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Fabienne FOREZ

Les historiettes des Tours de France

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L’amoureux de la pluie sur la Boucle de 1958

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« Je donne rendez-vous à mes adversaires à Aix-les-Bains, c’est là que se jouera le Tour ! ». Jacques Augendre, formidable journaliste historien, rapporte ce propose de Charly Gaul, prononcé dix jours avant la fameuse étape où il va écraser toute la concurrence. Bluff, forfanterie ou calcul stratégique ? Il faut reconnaître que Charly Gaul, le mercredi 16 juillet 1958 est au rendez-vous.

Jacques Anquetil va craquer, victime de ses poumons malades, et Raphaël Geminiani va pleurer son beau maillot jaune perdu. Gaul, lui, va surclasser tous els autres coureurs. C’est tout, sauf une surprise. Il avait déjà montré sa forme dans le premier contre-la-montre de Châteaulin. Il récidive dix jours après sur son terrain de prédilection, les ascensions. Il dompte le mont Ventoux, il bat la référence Federico Bahamontès et se rapproche du maillot jaune, le surprenant Vito Favero. Geminiani y croit encore, mais leurs courbes de forme physique vont se croiser dans cette troisième semaine de course. Geminiani perd pied, Gaul se sent de plus en plus léger. La météo va l’aider. On le sait, on le dit, il aime le temps pourri. Un vrai passage de la pluie.

                                                                                                                                                          L. Bobet et C. Gaul

Des lieux et des noms nous remémorent les étapes de légendes. Pour Charly Gaul, s’il faut retenir un exploit, la Chartreuse ce sera en ce mercredi 16 juillet, entre Briançon et Aix-les-Bains. L’hiver en juillet : déluge, des pluies torrentielles, du vent, et Gaul n’en a cure. Au contraire, il voltige alors que les autres sont essorés, tordus, rincés.

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                                                                                                                                     Charly Gaul dans la Chartreuse

 

Gaul est un des meilleurs grimpeurs de l’histoire du cyclisme (vainqueur sur le Tour du classement de la montagne en 1955 et1956), mais son palmarès (deux Giro notamment, en 1956 et1959) révèle son inconsistance. Le Tour de 1958 sera sa seule conquête dans la grande Boucle.

 

1958. L’accident de Darrigade

 

L’ultime étape de ce Tour de France 1958 se termine sur le vélodrome du Parc des Princes. Les coureurs arrivent groupés et le sprint est lancé. André Darrigade, qui a déjà remporté cinq étapes sur ce Tour, déboule en tête, le nez dans son guidon. et s'apprête à empocher un sixième succès lors de la dernière étape .

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Mais soudain, il percute avec une violence inouïe Constant Wouters, secrétaire générale du vélodrome, qui vient de traverser la piste en courant. Il était sans doute agacé par la horde de photographes qui se masse sur les pelouses,

Le choc tête contre tête est terrible.

Les deux hommes sont en premier lieu soignés sur place puis les blessés sont transportés à l’hôpital Boucicot tout proche.

Darrigade fut bizarrement autorisé, malgré ses blessures, à revenir la tête enrubannée pour protéger les points de sutures qui lui ont été posés, afin d’effectuer un tour de d’honneur en compagnie de ses équipiers, sur la photo suivante on le voit en compagnie du Luxembourgeois Charly Gaul, vainqueur de cette édition, venu le soutenir dans ces moments difficiles.

image.gif.31fcff133b3376127e520dd57d9722e9.gif Malheureusement Constant Wouters décédera des suites de ses blessures le 31 juillet suivant

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1959 : Federico Bahamontes « L’aigle de Tolède » grand d’Espagne

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Voir un espagnol gagner le Tour de France, avec ou sans dopage, au cours des années, c’était devenu une habitude : Pedro Delgado (1988), Miguel Indurain (de 1991 à 1995) et plus près de nous, Oscar Pereiro (2006), Alberto Contador (2007,2009 et 2010) et Carlos Sastre (2008).

Mais vous souvenez-vous du premier vainqueur ibérique du Tour de France ? Il a fallu attendre longtemps, très longtemps : quarante-six Tours exactement. Samedi 18 juillet 1959, victoire de Feferico Bahamontes devant Henry Anglade, Jacques Anquetil, Roger Rivière et François Mahé !

Un espagnol devançant quatre français. Voilà une partie de l’explication : Bahamontes était un formidable grimpeur (il remporta six fois le classement du meilleur grimpeur). Pour ainsi dire, en montagne il voltigeait, capable de devancer la concurrence en haut des cols par poignées de minutes ! Rappelez vous du Tour 1954 où il s’arrêta pour manger une glace au col de Romayère en attendant le peloton. ! Et sur ce Tour de 1959, d’une part, l’ibérique était extrêmement en forme, d’autre part, les français ne se sont jamais entendus pour livrer une course d’équipe et mettre au point une stratégie pour le battre.

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Le chef d’œuvre de « l’aigle de Tolède » reste sans aucun doute le vendredi 10 juillet 1959, aves sa chevauchée fantastique dans l’ascension du Puy de Dôme. Pour une fois cette étape est disputée contre-la-montre. Effort solitaire intense, admirable. Et « l’Aigle » survole tout et tout le monde. Le Castillan au visage émacié et aux yeux noirs perçants ne gagne qu’une étape dans ce Tour 1959, mais cela suffira, tellement la rivalité   Anquetil-Rivière va peser sur l course. A tel point que les tricolores seront sifflés à leur arrivée au parc des Princes. Du jamais vu pour des champions de ce niveau.

Federico Bahamontes, son bouquet de fleurs dans les bras, sera applaudi et fêté, Muchas gratias. Maillot jaune et maillot de meilleur grimpeur. Pas de cocorico, mais bravo Federico.

 

1959 : les drôles de décisions des commissaires de courses

 

En marge de ces classements, la montée du volcan, en un temps record par Bahamontès, a pour conséquence de provoquer l’élimination de neuf coureurs arrivés hors des délais impartis, dont Hassenforder, Mastrotto et Privat, trois membres de l’équipe de France.

La mansuétude des commissaires leur accorda le sursis, ce qui déclencha aussitôt l’ire d’Alfredo Binda, directeur technique de la squadra italienne : « Pas de repêchage ou nous repartons immédiatement vers l’Italie. » Langarica, qui dirige la formation ibérique, surenchérit :

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 « Si Bahamontès a réalisé un exploit, il doit en recueillir les fruits. Les Français que vous repêchez seront peut-être ceux qui feront perdre Federico demain ou après-demain. »
«
Entre temps, les quatre commissaires internationaux avaient disparu. Il fallut battre la campagne une heure et demie durant avant de les découvrir dans un restaurant de Royat, devisant tranquillement sur les mérites comparés du chanturgue et du lacrima cristi. »
Sont-ce les effluves des vins trop méconnus d’Auvergne, les commissaires dénichèrent, quelques heures plus tard, un articulet qui leur permettait de reporter à 36% du temps réalisé par Bahamontès les délais d’élimination. Aussitôt dit, aussitôt fait, ils repêchèrent Privat mais éliminèrent Hassenforder et Mastrotto, donnant ainsi satisfaction aux Italiens et Espagnols qui voulaient surtout la peau du champion de la région du riesling !
Décidément, l’intérêt de la course se déroule surtout en coulisses, et notamment, dans la villa de Geminiani à Chamalières. Anquetil, avec beaucoup de sagesse, aurait dit à Rivière : « Nous ne devons pas nous détruire mutuellement. Nous avons dix ans de carrière à faire ensemble. » Après le pacte de Poigny-la-Forêt, y aurait-il un pacte de Clermont ?

