cela ferait dans le peloton si je descendais pour aller me baigner », explique Robic au directeur de course, sous les yeux du journaliste Roger Bastide. » Biquet » va plonger, et le français Apo Lazaridès entraîne les autres. Ils seront soixante-deux à piquer une tête dans la Méditerranée ; On dit même qu’André Brûlé (nom prédestiné) entre dans l’eau avec son vélo !

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Des scènes cocasses dignes d’un film de jacques Tati, mais pas du tout appréciées par Jacques Goddet et Félix Lévitan. Les organisateurs sont furieux et le font savoir : amendes et leçons de morale dans la presse.

« Ne serait-il pas plus convenable que les cyclistes apprennent ou réapprennent leur dur métier plutôt que de se livrer à cette manifestation de carnaval que fut la plongée collective de la moitié du peloton dans les eaux du golfe de Saint-Tropez ? »

Finie la Côte d’Azur, diront pendant longtemps les responsables du Tour. Finie la grande Bleue pour le maillot jaune, à cause d’un plongeon qui avait fait des vagues.

Le départ des italiens pendant le tour de 1950

C'est à l'issue de l'étape Pau-Saint Gaudens que se produisit l'un des plus sensationnels coup de théâtre de toute l'Histoire du Tour de France : l'abandon massif de tous les coureurs Italiens, entraînés dans cette action par leur capitaine de route, Gino Bartali.

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                                                                                               Ci-contre, les italiens quittent le tour

A Saint-Gaudens, Gino Bartali avait remporté l'étape et Fiorenzo Magni s'était emparé du Maillot Jaune. Mais des incidents avaient éclaté au sommet du col d'Aspin où Gino Bartali, s'accrochant avec Jean Robic, avait été pris à partie par quelques énergumènes.

Dans le col d'Aspin, Jean Robic avait rejoint Gino Bartali, qui avait décidé de passer à l'attaque dans cette première étape de montagne. Mais, le public surexcité s'en prit aux Italiens. Des coups sont échangés. Gino Bartali, en voulant éviter un barrage, fait chuter Jean Robic. Des spectateurs se précipitent pour relever les deux hommes, mais, il y en a, parmi eux, qui sont ivres et c'est la confusion la plus totale.

Gino Bartali, et son directeur sportif, Alfredo Binda,  décidèrent, malgré les adjurations des officiels, de ne pas repartir le lendemain de Saint-Gaudens.

Fiorenzo Magni, alors Maillot Jaune, les équipiers de Gino Bartali, et même les "cadetti", se rallièrent à la cause de leur chef de file et ne prirent pas le départ ! Les deux équipes italiennes quittent le Tour de France à la surprise générale. Fiorenzo Magni passe, peut-être, à côté de la plus belle victoire de sa carrière. Les organisateurs sont contraints d'annuler l'étape du lendemain entre Menton et San Remo, car ils craignent le pire une fois en Italie, à cause des articles parus dans la presse italienne, qui crient vengeance...

C'était donc une "première" dans l'Histoire du Tour de France, qui portait désormais une énorme cicatrice...

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1951 : Miracle dans l’Aubisque

 

 

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Nous sommes en 1951, et tous les grands sont au départ de trente-huitième Tour : Coppi, Bartali, Kübler, et Bobet. Défaillances énormes pour Coppi et Bobet. Fausto Coppi devenu l’ombre de lui-même, perd 33 minutes entre Carcassonne et Montpellier. Louison Bobet, fatigué par son début de saison, craque à son tour. Le pédaleur de charme, comme le dit le chansonnier Jacques Grello, Hugo Koblet, gagne ce Tour de France après une échappée monstrueuse entre Brives et Agen.

Mais, au tableau d’honneur de ce Tour, il faut inscrire, le 17 juillet, le Hollandais Wim Van Est. Le rescapé de l’Aubisque (l’un des cols les plus pentus et les plus difficiles du Tour) lors de l’étape entre Dax et Tarbes, vient de gagner la veille à Dax et a pris la tête du classement général. C’est un grand jour pour lui, il porte le maillot jaune. Mais ce sera aussi une très grande désillusion. Galvanisé, sans doute par sa belle tunique, il va tout faire pour rester au contact des meilleurs dans les grands cols.

 

Descente de l’Aubisque. Trop vite, trop audacieux, trop maladroit. Une première chute, une glissade, il se relève. Une deuxième chute, plus sérieuse, le Hollandais s’en sort encore sans une égratignure. Le troisième gadin, bonjour le ravin !

Van Est se souvient : " Je n’ai rien compris. J’ai senti que je virais mal, j’étais déjà tombé et j’aurais dû être prudent. Mais je voulais tant garder le maillot. Alors, j’ai foncé et je me suis envolé...En un éclair, j’ai vu la mort...et le reste, je ne me rappelle plus très bien, un grand boum dans ma tête...et un silence religieux. »

 

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Selon les témoins, il est dans un trou profond de plus de 100 mètres ! Impressionnant ! Il ne bouge plus. On l’appelle, pas de réponse. Puis il se relève doucement, des suiveurs et des journalistes le sortent à l’aide de boyaux et de cordes. Des égratignures, mais rien de grave : un miracle ! Malgré son maillot jaune, il abandonnera quand même la course.

 

 

 

 

 

 

Le plus grand exploit du Tour 1951

15 juillet 1951, onzième étape

 

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Au 35ème km, Robert Castelin (Est - Sud-Est) et Louis Déprez (Île de France - Nord-Est) déclenchent une offensive. Castelin est lâché dans une côte. C’est alors que Déprez se retourne et constate qu’un coureur revient sur lui « comme un boulet de canon ». Il s’agit tout simplement d’Hugo Koblet.
Les 2 hommes font quelques kilomètres ensemble mais le lillerois, impuissant, doit laisser filer le suisse.
Derrière, on met en route doucement : l’arrivée est encore bien loin ! 1’15’’ d’avance, ce n’est pas beaucoup. Mais Bobet crève. L’équipe de France l’attend. Bientôt, Koblet possède 4’ d’avance. Il est alors temps de se mettre sérieusement à l’ouvrage. Les Coppi, Bartali, Magni, Bobet, Geminiani, Ockers et consorts vont se relayer pendant 70 km.
A l’arrivée, Koblet conserve 2’35’’ sur ses adversaires.
Il a parcouru 135 km en solitaire, réalisant une moyenne de 38,946 km/h.
Le voici désormais 3ème du général à 3’27’’ de Roger Lévêque (Ouest - Sud-Ouest).
Ses adversaires sont écœurés : « Ce n’est pas possible, un coureur pareil, s’il existait 2 Koblet, je changerai de métier immédiatement » (Geminiani).
Le zurichois en rajoute : « Jusqu’à la mi-course, j’ai pédalé très en dessous de mon meilleur régime. Sur la fin seulement, j’ai mis les gaz ».

 

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 « Le pédaleur de charme » est né
Le lendemain, les journaux sont béats d’admiration. Le chansonnier Jacques Grello dans « Le Parisien Libéré » a trouvé l’expression qui convient le mieux au personnage : « Le pédaleur de charme ».
26 ans, 1,82 m, 76 kg, Koblet invente un look nouveau : gants, chronomètre au poignet, lunettes de skieur à l’avant-bras.
A l’arrivée, petite éponge en caoutchouc pour se refaire une beauté, coup de peigne obligatoire. La classe...

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Des nouveautés dans la Grande Boucle de 1952

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Le 39e Tour de France cycliste a lieu du 25 juin au 19 juillet 1952, cette édition est historique puisqu’elle inclut deux grandes nouveautés dans la compétition : la télévision et des arrivées en altitude. Ces deux éléments sont aujourd’hui primordiaux pour cette grande course populaire mais à l’époque, c’est une véritable révolution.

Premières arrivées en altitude

Ce Tour de France 1952 part de Brest pour effectuer un tour quasiment complet de la France dans le sens horaire, en passant par Rouen, Nancy, Monaco, Perpignan, Pau, Paris ainsi que quelques arrivées à l’étranger à Namur ou Lausanne.

Mais la particularité la plus importante de ce parcours est la présence de trois arrivées en altitude, à l’Alpe d’Huez, Sestrières et au Puy de Dôme. Jusqu’à aujourd’hui, les coureurs passaient seulement les cols, ces arrivées sont donc historiques puisque les montées finales sont décisives pour les victoires d’étapes.

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                 Ci-contre : Coppi dans le Galibier

 

A ce petit jeu, le légendaire Fausto Coppi met en avant tout son talent et remporte ces 3 étapes montagnardes, dont la très difficile 10e étape de 266 kilomètres entre Lausanne et l’Alpe d’Huez durant laquelle il obtient le maillot jaune.

Le Tour prend d’ailleurs pour la première fois le chemin des 21 lacets de la montée alpestre, qui deviendra au fil du temps la plus légendaire d’entre elles et qui restera à tout jamais la première arrivée en altitude du Tour de France cycliste.

 

Fausto Coppi gagne ensuite le Tour de France à Paris avec plus de 28 minutes d’avance sur le deuxième, grâce notamment à ses 3 victoires en altitude et une flagrante domination.

 

 

L’arrivée de la télévision

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L’autre nouveauté majeure de cette édition concerne l’arrivée de la télévision sur les routes du Tour. Grâce à Pierre Sabbagh et à des moyens exceptionnels pour l’époque, un résumé de chaque étape est proposé chaque soir aux téléspectateurs.

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Les autres nouveautés

L’année 1952, voit aussi la création de la prime de la combativité, ainsi que la création d’un classement par équipes à chaque étape.

L’aventure de l’Alpe d’Huez

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C'est en 1952 que commence la grande aventure de l'Alpe d'Huez, et c'est Coppi lui-même qui aura vécu au sommet des célèbres lacets sa grande résurrection.

Affecté par la mort en course de son frère Serse, le Campionissimo n'avait été, malgré un baroud d'honneur à Briançon, que l'ombre de lui-même sur le Tour 1951 qu'il a terminé à la dixième position.

A cause de son arrivée en altitude inédite, Fausto a besoin de cette dixième étape de ce Tour 1952, comme d'un tremplin vers sa réhabilitation. Pourtant, dans cette édition, il s'est déjà montré à Namur et Nancy et ses équipiers, Magni et Carréa, lui ont déjà "cassé" le maillot jaune à Mulhouse et Lausanne. Cependant, ce nouveau maillot jaune des retrouvailles avec le Tour qu'il chérit, il ne peut l'endosser en plaine et veut le cueillir dans un lieu fort, pur, propice à la légende. L'Alpe se prête idéalement à ce dessein.