 

1959 – Robic court pour sa santé !

 

Le fait essentiel de l’étape Namur-Roubaix fut peut-être le calvaire que connut le vétéran du peloton Jean Robic, le toujours aussi populaire Biquet depuis sa victoire dans le Tour 1947. Voici ce qu’il confie, le soir à l’hôtel, au journaliste du Miroir des Sports André Chassaignon :

image.gif.865eac57381e4514cc9799a0b96281bf.gif« - Tu te rends compte que j’ai grimpé le mur de Grammont avec une seule main ? Faut le faire ! Une roue cassée. Cinq crevaisons. Je ne sais pas ce que c’est que ces boyaux qu’on me filait. Je faisais dix kilomètres et j’étais encore à plat. Quand je pense que je refais du vélo pour ma santé . »

image.gif.49988a1afacfc0bd4811ea73cb2adde4.gifLe confrère qui se trouvait dans la chambre me regarda aussi perplexe que moi-même.

« -Quoi ? »

 – Ben oui,  dit sérieusement Robic. » Je fais du cholestérol et je n’avais plus de globules blancs, alors j’ai repris le vélo. Quand on est à vélo, on élimine et on se refait des globules.
– Oui, dit le confrère, mais il y en a qui se contentent de faire du vélo au Bois de Boulogne. Tout  de même, le Tour.

– Oui, dit Robic, je sais bien qu’un jour il faudra que je m’arrête de courir. J’en suis à ma dix-huitième licence professionnelle. Si j’arrive à vingt, ce ne sera pas mal. Encore deux ans. Tu sais que Bartali est venu me demander si j’avais l’intention d’aller jusqu’au bout. Je lui ai demandé ce qu’il faisait à trente-huit ans, et comment il avait terminé le Tour cette année-là. Je m’en souviens, tu penses : quatrième. Moi, j’étais cinquième et premier Français. Alors, pourquoi, j’en ferais pas autant au même âge ? »

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1960. L’arrêt à Colombey-les-Deux-Eglises

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 Lors de cette édition, le parcours passe par le village du Général de Gaulle, alors président de la République.

Le 16 juillet, veille de l’arrivée à Paris, le peloton avait reçu l’ordre du directeur de course, Jacques Goddet, de s’arrêter pour saluer le plus célèbre des Colombéens, le général de Gaulle.

Accompagné de son épouse Yvonne, de Gaulle observe dans la foule les vaillants coureurs du peloton. Dans cet extraordinaire instant, il s’agit plus ici d’un arrêt du peloton à Colombey-les-Deux-Eglises, que d’une visite de Charles de Gaulle à l’arrivée à Troyes. Le chef de l’Etat profite de ce moment pour offrir aux médias et aux spectateurs, un grand moment de théâtre politique : avec son imposante carrure qui est la sienne, il serre la main du maillot jaune, Gastone Nencini, et du champion de France, Henry Anglade.

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Le coureur Pierre Beuffeuil, largement distancé à l’entrée du village, en profite

pour réduire l’écart avec le peloton, mais il n’y parviendra qu’en « chassant » pendant une vingtaine de kilomètres ( propos de l’intéressé ,)

Puis il pourra s’échapper à quarante kilomètres avec jamais plus de cent mètres d’avance sur la meute lancée à ses trousses, c’est un authentique exploit qu’a réalisé Pierrot, ce jour-là, et pas un coup de vice comme on a eu tendance à le faire croire à l’époque. Si on se réfère aux commentaires de l’époque, notamment à ceux de Robert Chapatte, le Vendéen s’est échappé à 26 km (et non 40) et son avance dépassait nettement les 100 m: «Au maximum, Beuffeuil posséda cinquante secondes. A l’arrivée après la difficile traversée des faubourgs de Troyes, il franchit la ligne avec quarante-neuf secondes.»

1960 : La grande Boucle est marquée par l’accident de Rivière

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La carrière et la vie de Roger Rivière, sportif de haut niveau, s’abîment dans un ravin du col de Perjuret le 10 juillet 1960.

Rivière est dans la force de l’âge. En 1958, il est le premier homme au monde à dépasser les 47 kilomètres en une heure sur piste (un record qui tiendra 10 ans). Quatrième du dernier Tour de France (1959), il en est devenu le favori pour l’édition de 1960 en l’absence de Jacques Anquetil.

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Au terme de la treizième étape du Tour 1960, Roger Rivière est deuxième au classement général, à 1’38’’ du maillot jaune, l’italien Gastone Nencini. Le Tour est encore suffisamment long (il reste huit étapes) pour qu’il imagine combler son retard sur l’Italien. A l’occasion par exemple du contre-la-montre individuel de 83 kilomètres entre Pontarlier et Besançon. Mais le Français est sans doute impatient ; Il veut absolument revenir sur Nencini. A tout prix, mais à quel prix…

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Quatorzième étape entre Millau et Avignon. Les coureurs sont dans le col de Perjuret (sommet à 1028 mètres au terme de 11 kilomètres d’ascension 2.9% de moyenne, rien de bien compliqué, semble-t-il). Nencini précède Rivière de quelques secondes au sommet. Le Français part bille en tête dans la descente pour revenir sur l’Italien. Tout se passe bien jusqu’à l’avant-dernier virage. Fatal. Rivière fait un tout droit et bascule dans le ravin. Une chute de dix à 20 mètres selon les versions. Il se dit même que le malheureux avait oublié de freiner, l’esprit embué par un puissant analgésique, le Palfium. Â l’hôpital, le diagnostic est impitoyable : deux fractures de la colonne vertébrale et paralysie définitive des jambes. Carrière brisée…

Handicapé à 80 %, Roger Rivière va se reconvertir dans la restauration. Il ouvre un café-restaurant à Saint-Etienne, qu’il appellera Le Vigorelli, du nom du vélodrome où il a battu deux fois le record du monde de l’heure en 1957 et 1958. Comme Fausto Coppi, il meurt à quarante ans, frappé par un cancer du larynx

 

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Tour 1961 : Le dernier gag

Extrait d’un article d’Antoine Blondin (journaliste qui a suivi 27 éditions du Tour de France)

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« La voiture technique de l’équipe d’Allemagne venait de se défoncer sur une borne quand Jacques Goddet se porta à notre hauteur. Nous roulions à ce moment derrière la bonne petite poignée de grossiums, où s’abritent, avec des habitudes de club men, les leaders frileux de cette course.