En ce 4 juillet, il fait tellement chaud entre Lausanne et l'Alpe, que le peloton musarde à en perdre quarante minutes.

Robic et Geminiani sont les premiers à partir à l'abordage de cette véritable course de côte. Derrière Corrieri, Lajoie, Pardoen et Spuhler perdent aussitôt le contact. Devant, sous les coups de boutoir de "la mésange de Radenac", Gem cède vite.

Une voiture reculant devant la pente renverse Bartali et Magni. Mais où sont donc les premiers secours Aspro ?

Fausto, qui a bien étudié le profil, passe soudain à l'offensive. Témoin de la manoeuvre, Jacques Goddet avoue avoir été sidéré par cet alliage de souplesse mécanique et de puissance inexorable. Le grand Fausto est de retour. Il mène un moment puis, à 6km du sommet, lâche Robic qui perd 25 mètres. Au bout de 3km, l'écart entre les deux hommes se stabilise à 50 secondes.

image.gif.2c7cd62bbbb6c4aefeff2864bad62f9e.gif                                                                                                                              Arrivée de Coppi à l'Alpe d'Huez

Quinze jours plus tard, le champion italien confia. "Je sus qu'il n'était plus là en n'entendant plus sa respiration ni le crissement de ses pneus sur le sol derrière moi. J'ai préféré ne pas me retourner."

Deux crans plus haut, Fausto, sublimé par les spectateurs déjà fort nombreux, a renoué avec son destin. Dans les trois derniers kilomètres, au prix d'un effort considérable, il ajoute 30 nouvelles secondes à sa marge. Sur la ligne d'arrivée, l'écart est d'une minute vingt entre les deux escaladeurs. Les bonifications accentuent leur marge sur Ockers, et Gelabert, pointés à 2 min. D'emblée, l'Alpe fait son œuvre, taillant dans les forces vives du peloton. Le dernier, Jean Delahaye, le bien nommé, est 88è, à plus de trente minutes.

Quand la lanterne rouge passe à la douche, il y a bien longtemps que Fausto a renoué avec ce maillot jaune qu'il tenait tant à retrouver ici. Dans sa chambre, Jacques Goddet trousse sur sa machine à écrire la légende naissante de cette forteresse enlevée tambour battant par Coppi à plus de 18km654 à l'heure (les 14km en 45'22).

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1953 : Le tour de France de Louison Bobet, Gentleman vainqueur

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Dans la grande histoire du Tour de France, peu de vainqueurs ont laissé une image aussi belle, aussi élégante  et exemplaire que Louis Bobet, et que la France des années cinquante a vite surnommé « Louison » tellement il était apprécié ; Modèle de professionnalisme, d’intelligence et de courage, Louison Bonet, souvent conseillé par Fausto Coppi, est entré dans la légende en remportant trois tours de France consécutifs : 1953, 1954 et 1955 (année doublement exceptionnelle, car il devient également champion du monde)(voir triplement exceptionnelle, puisque c’est mon année de naissance !)

Retour sur sa première victoire, et surtout sur un évènement passé quelque peu inaperçu mais qui montre bien le caractère de Louison -gentil mais pas décidé à se faire marcher sur les pieds : la fameuse nuit agitée de Béziers.

Il s’agit de la treizième étape entre Albi et Béziers sur 189 kilomètres. A l’arrivée, sprint sur la cendrée du stade de Sauclières. Lauredi accélère, avec Géminiani et Bobet dans sa roue. Il gagne devant Gem et Louison ! Bobet, qui voulait prendre la minute de bonification du vainqueur pique une grosse colère ! Géminiani lui répond : » Fallait le dire, pépère, je serais descendu du vélo pour te céder la place ! »

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Le soir, à l’hôtel, ça a chauffé ! A la limite du match de boxe. Arbitre, Marcel Bidot ; le patron des Tricolores réussit à les calmer et même à les réconcilier. Enorme ! Fin de la corrida de Béziers et pacte signé. Au petit déjeuner, Marcel Bidot pose la question : » Qui peut gagner ? » Louison lève le doigt ; neuf jours plus tard, il lèvera les bras au Parc des Princes. Premier succès après six participations. Gentleman, mais pas poltron, Louison !

                                                                                                        L. Bobet à l'arrivée au Parc des Princes

1953, c’est aussi le Tour de « Biquet et ses bidons »

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Tout sauf bidon, Jean Robic, même s’il est entré dans la légende du Tour grâce à es bidons et à son culot. En fait, comme l’écrit si bien Jacques Augendre : » Jean Robic ne ressemble à personne et il n’a rien fait comme les autres. Breton né dans les Ardennes, il a remporté le Tour de France 1947 au cours de la dernière étape sans avoir endossé une seule fois le maillot jaune, du jamais-vu ! »

« Bobet, j’en fais mon affaire ! Coppi, il ne m’impressionne pas ! » Voilà tout le culot de « Biquet » qui se permet, lors de la dernière étape de Tour 1947, avec un panache énorme, de lâcher dans la côte de Bonsecours Brambilla et Ronconi, les deux italiens qui le précédaient de 3 minutes au classement général. Il avait promis à Raymonde, qu’il avait épousée juste avant de partir sur le Tour, de revenir avec une dot.

Du » Biquet » pur jus ! « Biquet » le panache, » Biquet » le malin, surtout. Tout petit gabarit, le Breton grimpe bien mais a du mal dans les descentes. Il est trop léger. Vrai à skis, vrai à vélo : plus on est lourd, plus on va vite. En 1953, grande bagarre entre Jean Robic et l’équipe de France de Geminiani et Bobet. Invectives, intimidations, et menaces ; climat plus que tendu. Marcel Bidot déteste « Tête de cuir » (autre surnom de Robic, qui porte un casque en cuir depuis Paris-Roubaix où il s’est fracassé le crâne), et Robic est bien décidé à écraser les Tricolores !

 

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Ambiance et Invention : nous voici dans les Pyrénées, étape Cauterets-Luchon. Jour de gloire pour « Biquet », qui portera le maillot jaune au soir de ce mardi 14 juillet, jour d’astuces aussi. Il passe en tête du Tourmalet, s’arrête quelques secondes et récupère un bidon. Descente efficace, très efficace. Petite chute. Vite il retrouve le bidon et repart. Dans les derniers kilomètres vers Luchon, un spectateur récupère le bidon, écrit le journaliste Jean-Paul Brouchon. Surprise : il est plein de plombs, 9 kilos ! Et » Biquet » avec son aplomb descendait beaucoup mieux. L’année suivante, le règlement interdira ces bidons au plomb « bidon ».

1953, c’est aussi l’année de quelques nouveautés

image.jpeg.6f6b3a0839ce467fa8afeb79eb8cd2b3.jpegLa création du maillot vert

Le maillot vert, créé pour récompenser le leader du classement par points désignant la régularité d'un coureur, apparaît pour la première fois.

Le Suisse Fritz Schaer sera le premier coureur à le ramener à Paris , ci-contre hélas en photo noir et blanc !

C'est le premier sponsor "la belle Jardinière" qui est à l'origine de la couleur verte du maillot. La couleur verte choisie pour parer le maillot sponsorisé était la plus utilisée dans les réclames vantant l'enseigne.

Le suivi de la course en……hélicoptère

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                                                                                           Ci-contre le baptème de l'air de Louison Bobet

Une première : en 1953, le reporter du Tour est un hélicoptère… Paris Match. A dix mètres d’altitude, ses journalistes avancent au rythme des coureurs, à près de 35 km/h. Une vitesse inédite ! Lorsque la pluie cause trois accidents. Le favori, un Suisse, abandonne et la course rebondit pour les Français. Le vainqueur sera Louison Bobet.

A l’occasion du cinquantenaire du Tour de France, créé en 1903, les reporters de «Paris Match» photographient pour la première fois l’étrange ballet que les hommes du Tour dessinent sur les routes de France. Après chaque prise de vue, le pilote reprend de la hauteur car le vent du rotor risquerait de gêner les coureurs. Pas autant que la pluie, qui s’invite au Tour, en 2017 comme en 1953. Pour le pire…

Cette année-là, lors de la première étape des cols Pau-Cauterets, un événement dramatique survient à cause de la météo exécrable. Le favori, le Suisse Hugo Koblet, tombe. Sa clavicule est fracturée. Après sa chute, le coureur, presque inconscient, est emmené dans une voiture. « Paris Match » dont l’hélicoptère permet à ses journalistes de voir le Tour comme personne, rapporte : "Une Sœur le panse. Hugo Koblet gémit :« La vie est dure. Je ne courrai plus souvent sur route. »"

 

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8 juillet 1954 : Premier départ du Tour de France depuis l’étranger

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Amsterdam-Brasschaat (216 km).

 Après le premier départ loin de Paris (Evian en 1926), le Tour de France s’était ensuite régulièrement offert des incursions à l’étranger avant de vivre son premier grand départ hors des frontières de la France en 1954 (un Tour sans Italiens).

Pour les organisateurs, c’est l’occasion de resserrer les liens avec les spectateurs à l’international. C’est aussi un coup publicitaire pour l’épreuve reine du cyclisme.

Une échappée royale lance l’épreuve. 19 hommes s’installent en tête, donnent le tournis au Tour. Dans le groupe de fuyards, les anciens lauréats, Hugo Koblet, Louison Bobet et Ferdi Kübler. Ce dernier victime d’une crevaison perd vite secondes, minutes, forces et perspectives. Avalé par le peloton, il remporte à l’orgueil le sprint des battus. Loin, très loin. 9’04’’ après le succès du Néerlandais Wout Wagtmans, régional de l’étape. Le Suisse se classera deuxième à Paris. Loin derrière le Breton Louison Bobet, lauréat d’un deuxième Tour.

Quelques faits marquants en 1954

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-          Peugeot devient le partenaire officiel du Tour

Les 203 décapotables remplacent les Jeep d’assistance

 

 

-          Il n’y aura pas d’Italiens sur le Tour de France

Rien ne va plus entre la France et la Belgique d’un côté, l’Italie de l’autre.