« Oui, patron ?

-une supposition que Junkermann crève il n’a plus personne pour le dépanner.

- Certes, patron.

- Eh bien, Messieurs, nous lui devons réparation !

- Des réparations à l’Allemagne ?

- C’est le sport qui l’exige « 

Là-dessus, nous croyons comprendre qu’on nous confie la personne du premier Allemand. Le temps de troquer nos chapeaux tyroliens pour des casquettes, nous poussons une pointe de vitesse destinée à nous mettre dans la peau de notre rôle. Notre voiture semble habitée soudain par les Pieds Nickelés ou par quelques personnages de Jacques Tati. Réparer ? La chose est généreuse, encore faudrait-il avoir le matériel. Nous convenons d’acheter des rustines dans le prochain magasin de cycles.

« Et le trou ? Comment est-ce qu’on reconnaîtra le trou ? »

Nous convenons d’acheter un seau d’eau dans la prochaine quincaillerie. Ils n’en ont pas. Seulement des seaux ordinaires, des bouteilles factices en quelque sorte. Nous repartons quand même avec un seau. » 

« Et s’il a soif ? Comment va-ton se débrouiller au ravitaillement ? »

Nous convenons de lui donner tout de même à boire, comme l’eût dit notre père, et d’acheter dans la prochaine pharmacie une boisson, si possible remboursée par la Sécurité sociale… »

Le dernier gag, le voilà :

 « Nous venons de crever à vingt kilomètres de Pau. Devant nous, Junkermann poursuit son chemin, sans un mot de reconnaissance, sans un regard de compassion. Décidément, la solidarité est un vain mot et je me demande si le Marché commun est vraiment pour demain. Livrés à nous-mêmes, nous vidons des coffres à outils, moulinons des crics, roulons des pneus. La bicyclette est un sport crevant. »

1961 : Un Tour peu animé

  

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Le Tour de France de 1961 n’a pas laissé de souvenirs impérissables. Il a été peu animé, les coureurs s’étant résignés à voir Jacques Anquetil porter le maillot jaune du premier au dernier jour, hormis la première demie-étape du départ.


Jacques Goddet, exaspéré par la manière désinvolte avec laquelle les coureurs traitent l’épreuve qu’il coorganise se fend dans son éditorial de L’Équipe, d’un réquisitoire demeuré célèbre :

« Les coureurs modernes, Anquetil excepté, sont des nains. Oui, d’affreux nains, ou bien impuissants comme l’est devenu Gaul, ou bien résignés, satisfaits de leur médiocrité, très heureux de décrocher un accessit. Des petits hommes qui ont réussi à s’épargner, à éviter de se donner du mal, des pleutres qui, surtout, ont peur de souffrir. Pour eux, comme malheureusement pour la plupart de ceux qui les emploient, le sport cycliste est devenu un commerce qu’il faut exercer sans risque et sans peine. »

1961 : Faire part d’une naissance.

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En effet, le Tour 1961 fut papa d’un petit Tour de l’Avenir qui, à partir de Saint-Étienne, était disputé, chaque jour, en prologue, par 108 coureurs amateurs regroupés en équipes nationales ; une préfiguration de la mondialisation qui affecte le cyclisme d’aujourd’hui.

 

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1962 voit l’abandon des équipes nationales

 

 

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En effet, c’est la grande nouveauté de l’épreuve, les organisateurs ont choisi d’abandonner les équipes nationales au profit d’une formule par équipes de marques. Il s’agit d’une véritable « vélorution » même si déjà, en 1930, Henri Desgranges, le fondateur du Tour, avait pris une décision analogue … dans le sens inverse.

Le déroulement insipide du précédent Tour de France 1961, (rappelez-vous Jacques Goddet fustigeant les « nains de la route »), aurait motivé ce choix avec l’espoir d’assister ainsi à une course plus ouverte, plus animée donc plus spectaculaire. En fait, les organisateurs ont surtout cédé à la pression des marques qui font de leurs équipes un support publicitaire et qui voient d’un mauvais œil leurs hommes sandwiches leur échapper durant la course la plus populaire au monde.

 

« Maître Jacques « en 1962

 

 

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« Garez-vous, Raymond, et regardez la caravelle qui passe. » La caravelle : Jacques Anquetil, évidemment.

Contre-la-montre de 68 kilomètres entre Bourgoin et Lyon. Raymond Poulidor est part juste devant Anquetil, trois minutes avant, et Anquetil est en train de fondre sur lui. Antoni Magne, son directeur sportif (qui doit rester normalement derrière son coureur), rejoint « Poupou » et lui dit de se garer ! L’histoire est magnifique. Elle est confirmée par Poulidor et racontée par Jean-Paul Fournel dans Anquetil tout seul. Fournel, dans sa préface, décrit le phénomène Jacques Anquetil avec un talent aussi magnifique que le champion français maîtrisait l’art du cyclisme : « son coup de pédale était un mensonge. Il disait la facilité et la grâce, il disait l’envol et la danse dans un sport de bûcherons, d’écraseurs de pédales, de bourreaux de travail, de masculin pluriel. Il pédalait blond, la cheville souple, il pédalait sur pointes, le dos courbé, les bras à angle droit, le visage tendu vers l’avant. Jamais homme ne fut mieux taillé que lui pour aller sur un vélo, jamais cet attelage homme-machine ne fut plus beau. Il était fait pour être seul sur la route, découpé contre le ciel bleu. Rien ne lui évoquait le peloton, la masse et la force en union. Il était la beauté cycliste seul. »

« Longtemps, je l’ai regardé comme un sorcier qui a trouvé le grand secret », disait Cyrille Guimard. Et ce grand sorcier n’était pas seulement ce merveilleux lévrier du vélo au style si pur, il fut surtout un guerrier, un immense champion au palmarès impressionnant : Grand prix des nations à dix-neuf ans pour ses débuts chez les pros, une course qu’il gagnera neuf fois. Deux records du monde de l’heure, deux Tours d’Italie, cinq fois Paris-Nice, Tour d’Espagne, Gand-Wevelgem, Liège-Bastogne-Liège et, l’exploit ont il était le plus fier, le doublé Dauphiné-Bordeaux-Paris, en enchaînant les deux courses ! Sans oublier, évidemment, les cinq Tours de France de « Maître Jacques. »

 

L’affaire des poissons du Tour 1962

 

 

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Au départ de la quatorzième étape, entre Luchon et Carcassonne, les premiers coureurs arrivés au contrôle semblent avoir le teint fripé. Ni la cure d’altitude ni la cure thermale ne semblaient leur avoir profité. Mais les journalistes ont si mauvaise langue, c’est bien connu, qu’il pouvait s’agir d’une hallucination collective.
C’est alors qu’autour de la mairie de Luchon les nouvelles commencèrent à affluer : Junkermann et plusieurs membres de son équipe avaient été malades toute la nuit. Le leader allemand avait même été victime d’une syncope et déclarait abandonner.