Les constructeurs de cycles transalpins se sont en effet associés avec des sociétés extra-sportives pour constituer leurs équipes. C’est ainsi que, depuis le début de l’année, Magni exhibe fièrement son nouveau maillot Nivéa, une marque de produits cosmétiques.
En France et en Belgique, on ne badine pas avec les traditions. Ces 2 pays interdisent leurs épreuves aux coureurs portant un maillot marqué par un sigle étranger à l’industrie du cycle.
De toute façon, Coppi vient de se faire renverser par un camion. Il est, en outre, débordé par ses soucis familiaux : l’Italie catholique n’accepte pas sa liaison extraconjugale avec « la Dame Blanche ».
Aucun italien ne participera donc à la Grande Boucle.

-          Les suisses affichent complet

Par contre, pour la 1ère fois, Ferdi Kubler et Hugo Koblet, vainqueurs de l’épreuve en 1950 et 1951, sont tous les 2 présents.
Les helvètes seront d’autant plus redoutables qu’ils disposent encore de Fritz Schaer, maillot vert l’année précédente et de Carlo Clerici, lauréat du dernier Giro !
A première vue, ils seront difficiles à battre. Encore faudra-t-il que ces vedettes acceptent de mettre leurs egos en sourdine le moment voulu.

-          Etape 14 : Toulouse-Millau

image.gif.04834b0a009d1f93dd362349bba6acce.gifBahamontès, roi des Cévennes avant Castres (km 70), Gilles se sauve. Il est rejoint au bas du col de la Fontasse par Lucien Lazaridès, Close et Forlini. Ce dernier, trahi par son dérailleur, est lâché avant le sommet. Bahamontès se joint à eux dans l’ascension du col de la Bassine tandis que Gilles s’effondre.

A Saint-Affrique (km 165), Bahamontès, Close et Lazaridès possèdent 2’ d’avance sur le peloton Bobet Kübler. L’Espagnol conforte encore son classement de meilleur grimpeur au col de Tiergues.

Dans le col de Montjaux, il abandonne ses partenaires pour franchir seul la dernière difficulté du parcours mais il est absorbé par le peloton dans la descente. Bauvin craque.

Il faut dire que, derrière, les événements se sont précipités. Dans la descente de la Bassine (km 115), le maillot jaune Gilbert Bauvin (Nord-Est/Centre) crevait. Très rapidement (trop rapidement ?), il reprenait place à l’intérieur du peloton.

C’est à ce moment que Bobet lançait les hostilités, suivi par bon nombre de coureurs de l’équipe de France (Geminiani, Lauredi, Rolland, Deledda) et par l’ensemble des leaders de l’épreuve. Affolé, le Lorrain faisait rouler ses hommes à bloc (Bellay, Dacquay, Cieleska) puis se retrouvait seul sur ce terrain particulièrement vallonné. A l’arrivée, Bauvin pouvait dire adieu à son beau maillot. Il avait déboursé 7’55’’ !

Kübler l’emporte, Bobet nouveau leader. A Millau, 23 hommes se disputaient le sprint sur un circuit en terre du Parc de la Victoire. Ferdi Kübler parvenait à déborder Geminiani et Bobet.

Le Suisse confortait ainsi son avance au classement par points. Louison Bobet se consolait facilement en endossant le maillot jaune avec une avance relativement confortable, plus de 4’30 sur le 2e.

-          Un leader sans maillot sur la Grande boucle de 1954

Louison Bobet, tenant du titre, se présente en jaune à Saint-Brieuc.

 Voulant faire plaisir à sa sœur, il lui offre son maillot doré. Mais Bobet a oublié que sur cette édition, l’organisation ne change le maillot jaune que toutes les quarante-huit heures et non tous les jours. Dans l’affolement, son soigneur personnel possède un maillot jaune avec lui, mais celui-ci est trop petit.

 C’est finalement un boxeur trouvé dans un gymnase de Saint-Brieuc qui lui élargit la tunique.

        -  C’est aussi la fameuse glace de Bahamontes

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Le Tour de France 1954 voit les débuts d’un jeune grimpeur, l’espagnol Federico Bahamontes, qui remportera par la suite six fois le maillot de meilleur grimpeur et sera le premier ibérique à remporter l’épreuve

. Dès son premier Tour, il se montre aérien dans les cols qu’il a toutefois du mal à descendre. Principalement intéressé par le Grand Prix de la Montagne, on le voit ainsi dans les Alpes, au sommet du col de Romeyère, s’arrêter pour déguster une glace à la vanille, avant de plonger dans la descente !


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1955. L’hécatombe du Ventoux

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Au départ de cette onzième étape entre Marseille et Avignon, le Tour est loin d’être joué. Et bien que chacun redoute cette ascension, les démarrages se multiplient sous un soleil de plomb.

 Mais deux drames ont lieu coup sur coup dans la montée du « Géant de Provence ». Ferdi Kubler attaque dès les premières pentes en compagnie du français Raphaël Geminiani. Celui-ci le met en garde contre « ce col qui n’est pas comme les autres ». « Ferdi non plus, pas comme les autres », lui répond le suisse. Mais ce dernier est victime d’une terrible défaillance. Il chute plusieurs fois dans la descente, s’arrête prendre une bière avant de reprendre la route... en sens inverse, pour finalement rallier Avignon dans un état second. Le Tour et sa carrière sont finis.

Après son abandon, Kubler prononce des mots qui deviendront célèbres : « Ferdi, il est trop vieux. Il a mal. Ferdi s'est tué ! Ferdi s'est tué dans le Ventoux ! ». Pendant ce Tour, il semble bien que Kübler se soit dopé. Il zigzaguait pendant la montée du mont Ventoux et s'est mis à pousser des cris de tous côtés à la fin de la course. Pendant le contrôle des chambres les commissaires ont trouvé des produits dopants et des seringues. Par la suite pourtant, au cours d'interviews, Kübler a nié s'être jamais dopé.

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 Pendant ce temps, à dix kilomètres du sommet, le Français Jean Malléjac s’effondre, terrassé notamment par une surdose d’amphétamines. Il reste inconscient pendant un quart d’heure avant que le docteur Dumas ne parvienne à le réanimer. Côté course, Louison Bobet, qui a basculé en tête au sommet du Ventoux, rejoint Avignon en vainqueur. Il triomphera à Paris

Une nouveauté dans le Tour

La photo-finish fait son apparition dans les arrivées groupées.

La naissance du Tour de France femmes (enfin !)

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Dès ses débuts, l’histoire de cette épreuve féminine n’a jamais été simple et souvent empreinte de sexisme. Après plus de 50 ans reléguées au rang de spectatrices ou d’hôtesses, les femmes gagnent de la place sur le Tour de France avec une première édition en 1955. Jean Leulliot lance alors l’idée d’un équivalent réservé aux femmes.

Le premier Tour de France féminin voit ainsi le jour en septembre 1955. Sans grande surprise au vu de l’époque, la couverture médiatique est empreinte de sexisme ou un petit « conte » futuriste imaginé par un journaliste de Ouest-France en 1960. Jusqu’alors, le journal n’avait pas accordé plus de quelques lignes donnant les résultats des courses.

La révélation de l'épreuve est une jeune cyclotouriste qui a pris sa licence FFC pour participer à cette course. Son père est constructeur de cycles. Elle s'appelle Lily Herse. Elle remporte la première étape et la dernière, à Mantes. Elle incarnera pendant de longues années le cyclisme féminin en France.


Quand Jean Leulliot tire le bilan de son Tour, il loue le courage, l'endurance et l'enthousiasme des filles. Mais il ne cache pas leurs défauts, des défauts perfectibles, toutefois : une mauvaise position, "elles ne savent pas démarrer", elles restent sur leurs jambes le soir à l'étape pour aller faire les magasins et, enfin, elles bavardent trop.

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Après cette excellente année 1955 qui a vu la création du Tour de France féminin, ainsi, que (coïncidence ?) ma naissance 🙆‍♀️, je continue par le Tour de l'année 1956, qui , s'il n'aura pas connu d'évènements notables, restera le Tour de l'amour!

1956 : Un amour de maillot

Roger aime Pierrette et Pierrette aime Roger.

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L’histoire est belle, et comme il n’est pas superstitieux, le vendredi 13juillet 1956, Roger offre à sa Pierrette son plus beau cadeau d’amour : le maillot jaune du Tour de France ! Roger, c’est Walkowiak, né à Montluçon, coureur discret, modeste, sérieux et très amoureux. Pierrette est une jeune femme, secrétaire aux mines de Commentry, que Roger a épousée juste avant Noël, quelques mois auparavant.

Le tournant de ce Tour, qui sera qualifié par Jacques Goddet, son directeur, du « plus pétillant » des Tours que j’ai suivis… », va se produire lors de la septième étape (Lorient-Angers). Une grande échappée se forme. Trente et un coureurs. Toutes les équipes sont représentées devant et le peloton derrière laisse faire…beaucoup trop. Walkowiak, entre autres, ne laisse à personne le soin de rouler en tête

Sauveur Ducazeaux, son directeur sportif, le félicite chaleureusement er et lui explique même qu’il le sent capable de gagner le Tour de France. Roger Walkowiak, très étonné, sourit, pensant que sauveur se moque de lui. « Pas du tout, répète-t-il, et tu vas même laisser ce maillot jaune aux autres pour ne pas avoir la pression de la course et garder des forces ? » » Walko » ne sourit plus, et il ajoute : » Pas question de lâcher ma tunique jaune. Pierrette, ma femme chérie, va venir à Bordeaux, elle doit voir ce maillot, ce sera mon plus beau cadeau de mariage. »

et de mener non train. L’italien Fantini gagne, mais surtout, Roger, l’équipier modèle, se retrouve sur le devant de la scène : maillot jaune !

image.gif.5071163620abadb934f962b29b997c6d.gifSauveur Ducazeaux, son directeur sportif, le félicite chaleureusement er et lui explique même qu’il le sent capable de gagner le Tour de France. Roger Walkowiak, très étonné, sourit, pensant que sauveur se moque de lui. « Pas du tout, répète-t-il, et tu vas même laisser ce maillot jaune aux autres pour ne pas avoir la pression de la course et garder des forces ? » » Walko » ne sourit plus, et il ajoute : » Pas question de lâcher ma tunique jaune. Pierrette, ma femme chérie, va venir à Bordeaux, elle doit voir ce maillot, ce sera mon plus beau cadeau de mariage. »

A Bordeaux, Pierrette vint, heureuse et fière. Et Roger écouta Sauveur. Il perdit le maillot pour quelques jours, avant de le récupérer après la dix-huitième étape Grenoble et de le ramener à Paris pour un succès mérité.