 

 

Quelques minutes plus tard, d’autres nouvelles parvenaient de l’Hôtel de France : là, quelques-uns étaient malades, parmi lesquels Nencini et Assirelli qui abandonnaient également. Je ne vous décrirai pas l’ambiance sur la ligne de départ. Des estafettes apportaient des nouvelles des hôtels. Il était question d’intoxication alimentaire de poisson (avec deux « s ») mal digéré, des soles qui ont été servies au repas de la veille à l’hôtel.  Il y a à boire et à manger dans cette histoire concluait sans rire Raymond Mastrotto. C’est le moins qu’on puisse dire. !

 

 

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Mais tous ces coureurs ne logeaient pas au même endroit. Pire, certains n’avaient même pas mangé de poisson !

Pour le médecin du Tour, le docteur Dumas, il s’agit d’un mauvais dosage de morphine...

Roger Bastide, dans le magazine concurrent But et Club incrimine même l’hypocrisie collective de la presse :

« Le Tour a mauvaise conscience ce matin. Plusieurs coureurs, ceux notamment du groupe Groene-Leeuw, ont été victimes – c’est la version officielle – d’une intoxication alimentaire. Ils auraient mangé, dit-on, du poisson qui n’était pas frais. Mais le bruit se répand dans la caravane que ce poisson aurait, en réalité, un « s » de trop. L’on apprend l’abandon de Gastone Nencini et les organisateurs consentent à retarder le départ de dix minutes pour attendre les coureurs Groene-Leeuw, mal en point. Mais Hans Junkermann, Frans Demulder, De Middeleir, tous de la même équipe, ne pourront aller très loin et ils monteront dans la voiture-balai.

Nous sommes tous coupables, nous dit un confrère indigné, car nous n’écrivons pas ce que nous voyons.

 

 

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Que voyons-nous quand nous faisons la visite des chambres, le soir, pour nos interviews ? Des coureurs soumis à des perfusions, d’autres à des piqûres, et nous repérons sur les tables des boîtes de pastilles mystérieuses. Tout cela couvert légalement par des médecins. La plupart des groupes sportifs étrangers ont en effet leur médecin attitré. Leur présence n’étant pas officiellement approuvée par les organisateurs, certains se sont même camouflés en chauffeurs de voitures de liaison des directeurs sportifs ou de voitures de presse. Les coureurs sont soumis à une préparation scientifique dont nous avons depuis longtemps signalé les dangers. Mais quelle parade apporter alors que chacun témoigne de la liberté de l’individu de disposer de lui-même ? »

Dans Miroir-Sprint, le dessinateur Pellos s’en donne à cœur joie pour croquer le nouveau visage du Tour

 

 

 

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 1963 -Les stratagèmes ratés des organisateurs

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Pour sa cinquantième édition, le Tour part à nouveau de Paris, avec un départ réel donné à Nogent-sur Marne.

Mais cette année 1963, Jacques Goddet aimerait que le Tour de France propose une « kermesse » plus attrayante et ne reste pas sous la coupe de Jacques Anquetil.

La maîtrise dont a fait preuve Jacques Anquetil au cours des deux Tours précédents a positionné la direction de l'icône française dans l'expectative. Après la démonstration étourdissante réalisée par "Nations man" en 1961, Goddet et Lévitan, passés maîtres dans l'art de l'esquive, s'étaient ingéniés à élaborer une opération visant à déstabiliser le bon ordonnancement de la machine normande.

Les organisateurs ont donc décidé de contrecarrer la domination de Jacques Anquetil dans le grand Tour. Sachant le Normand irrésistible dans les contre-la-montre, ils rognent sans scrupule aucun le kilométrage de ceux-ci, en ne proposant que des conte-la-montre de 79 kms maximum.

Se remémorant également les retours sidérants et faramineux du triple vainqueur de la Grande Boucle, à la faveur des descentes et des longs et interminables bouts droits configurant les vallées, eh bien ils s'arrangent pour placer les arrivées, pas encore aux sommets, mais à quelques encablures seulement en amont de ces derniers. Ainsi, le funambule virtuose ne pourra plus, selon eux, surgir ainsi du Diable Vauvert dans le dos des grimpeurs invétérés sans y avoir été invité à la régulière.

 Disputé sous une météo morose, très bien conseillé par Geminiani, Anquetil se joue de ces stratagèmes, jugule les assauts de Poulidor et surtout de Bahamontes dans les Pyrénées. Le Normand domine dans les Alpes et s'impose au Parc des Princes après avoir remporté deux étapes de montagne et les chronos de l'épreuve. C'est sa plus belle victoire.

image.thumb.gif.3d9a88e42b00e8838cb3fb13893e6c3a.gif                                                                                                                                             Georges Beljambe,

                                                                                                               Premier facteur du Tour

La Poste intègre le Tour de France

Le ministre Jacques Marette complète la présence des PTT sur le Tour de France en autorisant l’arrivée d’un facteur itinérant en 1963 : celui-ci (le premier des six facteurs de 1963 à 1992 est Georges Beljambe au patronyme prédestiné) devra s’occuper, au fil du parcours, du courrier de l’ensemble de la caravane, coureurs et suiveurs compris.

Les Télécommunication ont précédé leur sœur des Postes sur le Tour depuis le début des années et concourent à la médiatisation de l’épreuve par leur travail technique afin de faciliter les télécommunications. Au début des années 1960, les PTT s’ouvrent à la société, entrent dans l’ère de « l’identité d’entreprise » (adoption d’un logo et de la couleur jaune) de la communication institutionnelle et marketing.

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1964. L’incroyable bévue de Poulidor

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Pour les deux principaux protagonistes de ce Tour 1964, Anquetil et Poulidor, chaque étape constitue une occasion de grignoter du temps. L’arrivée de la neuvième étape est jugée sur le stade Louis II de Monaco. Anquetil prend la tête sur la piste d’arrivée. Mais Poulidor se faufile à la corde, sprint et lève les bras de la victoire. Mais il voit Anquetil poursuivre son effort. Le limousin a mal lu les consignes de l’arrivée qui demandent au coureur d’effectuer un tour complet du circuit. Le normand gagne l’étape et empoche une minute de bonification. Il gagnera le Tour avec cinquante-cinq secondes d’avance.

 

1964 : Coude à coude

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Comme en musique rock dans les années 1960, lorsqu’on parlait Tour de France, il fallait choisir son camp : Beatles ou Rolling Stones, pour le vélo, à l’époque on était « Poupou » ou Anquetil !