On parle encore, aujourd’hui d’un « Tour à la Walkowiak », car il est vrai que, pour la première fois de la Grande Boucle n’a pas gagné une seule étape ! Roger Walcowiak en a longtemps été meurtri. Le temps a fait son œuvre, gommant cette histoire pour mieux se souvenir de l’autre : le maillot de l’amour. Vive le sport, et surtout pour Roger et Pierrette : vive l’amour !

 

Petite nouveauté pour ce Tour de l’année 1956 :

Le changement de roue est autorisé après une crevaison pour la première fois dans la compétition.

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1957 : un Tour de France marqué par les abandons

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Ça y est, le 44ème Tour de France est disputé par 120 coureurs, dont seulement 56 parviendront à l'arrivée.

La compétition démarre pour gagner Granville terme de la première étape.

 Maurice Vidal nous narre l’infortune de deux compagnons du Tour qui venaient d’effectuer la campagne d’Italie au service de Louison Bobet.
« Devant le château de la Duchesse Anne, qui n’arrive pas à être rébarbatif, malgré ses murailles à mâchicoulis, ses tours de défense cernées de douves et son énorme fossé, les coureurs cherchaient l’ombre apaisante. Les Suisses, fidèles à Calvin, s’alignaient sous l’auvent d’une Église Réformée. Les Français faisaient une cure de silence à l’intérieur d’un autocar. Les Belges parlaient flamand, les Espagnols basque, catalan ou castillan et les « Luxembourgeois » anglais, portugais, autrichien et même luxembourgeois (faute d’un nombre suffisant de coureurs du Grand-Duché, une équipe « mixte » a été constituée).

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Près de la tribune d’honneur, Pierre Barbotin coulait des minutes familiales. « Je vous présente ma femme. Des amis »

Pierrot » était chez lui. Il y semblait bien. Partir pour le Tour, c’est mourir un peu. Mais prendre le départ sur le seuil de sa porte, c’est trop cruel. « Bah, je serais vite revenu, disait-il à la ronde. » Il pensait un mois. Le soir-même, sa femme le revit. Avec des larmes plein les yeux. Car les femmes de coureur ont ceci de commun avec les femmes de journalistes qu’elles savent qu’un mari qui revient du Tour avant l’heure est un guerrier vaincu.

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Claude Le Ber se trouvait dans la situation inverse. Il partait du pays voisin pour gagner le sien. L’entrée en Normandie, il entendait la claironner. Lui qui d’ordinaire représente à lui seul (ou presque) sa province, voyait cette fois son étoile pâlir du côtoiement d’un Anquetil, débutant de luxe.
Pour affirmer qu’il était encore le meilleur Normand du Tour, il partit en guerre. Hélas, il n’ne revint pas.

Un deuxième homme du Giro disparaissait le premier jour… »

 

 

Et la chaleur continue à s’abattre sur les cyclistes. Le Quotidien parlera d’un Tour crématoire !

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« nous avons vu un champ d’avoine qui brûlait. L’écrasante chaleur, quelque imprudence de fumeur, je ne sais, avait mis le feu. De la route, on voyait une fumée grise monter vers le ciel d’un bleu insoutenable. De la voiture, on sentait l’âcre odeur des herbes brûlées. »

Charly Gaul était en difficulté dans la deuxième étape Grandville-Caen. Souffrant d’une chaleur effroyable qui faisait couler (mais oui) le goudron de la route comme un camembert du pays, ne pouvant rien absorber que du liquide, il commençait à souffrir de crampes d’estomac. Il se trouvait à l’avant-dernière place. Il abandonnera en fin d’étape.

Les chroniqueurs sportifs ont inventé l’Enfer du Nord. Mais dans le Tour 1957, l’enfer était partout. Et il faisait vraiment trop chaud. Un sirocco de panique soufflait sur la caravane …

La canicule a fait des dégâts. Il ne reste à Roubaix que 89 coureurs sur les 120 qui ont pris le départ à Nantes, quatre jours plus tôt.

1957, ce fut aussi un abandon en mélodrame

image.gif.60143dcbd029cdf8c753bc84a5dd7371.gifDurant l’étape qui mène les coureurs de Besançon à Thonon-les-Bains, Federico Bahamontès a mis pied à terre en lisière d’un bois où une famille jurassienne menait tranquillement sa partie de campagne. On n’a pas toujours l’aubade d’un aigle de Tolède choisissant votre nappe en matière plastique pour venir s’y rouler entre la poire et le fromage. Cet étonnant intermède dans le pique-nique dura exactement vingt minutes, le temps d’apprêter un taureau pour la mort, et laissa derrière soi un gazon ravagé, où les ampoules des flashes photographiques craquaient sous les pas comme des coquilles d’œufs.

Depuis quelque temps, Bahamontès tenait son guidon d’une seule main. Le bras gauche replié dans le dos à la hauteur des reins, il circulait à travers le peloton, se penchait sur Bauvin pour alimenter une détermination dont le sens nous échappait. Brusquement, il quitta la route, s’affala sur le bas-côté, cassant net la caravane dont les véhicule se télescopaient. Madame, une femme de fort tonnage, était déjà sur les lieux, sa timbale à la main, chavirée de solitude maternelle et de rosé d’Arbois. Monsieur, plus circonspect, venait par-derrière avec le sourire partagé d’un père tranquille qui accueille un parachutiste tombé dans la soupière. Alors les photographes s’abattirent en nuées de sauterelles, à leur tour reléguée par l’ensemble de la communauté ibérique explosant dans le vide à grand renfort d’exclamations et de claques dans le dos, dont les échos devaient se propager jusqu’à Besançon, vieille ville espagnole. Cependant, le peloton était encore en vue et Bahamontès gigotant comme un forcené, fut empoigné sans façon sous les aisselles et remis sur son vélo.

« Ah ! Federico, tu n’as perdu qu’une minute. »

Bahamontès se laissa retomber sur l’herbe avec conviction et le cercle de famille se referma sur lui. « Vous voyez bien qu’il manque d’air. Il va étouffer. » Noblement, un petit hidalgo dépouilla sa chemise et commença de l’agiter sous le nez du gisant en lui imprimant le mol balancement que les matadors mettent dans la muleta. Bahamontès se dressa à quatre pattes sous une rafale de « Olé ! » et de « Vamos ! », et Luis-Puig, son directeur technique, interprétant ce geste pour un gage de bonne volonté, se prit à parler tendrement à l’oreille de son coureur :

« Anda, Fédé ! Tu n’as que cinq minutes de retard ! »

Federico darda vers l’autre un regard haineux et détacha sa montre de son poignet pour la ranger dans la poche de son maillot. Il entendait par là qu’il entendait se situer hors du temps d’un monsieur comme Luis-Puig, échapper à l’obsession rongeuse du chronomètre, rentrer dans la vie civile. Désormais, chacun de ses mouvements, sournois, vicieux, têtus, allait tendre à s’enfuir, à gagner ne fût-ce que quelques centimètres dans la direction où vivent les êtres normaux et quotidiens, à se blottir, pourquoi pas, dans le giron de cette dame, accueillant comme la Terre promise. Le grimpeur ailé s’en allait en rampant. Madame comprit sans doute cet appel, car elle lui lança son mouchoir, un mouchoir roue, à la fois signal et trophée.

« Me cago en la leche ! » dit simplement Luis-Puig, en faisant mine de se désintéresser de la question. Bahamontès en profita pour retirer ses chaussures. Le chauffeur de la voiture se précipita pour les lui remettre de force. Bahamontès, avec l’œil d’en dessous d’un gamin en maison de redressement qui s’apprête à étrangler sa bienfaitrice, les subtilisa derechef et les glissa sous ses fesses.… »
Un de ses équipiers « Moralès, au faciès de braconnier, fut plus expéditif. Il ceintura Bahamontès en lui criant :

« - Pour ta femme !

         -Non !

- Pour l’Espagne

         -Non

- Pour Franco

         - Non "

1957, ce fut aussi le premier accident mortel

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. L’arrivée du Tour dans les Pyrénées est endeuillée le dimanche 14 juillet par la chute mortelle du célèbre journaliste Alex Virot et de son motard René Wagner (seizième étape Barcelone-Ax-les-Thermes). C’est un drame épouvantable qui va beaucoup marquer les Français qui suivent le Tour.

Dans le quotidien L’Équipe, le journaliste Michel Clare qui partagea longtemps la fameuse voiture rouge 101 avec Antoine Blondin et Pierre Chany, reproduisit les propos entendus sur Radio-Tour :

« Attention ! Attention ! On demande l’ambulance en avant de la course … Un très grave accident vient de se produire. »

« Un silence terrible succéda à ces quelques mots » enchaîna le rédacteur. Puis la voix reprit : « C’est notre confrère Alex Virot et son motard qui ont été victimes de l’accident… » Clare décrivit la scène telle qu’il la découvrit sur les lieux du drame : « Les deux corps rompus gisaient sur les rochers, en contrebas de la route. Alex Virot avait cessé de vivre. Quant à René Wagner, sa bouche, d’où coulait le sang, remuait encore, mais la vie s’en allait très vite de ce corps pantelant, de ce visage couleur de cire. Il devait mourir dans l’ambulance qui l’amenait à la clinique de Ripoll, quelques minutes plus tard. »
Le coureur Marcel Queheille qui roulait seul à la poursuite de Jean Bourlès, l’homme de tête, fut la dernière personne à avoir vu en vie le célèbre reporter : « Á une cinquantaine de mètres devant moi, je vis la machine perdre l’équilibre sur les gravillons. Elle partit en zigzag, le chauffeur tenta de la maîtriser ; elle heurta une borne, puis deux, puis partit dans le vide. Je n’aperçus plus que deux jambes en l’air et des souliers qui voltigeaient. Jamais de ma vie, je ne pourrai oublier cela … »

1957, c’est également la première victoire de Jacques Anquetil

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Âgé de seulement 23 ans, le Français Jacques Anquetil remporte son premier Tour de France, pour sa première participation à l'épreuve. Vainqueur de quatre étapes, il devance au classement général le coureur belge Marcel Janssens et l'Autrichien Adolf Christian. L'Italien Gastone Nencini, vainqueur d'une étape de montagne à Pau, remporte le classement du meilleur grimpeur tandis que le classement par points revient au Français Jean Forestier, qui ne remporte pourtant aucune étape au cours de ce Tour.

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