Le Tour 1964 est le sommet de cette rivalité, avec ces images et ces photos remarquables du coude à coude de la montée dans le Puy-de-Dôme. Cinq cent cinquante mille personnes venues à pied, à vélo, avec la 403, la DS, la Dauphine. La Régie, Javel, Sochaux, sont sur le volcan. Dans les coffres, sous les capots que le soleil rabote, les cageots, le plaid, les pliants, le vin, la limonade, les saucissons, le pain, le réchaud, la thermos, les chapeaux, les journaux, les numéros des dossards. Ils arrivent, ils arrivent, ils sont ensemble, c’est Jacques, c’est Raymond

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 Enorme moment de sport, sublime moment de grâce. Sans se regarder, ils se frôlent, ils se relancent…la bataille est poignante, aucun ne veut lâcher. « Nous étions côte à côte. Je ralentissais. Il ralentissait. Je démarrais, il répondait. Sincèrement, j’étais impressionné » raconte Poulidor au journal L’Equipe.

On le sait depuis toujours, opposez deux caractères, deux personnalités, deux styles et vous avez les ingrédients très simples des plus grandes histoires de la littérature, du théâtre, du cinéma et du sport : Prost/Senna, Federer/Nadal, Borg/Mc Enroe. Le Puy-de-Dôme, en ce dimanche 12 juillet 1964, a été le décor idéal d’un duel au sommet.

Il ne s’agit pas de la victoire d’étape, Bahamontes et Jimenez sont devant. Ils se battent pour le maillot jaune et, à 1500 mètres du sommet, Anquetil craque un peu. Poulidor s’en va, centimètre par centimètre, mètre par mètre. Cela ne sera pas suffisant. A l’arrivée au sommet, il a encore 14 secondes de retard sur Anquetil pour lui reprendre le maillot jaune.

Finalement, « Maître Jacques » gagne ce Tour de France 1964 avec ces fameuses cinquante-cinq secondes d’avance sur Poulidor. Un quintuple succès de légende, que seul trois autres grands champions (excepté Lance Armstrong déchu de ses sept titres) réussiront après lui : Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain.

Raymond Poulidor ne gagnera jamais le Tour de France et n’endossera jamais le maillot jaune, même, si contrairement à ce qui ne connaissent pas bien le vélo, » Poupou » possède l’un des palmarès les plus complets parmi les professionnels.

1964. La rixe de Beauvallon

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Alors que sur ce Tour 1964, Poulidor et Anquetil se livrent un duel de seigneurs, deux autres coureurs s’adonnent à une bataille beaucoup moins noble

Si le Tour de France recèle de véritables histoires d'amitié entre coureurs, l'édition de 1964 a dérogé à la règle. A l'occasion de la dixième étape de la Grande Boucle ralliant Monaco à Hyères, deux coureurs se sont faits une spécialité : les queues de poisson. L'Italien Vito Taccone et l'Espagnol Fernando Manzaneque ne pouvaient pas se voir et cela se voyait. Durant l'étape, les deux hommes ne cessaient de s'insulter. Au pied de la côte de Beauvallon, ils descendent de leur vélo et en viennent aux mains. Ils évitent, on ne sait comment, l'expulsion par la direction du tour. Aubaine pour les chroniqueurs qui commentent l’altercation et colère pour le directeur Jacques Goddet qui doit les séparer.

Mais les organisateurs refuseront ensuite leur venue sur la Grande Boucle.

1964, c’est aussi un terrible accident

 

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Le 11 juillet 1964, a eu lieu l'accident le plus mortel de l'histoire du Tour, à Port-de-Couze (sur la commune de Lalinde en Dordogne) :

C’était une étape heureuse et sans histoire. Une petite route coquette, bordée de peupliers, flirtait avec la Dordogne. Une tranquille et riante cité nous attendait avec ses ombrages, ses eaux calmes. Des rayons de soleil jouaient sur l’eau qu’enjambait un petit pont rustique, un peu bossu. Là il y avait, comme sur toutes les routes du Tour, des grappes de spectateurs et tout à coup ce fut le drame. Ce camion ivre qui doublait la caravane. Un camion citerne de la gendarmerie qui freina, freina, mais fonça droit dans la foule, enfonça le parapet, écrasa des spectateurs, en précipita à l’eau. Les coureurs qui doivent s’arrêter, découvrent l’horreur de la catastrophe. Une minute de silence. Quel tragique spectacle ! Une jeune fille qui ne sait à qui s’adresser, s’accroche à Anquetil : « Jacques, que faut-il faire ? Ma mère a disparu ». Elle s’apprêtait sans doute joyeuse, à acclamer son idole. Et soudain seule avec son drame, c’est à lui qu’elle se raccrochait.

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Il y eut 9 morts dont trois enfants et 13 blessés. Une stèle, en bordure du canal de Lalinde, rappelle, de nos jours, que neuf personnes (dont trois enfants), amoureuses de la petite reine, périrent ici, vers 13h 10, le 11 juillet 1964.

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Bon , je continue, il faut bien un peu de lecture pour le confinement😔

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Le duel de « Poupou » et de Gimondi de 1965

Pour la première fois, le départ du Tour se fera depuis l’Allemagne. Le bon peuple de France et de Navarre sait que notre Raymond Poulidor a coché la date du 6 juillet comme on note un jour particulier, fatidique, où après n'est plus comme avant.

Cette quatorzième étape emmène en effet les coursiers de Montpellier, au sommet de l'abominable, de l'innommable, du redoutable Mont Chauve. D'ailleurs, c'est l'année ou jamais pour notre Poupou ! Pensez donc ! Maître Jacques absent, les aléas de la course ont en outre été des plus cléments envers le Limougeaud, en éjectant d'un des strapontins du podium des favoris le Transalpin Vittorio Adorni, contraint à l'abandon. Restait alors au leader des Mercier à canaliser les velléités offensives exacerbées de l'Italien Gianni Motta. Quant au porteur du Maillot Jaune, le jeune et brillant vainqueur du Tour de l'Avenir Felice Gimondi, tous les connaisseurs dignes de foi, mais pas nécessairement de raison, avaient remarqué son terrible désarroi et son immense fatigue à l'issue d'un Giro qui l'avait vu, néanmoins, monter sur la troisième marche du podium, et ce, à 23 ans.

La chaleur est accablante, comme à l'accoutumée, sur les pentes du Géant de Provence, et la foule est accourue par milliers, malgré cela. Certains vocifèrent et gesticulent en brandissant fanions, casquettes ou calicots pendant que d'autres, moins démonstratifs et pour cause, se contentent d'ingurgiter à pleine bouche des rasades de breuvage euphorisant.                                                                               

image.gif.7b716be6470b43dd475452c2e9342d7b.gifLe peloton groupé aborde enfin les premières sentes grimpantes du sculptural Mont Ventoux. Soudain, la première attaque fuse, telle une balle. Elle est l'œuvre de l'Espagnol Joaquim Galera qui, à treize bornes du sommet, sonne la charge de la "brigade légère" et sème le trouble dans le bon ordonnancement du groupe. Immédiatement, Raymond Poulidor, l'Espagnol Julio Jimeñez et Felice Gimondi sautent prestement dans la roue du présomptueux. La brusque et inattendue impulsion donnée, soudaine, à la course, provoque des dégâts considérables irréversibles à l'arrière. Première victime, et non des moindres, Gianni Motta, l'ange blond de Cassano d'Adda. Le coureur de la Molteni, irrémédiablement lâché, est à l'agonie. Devant, l'allure s'accélère encore et encore. Le plus audacieux dompteur des cimes de ce Tour, Julio Jimeñez, place alors une attaque phénoménale et tranchante qui semble, à cet instant, fatale au second Transalpin Felice Gimondi et au premier attaquant du jour, Galera. Le Bergamasque décroche donc du duo de tête.

Plus loin, il est happé et abandonné par un groupe de poursuivants emmené par le truculent Henry Anglade mais ne saisit pas l'opportunité qui lui est donné de s'accrocher coûte que coûte, préférant au contraire attendre le trio Lebaube, Janssen et Gabica, qui suit à quelques encablures. A l'avant, les deux hommes de tête, Poulidor et Jimeñez, possèdent une petite marge d'avance avoisinant les 40 secondes sur le groupe Maillot Jaune. L'avance croît imperceptiblement mais inexorablement pendant que Felice Gimondi, un brin filou, se remet de sa défaillance passagère dans la roue de ce brave Lebaube. Quelques hectomètres plus haut, l'Italien, toujours accompagné de Gabica, parvient à fausser compagnie à Janssen et Lebaube et, tous deux, se lancent alors à la poursuite d'Anglade, qu'ils aperçoivent un peu plus haut en amont. Revenu dans le sillage du Français, à 8 kilomètres du but, Gimondi prend immédiatement le sillage de ce dernier et calque sa course sur celle de l'entreprenant et audacieux coureur de Pelforth. Henry Anglade, lui, survolté par l'enjeu, s'acharne désespérément à vouloir rejoindre la tête de la course quitte à saborder les desseins de son compatriote mais, néanmoins, adversaire.                                                                                                                                     Gimondi fête sa victoire sur le tour

image.gif.527abac6787df31f4ee465d830f94944.gifFinalement, au sommet, l'Italien, blême, éreinté mais, pas le moindre des paradoxes, de nouveau serein, conservera son Maillot Jaune pour 34 maigres secondes. Raymond Poulidor, lui, remportera l'étape 6 secondes devant Jimeñez et s'adjugera par la même occasion une minute de bonification. Le résident de Saint-Léonard-de-Noblat pense à ce moment-là que le plus dur est derrière lui et que, nanti d'un succès lors du premier chrono de ce Tour 65, il récidivera immanquablement dans les deux autres contre-la-montre qui viendra égayer la fin de l'épreuve

Or, non seulement Poupou ne reprendra rien sur le Bergamasque dans les étapes de montagne suivantes, mais il sera en outre vaincu lors des deux contre-la-montre qu'il pensait dompter. Ainsi va la vie, cruelle, amnésique même quelque part, et notre Raymond Poulidor national ne retrouvera jamais pareille opportunité ! Avec le recul, toutefois, on ne peut pas trop blâmer le plus populaire des coureurs français de tous les temps. En effet, le palmarès futur du Bergamasque montre que le pauvre Limougeaud est, tout simplement, tombé sur un nouveau Campionissimo à l'aube d'une carrière exceptionnelle.

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1966 : Le dopage en ligne de mire 

image.gif.93d896f033790a0d54c8d525f9d4fe0f.gifJusque dans les années 60, il n’existe aucune législation au sujet du dopage. Mais plusieurs incidents ont lieu sur le Tour et dévoilent les dangers causés par la consommation de substances dopantes. En 1955, Jean Malléjac est victime d’un malaise pendant son ascension du mont Ventoux : son soigneur est exclu, une première dans l’histoire de la compétition. En 1961, le docteur Dumas, médecin du Tour, alerte la Fédération Française de cyclisme.

En 1965 la loi Herzog est promulguée : c’est la 1ère loi qui encadre la “répression de l’usage des stimulants à l’occasion des compétitions sportives”.

Les premiers contrôles antidopage sont donc réalisés sur l’édition du Tour de 1966. Une opération de police est menée le 28 juin 1966 à l’arrivée à Bordeaux. Plusieurs coureurs doivent se soumettre à des contrôles inopinés, dont Raymond Poulidor et Hermann Van Springel. Ils révèlent six cas positifs aux amphétamines.

La réaction du peloton ne se fait pas attendre : le lendemain, entre Bordeaux et Bayonne, les coureurs déclenchent la première grève de l’histoire du cyclisme. Une grève de quelques minutes pour protéger leur intimité, avec un meneur, « Maître Jacques » Anquetil lui-même.

Les sanctions prises envers les coureurs sont peu sévères, voire inexistantes, et n'entraînent pas d'exclusion. En 1966 87 % des contrôles menés en France sur des cyclistes se révèlent positifs mais la plupart des cas sont blanchis. De même, les six cas positifs aux amphétamines révélés sur le Tour cette même année n'entraînent aucune sanction pour les coureurs : il faut pour cela prouver qu'ils ont absorbé sciemment le produit en question, ce qui rend de fait inapplicables les sanctions prévues par la loi.

 

La terrible 16ème étape de 1966 - Bourg d’Oisans-Briançon

 

La 16ème étape Bourg d’Oisans-Briançon, par sa courte distance (148.5 km), mais avec ses 3 cols à franchir (la Croix-de-fer, le Télégraphe et le Galibier), constitue l’un des grands rendez-vous de ce Tour jusque-là assez décevant. Au matin du 8 juillet, les neuf premières places sont encore occupées par des participants de l’échappée de l’étape Bayonne-Pau.
Après des attaques initiales de Wolfshohl, Rostollan, Jimenez, le maillot jaune Kunde démarre à plusieurs reprises dans la Croix-de-fer. Parmi les lâchés, on remarque De Rosso, Lebaube, Guimbard, Foucher, Van Looy. Au sommet, Galera devance Bitossi, Jimenez et un premier peloton. Dans la descente, le champion du monde Simpson, coéquipier du maillot jaune, se détache et accentue son avance à 1'30" au bas du Télégraphe. Julio Jimenez part en contre-attaque tandis que Kunde donne des signes de faiblesse dans le premier peloton. Jimenez rejoint Simpson et le devance au sommet du Télégraphe, alors qu’apparaît à 1'15" un premier groupe de quinze coureurs parmi lesquels Poulidor, Anquetil, Altig, Janssen, Mugnaini, Huysmans, Bitossi, Pingeon.

Au bas du Galibier, au km 97, Jimenez et Simpson comptent 1'20" d’avance sur le groupe Anquetil-Poulidor-Janssen et 2'25" sur un groupe Kunde. Jan Janssen est virtuel maillot jaune. Après le virage de Plan-Lachat, dans les lacets abrupts du Galibier, Anquetil démarre et provoque la désintégration du groupe. Seul Poulidor arrive à le suivre, Au sommet du Galibier, Jimenez passe en tête, devançant Anquetil et Poulidor.

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Le Néerlandais Haast tombe lourdement dans la descente.

 

En descendant, Jimenez fonce et accroît son avance sur Poulidor et Anquetil qui, arguant de sa position entre deux coéquipiers, Jimenez et Aimar, refusera de mener jusqu’à Briançon. Par crainte d’un contre d’Anquetil, Poulidor évitera de se donner à fond, ce qui favorisera le rapprochement de Huysmans. Poulidor dira plus tard qu’il avait peut-être perdu le Tour dans le col d’Ornon en distançant Anquetil d’une minute, ce qui incitera ce dernier à ne pas mener le lendemain.  Quant à Janssen qui convoite le maillot jaune, il essaie de combler son retard tandis que Simpson est victime d’une chute.

Jimenez remporte l’étape devançant Anquetil et Poulidor de 2'25", Trente et un coureurs arrivent au-delà des délais de 9%. Trois d’entre eux sont repêchés : Foucher, Nijdam et Haast, et les 28 autres sont impitoyablement éliminés Classé 115ème sur 116 au départ de Bourg d’Oisans, l’Italien Paolo Mannucci, qui a échappé à l’élimination, se retrouve 88ème et dernier, ce qui ne l’empêche pas de recevoir le prix de la progressivité, ayant ainsi gagné 27 places !

 

 

Le classement général se trouve modifié, sans toutefois être bouleversé. Jan Janssen revêt son premier maillot jaune, mais il ne devance Lucien Aimar que de 27 ». Poulidor est 6ème à 3'36" et Anquetil 7ème à 4'44". Tout paraît désormais encore possible pour Poulidor et aussi pour Anquetil. Le moral revient dans le groupe Ford-France : Anquetil, lâché la veille, déclare qu’il n’a jamais aussi bien passé les cols.

 

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1967 : la mort de Tom Simpson presque en direct.

Ce matin du 13 juillet 1967, Tom Simpson occupe la 7e place du classement général. Depuis deux jours, une gastro-entérite aiguë lui fait vivre un calvaire.

La veille, à l'hôtel, il a fallu l'aider à monter l'escalier, raconte Vic Denson, qui se souvient d'un Tom Simpson incapable de s'alimenter, ou alors sous forme liquide. "On lui a dit : 'mange de la soupe', il est ensuite allé aux toilettes tout dégueuler." La seule chose qu'il avale encore, ce sont ses petits cachets, ses 'Mickey Finns' (du nom d'un barman de Chicago qui droguait ses clients à leur insu). La grosse boîte qui trône sur la table de nuit de Tom Simpson représente son stock annuel. Son coût : 800 livres, quatre fois le salaire annuel de ses équipiers. "Compte tenu de la chaleur, si les gars plongent le nez dans la 'topette', nous risquons d’avoir un mort sur les bras", prévient le médecin du Tour dans L'Equipe dans l'édition du jour. Il ne croit pas si bien dire...

image.gif.96e93975a2be670b5c21ac10bb22cc43.gifA l'approche de cette étape décisive, Tom Simpson a forcément ses problèmes d'argent dans un coin de sa tête. Il n'est pas à plaindre, loin de là, mais c'est un flambeur invétéré. Son coéquipier et colocataire Brian Robinson a partagé avec lui un deux-pièces porte de Clichy, "le coin le plus pourri de Paris". "Nous n'y étions pas souvent, et tout ce que nous possédions, c'était deux chaises, une table, un lit et un réfrigérateur », raconte-t-il dans le livre de Chris Sidwells Mr Tom, The True Story of Tom Simpson (Mousehold Press, 2000) . L'argent gagné lors des victoires de Simpson dans le Tour du Sud-Est, allié à son coup d'éclat sur Paris-Roubaix en 1960, va-t-il mettre du beurre dans les épinards ? 

Je lui avais dit : 'Mets ça de côté, Tom, tu ne sais pas de quoi la suite de ta carrière sera faite.' Je suis parti disputer une course. Quand je suis revenu, il y avait une Aston Martin garée en bas de l'immeuble. Celle que Tom venait de s’acheter. Brian Robinson, son coéquipier de l'époque dans "Mr Tom, The True Story of Tom Simpson"

Peu avant le départ du Tour, l'Anglais s'est encore offert une Mercedes.

Mais cette année, il a des projets immobiliers qui passent par un coup d'éclat sur la Grande Boucle. Anquetil n'est pas là, Poulidor est sur le déclin, Merckx n'a pas encore explosé, c'est son moment. "Il m'avait dit : 'J'ai besoin de 20 000 livres', raconte son équipier Colin Lewis dans La Course à la mort. 'Si ça marche pour moi au Tour de France, je pourrai gagner cet argent. C'est une de mes dernières chances.' Lui et sa femme avaient acheté un terrain en Corse et espéraient y faire construire un hôtel." Simpson a presque 30 ans, une solide réputation sur les courses d'un jour, un Tour des Flandres, un Milan-San Remo et un championnat du monde au palmarès. Mais ce n'est pas assez pour entrer dans la légende. Seule une victoire dans la Grande Boucle assurera ses vieux jours. Son agent lui a d'ailleurs posé un ultimatum en ce sens : soit il gagne, soit son salaire va en prendre un coup.

image.gif.d78da1103a72a9844c49c9a3fc6c4fa0.gifAvant le début de l'étape, donné à Marseille, un journaliste belge l'interpelle. "Vous avez l'air fatigué. C'est à cause de la chaleur ?" "Non, ce n'est pas la chaleur. C'est le Tour", lâche Simpson. Au programme : 211 km sous le cagnard, vers Carpentras, après un crochet par le mont Ventoux. Simpson avait coché cette étape pour reprendre du temps au classement général et, au moins, assurer un podium. Quand le grimpeur espagnol Jimenez lance une attaque, Poulidor suit, pas Simpson, qui se retrouve dans un deuxième groupe, en compagnie d'outsiders au classement général. Peu d'équipiers parviennent à le suivre. Depuis qu'on a réinstauré les équipes nationales, il est clairement désavantagé avec des coéquipiers britanniques qui n'ont pas son coup de pédale.

Un thermomètre accroché à la devanture d'un café indique 55°C (au soleil) quand Vin Denson y pénètre, rafle quelques bouteilles, les glisse dans son maillot, et repart ravitailler son leader. Le règlement –idiot– de l'époque interdit aux coureurs les bidons d'eau. On croit que boire fait trop transpirer. Du coup, les coureurs finissent les étapes déshydratés. Simpson, pourtant, a besoin de se rafraîchir. Denson lui tend une bouteille. La première qui vient. Mauvaise idée, c'est du cognac. Denson hésite, tente de la reprendre, en vain. Simpson en avale une bonne rasade, et bazarde la bouteille dans le décor. A un peu moins de 3 km du sommet, la pente se fait plus rude, le coureur britannique est petit à petit décroché. "Je lui disais : 'Reste dans la roue, Tom !' se souvient Lucien Aimar, vainqueur sortant du Tour, présent dans le groupe du Britannique. Il ne m'écoutait pas." Simpson zigzague sur son vélo. Comme lors du Tour d'Espagne, il y a quelques mois.

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A presque 30 ans, le "Major Tom" (rien à voir avec David Bowie, mais plutôt aux Carnets du Major Thompson de Pierre Daninos qui font fureur dans Le Figaro) connaît parfois des défaillances. Il court trop, tout le monde le sait. Le soir de sa victoire sur Milan-San Remo, il s'est ainsi éclipsé fissa pour aller cachetonner dans un critérium dès le lendemain. C'est par son courage que ce fils de mineur qui avait débarqué à 18 ans à Saint-Brieuc avec 100 livres en poche est devenu en quelques années la coqueluche du peloton. Sa réputation n'est plus à faire : il a déjà disputé une demi-finale aux Mondiaux de poursuite avec une clavicule cassée et a fini 14e du Tour 1964 malgré un ver solitaire terriblement handicapant. 

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Simpson ne fait pas que zigzaguer, il tombe. Aussitôt, les spectateurs se pressent autour de lui. Son équipier Vin Denson fait mine de descendre de son vélo. "Mon directeur sportif m'a aussitôt alpagué, raconte-t-il dans La course à la mort. Il me crie : 'Va, finis la course, on ne va pas perdre deux coureurs le même jour'." Les spectateurs se chargent de remettre en selle la coqueluche du peloton, celui qui n'hésitait jamais à poser en chapeau melon pour les photographes et surjouait son excentricité britannique. Peut-être aurait-on laissé souffler un coureur moins célèbre. Pas Simpson. Selon la légende, Simpson aurait prononcé dans un dernier râle : "Put me back on my bike". "Remettez-moi sur mon vélo." Il pédale quelques mètres et s'écroule. Pour de bon cette fois. Le docteur du Tour, Pierre Dumas, passe par là par miracle, et s'active aussitôt au chevet du mourant. Une heure de massages cardiaques plus tard, un hélicoptère évacue Simpson vers l'hôpital le plus proche. C'est trop tard. Les caméras de l'ORTF ont filmé la mort en direct. 

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Son ombre plane encore sur le "mont chauve", où les badauds déposent ce qu'ils ont sous la main sur les marches de la stèle élevée en sa mémoire. Une casquette, une bouteille de champagne, un bidon, des cartes de visites glissées sous une pierre pour résister au vent. Un peu comme la tombe de Jim Morrison au Père-Lachaise à Paris. Car Tom Simpson était l'une des premières rock stars du cyclisme.

Des tubes de produits dopants sont découverts dans les poches du défunt. Du Tonédron, qui retarde la sensation de fatigue. Allié à la chaleur, à l'alcool (le cognac) et à la déshydratation, voilà le cocktail fatal. Le médecin du Tour refuse le permis d'inhumer, et demande une enquête. Le soir, dans les hôtels, la consternation se mêle à la colère. D'un côté, la légitime tristesse d'avoir perdu un collègue. De l'autre, le procès du dopage qui démarre, et qui éclabousse tout le peloton. Tout le peloton ? La déflagration sera contrôlée par les organisateurs... aux équipes étrangères. Les formations belge et italienne sont perquisitionnées, pas la française. Dans la presse, on insiste rapidement sur les aspects les moins reluisants de la personnalité de Simpson, comme le fait qu'il ait fui le fisc français en déménageant en Belgique, relate l'historien Pascal Charroin dans son étude sur les répercussions médiatiques de l'affaire. Le peloton laisse le compagnon de chambre de Simpson, Barry Hoban, gagner l'étape du 14 juillet au terme d'une procession sinistre. Sur le podium, il donne le bouquet du vainqueur à Helen, la veuve du coureur. Deux ans plus tard, il l'épousera.

A Harworth, le village du Nottinghamshire où Simpson a grandi, la vie s'arrête quand on apprend la nouvelle. Et les magasins baissent le rideau quand le cortège transportant la dépouille du champion effectue son dernier voyage. "Les rues étaient bondées", se souvient Alan Needham, 16 ans à l'époque, aujourd'hui patron du club cycliste du coin, dans le Guardian (article en anglais). Les enfants de l'école communale avaient été conviés à voir passer le cercueil. Las, la pluie est tellement forte qu'ils resteront confinés à l'intérieur. Outre ses équipiers, un seul coureur de renom fait le déplacement. C'est Eddy Merckx. La tombe, modeste, ne sera enrichie d'une stèle copiant le motif de celle du Ventoux que des années plus tard. La fille de Tom, Joanne Simpson (qui avait 4 ans lors de la mort de son père) effectue l'ascension du "mont chauve" tous les cinq ans, pour marquer l'anniversaire de sa disparition. Elle l'explique au Scotsman : "J'ai plus l'impression que mon père est enterré là qu'en Angleterre."

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Coucou, c'est reparti....pour un tour !

Pour simplifier mon travail et avoir une mise en page plus "propre", je propose de mettre directement mon fichier word, normalement ca ne devrait poser de problèms à personne, Celles à qui ca ôe un problème peuvent me contacter directement.

Tour 1968 r2.docx

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C'est norml, je n'ai ien écrit dedas. Je ne comprends pas pourquoi il se crée toujours une page de plus quand je fais un article. Si quelqu'un peut me dire comment faire pour supprimer cette page qui nesrt à rie, je suis preneuse.

Merci d'avance

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Ce 28 mai 2020

Les sujets suivants sont prêts, mais j'ai un souci avec le "poids" de ceux-ci. Je n'arrive pas à joindre les fichiers, car ca me dit que je dépasse le poids autorisé. c'est bizarre car j'ai déjà mis des sujets "plus gros" et c'est passé comme une lettre à la poste. Ca me fait pareil dans le récit de mon voyage.

J'écris à l'adminstateur pour savoit ce qu'il en est.

Bises

Fabienne

 

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pour empêcher la page supplémentaire dans word, tu fais suppr plusieurs fois ,  elle doit disparaître. pour les fihiers trop gros, faire attention à la taille des images, elles peuvent toutes être réduite dans outil image > compresser les images.

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c'est à n'y rien comprendre, j'ai mis tour 19971 = 628 ko, Tour 1969 =292 ko, tour 1968 422 ko et je n'arrive pas à mettre tour 1972 qui fait 302 ko !

et je n'ai toujours pas la réponsede l'admin, je reessaye...

grrrrr....!

en attendant je passe directement à1973 qui lui veut bien rentrer !

Tour 1973 r2.docx

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